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Concours de robotique: les jeunes filles d'Afrique de l'Ouest à l'avant-garde

Une participante au concours.... (Photo SEYLLOU, Agence France-Presse)

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Une participante au concours.

Photo SEYLLOU, Agence France-Presse

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Jennifer O'MAHONY
Agence France-Presse
Dakar

Des jeunes filles d'Afrique de l'Ouest ont démontré au cours du week-end à Dakar qu'elles pouvaient être à l'avant-garde de la technologie en participant à un concours de robotique qui a aussi suscité des vocations.

Venues du Sénégal, de Gambie et du Mali et vêtues d'uniformes de leurs écoles - foulards bleus, polos blancs, tabliers noirs - elles ont hurlé samedi pour soutenir leurs équipes au moment où les robots s'emparaient de cônes en plastique pour aller les déposer un peu plus loin.

L'école de filles Mariama-Ba (Sénégal) a remporté un prix pour une pompe «made in Africa» destinée à lutter contre les inondations. Umu Tarawally, une Gambienne de 14 ans qui veut devenir médecin, a expliqué à un groupe d'adultes comment l'arachide pouvait être transformée en carburant.

Et assuré que toutes ses amies voulaient désormais devenir ingénieures après cette semaine d'ateliers consacrés à la robotique.

Entre show télé et conférence technique, la Panafrican Robotics Competition (PARC) de samedi à Dakar a été créée par Sidy Ndao, un professeur de l'université de Nebraska-Lincoln qui a quitté le Sénégal pour les États-Unis alors qu'il était adolescent.

«Découvrir les sciences, c'est une inspiration pour les enfants, ça peut leur donner une vocation d'ingénieur ou de scientifique», explique ce passionné de technologie.

Désormais financé par la Banque mondiale, la PARC en est à sa deuxième édition et a réuni 250 adolescents, garçons et filles, avec un accent particulier sur les filles.

«Elles ne sont peut-être pas très nombreuses à étudier la technologie et les mathématiques, mais quand elles s'y mettent, elles sont souvent dans les meilleures de leurs classes», assure Sidy Ndao.

«Pour qu'un pays prenne la voie du développement, il a vraiment besoin de scientifiques et d'ingénieurs», poursuit-il en regrettant que trop souvent, au Sénégal, les meilleurs étudiants partent à l'étranger, attirés par des salaires confortables et des vies plus faciles.

Le Sénégal l'a compris et s'efforce désormais de soutenir l'enseignement technique et scientifique.

«Comme le Sénégal entend devenir une nation émergente, nous devons maitriser toutes les sciences techniques et les mathématiques, afin d'acquérir l'expertise nécessaire à l'exploitation de nos propres ressources naturelles», assure le ministre sénégalais de l'Éducation supérieure et de la Recherche, Mary Teuw Niane.

Sur le point d'entamer l'exploitation de son potentiel de ressources pétrolières et gazières récemment découvert, le Sénégal a un besoin urgent d'ingénieurs et de scientifiques.

Mais le manque de professeurs et d'éducateurs est également criant, regrette Sidy Ndao. Sans compter les conditions matérielles d'une grande part des établissements scolaires : manque d'électricité, d'eau courante et d'infrastructures. Sans même parler de l'absence d'ordinateurs en zones rurales.

À peine plus de la moitié des enfants terminent leur cursus scolaire. Et la tradition populaire considère toujours que les filles ont mieux à faire à la maison que sur les bancs de l'école, surtout dans les familles les plus pauvres.

Mettre l'accent sur l'accès aux sciences permettrait de «briser le cycler des problèmes en Afrique», où les ressources naturelles sont toujours largement contrôlées par des capitaux étrangers, transformées ailleurs avant d'être souvent réimportées sur leurs lieux de production.

Pour Aminata Ndiaye, 15 ans, faire combattre des machines dans un stade de Saint-Louis du Sénégal est beaucoup plus qu'un jeu : «ça a changé ma vie, c'est bien plus qu'une compétition de robots», sourit-elle en recevant le prix qu'elle a gagné avec ses collègues d'école.




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