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L'intelligence artificielle, nerf de la guerre des téléphones

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De l'extérieur, pas grand-chose ne distingue le Mate 10 de Huawei, dévoilé lundi à Munich (Allemagne), de l'iPhone X d'Apple ou du Galaxy S8 de Samsung: un écran couvrant toute la face supérieure de l'appareil, un double capteur photo et de robustes batteries.

AFP

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Tom BARFIELD
Agence France-Presse
FRANCFORT

Les géants du téléphone intelligents, Samsung, Apple et maintenant Huawei, s'affrontent désormais à coups d'investissements colossaux dans l'intelligence artificielle, à un rythme que leurs concurrents peuvent difficilement suivre.

De l'extérieur, pas grand-chose ne distingue le Mate 10 de Huawei, dévoilé lundi à Munich (Allemagne), de l'iPhone X d'Apple ou du Galaxy S8 de Samsung: un écran couvrant toute la face supérieure de l'appareil, un double capteur photo et de robustes batteries.

Mais c'est sous le capot que se joue la bataille entre l'américain Apple et les groupes coréen et chinois venus bousculer sa suprématie, dans de minuscules processeurs célébrés en grande pompe par les fabricants.

En présentant le mois dernier son iPhone X lors d'une rutilante cérémonie, Apple se targuait ainsi de pouvoir déverrouiller l'appareil par reconnaissance faciale de son utilisateur.

Lundi, Huawei répliquait en laissant son Mate 10 traduire plusieurs langues, opter pour le meilleur mode photo en distinguant seul un plat d'un bouquet ou d'un animal, ou même organiser des dossiers.

Bataille financière

Derrière ces nouvelles possibilités se cache une aptitude commune de la machine à «apprendre» en brassant des montagnes de données, sans qu'un programmateur ne lui enseigne par exemple à reconnaître un visage.

«L'intelligence artificielle n'est plus un concept théorique mais quelque chose qui s'entremêle avec notre vie quotidienne», a souligné lundi Richard Yu, l'un des responsables de Huawei, alors que le groupe affirme avoir soumis 100 millions de photos à sa caméra pour l'entraîner.

En 2016, le géant chinois affirme avoir englouti 76,4 milliards de yuans (11,6 milliards de dollars US) en recherche-développement, un effort considérable rendu possible par sa position de force dans les infrastructures télécoms.

Samsung affiche de son côté 14 800 milliards de won de dépenses de recherche sur la même période (13,1 milliards de dollars), quand Apple naviguait dans des eaux comparables en déboursant un peu plus de 10 milliards de dollars.

«Aux côtés de Samsung et Apple, les capacités technologiques croissantes de Huawei menacent de placer hors de portée la capacité de s'imposer sur le marché» de firmes plus petites, constate Ian Fogg, spécialiste du secteur à l'institut de recherche IHS Markit.

«Écosystème ouvert»

Si spectaculaire soit-elle, cette course aux investissements n'est cependant qu'un aspect de la rivalité qui s'installe: il reviendra aux développeurs d'applications d'exploiter les possibilités créées par l'intelligence artificielle pour inventer de nouveaux usages.

Et dans ce domaine, Apple, Samsung et Huawei ne luttent pas avec les mêmes armes, le premier ayant fait un choix aux antipodes de ses deux concurrents asiatiques.

Apple contrôle étroitement l'usage fait de ses appareils, depuis le matériel jusqu'aux applications, fixant aux développeurs un cahier des charges précis quand ils travaillent pour l'iPhone.

Samsung et Huawei, à l'inverse, utilisent le système d'exploitation Android de Google, commun à des milliers d'appareils différents et moins favorable à une programmation sur mesure.

«Nous essayons de créer un écosystème ouvert», plaide auprès de l'AFP Richard Yu, le patron de la branche grand public de Huawei.

Le défi pour le groupe de Shenzhen, plus engagé que Samsung sur la voie de l'intelligence artificielle, «va être de maximiser l'emploi de ses capacités», étant donné «qu'il ne contrôle pas les systèmes qu'utilisent ses téléphones», souligne Ian Fogg, d'IHS Markit.

Les développeurs d'applications Android pourraient ainsi choisir de bouder les possibilités offertes par le Mate 10, puisqu'ils peuvent aussi travailler sur de nombreux autres modèles.

Conscient du danger, Huawei a rendu son téléphone compatible avec les boîtes à outils développées par Facebook et Google pour faciliter l'appropriation de l'intelligence artificielle par les développeurs.




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