Joannie Rochette livre sa meilleure performance en carrière

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Michel Marois
La Presse

(Kitchener) Aucune patineuse canadienne n'a gagné une médaille olympique en simple depuis Elizabeth Manley en 1988. Portée à bout de bras par le public de Calgary, la pétulante jeune femme ne s'était inclinée que devant l'Allemande Katarina Witt.

Près de 22 ans plus tard, la Québécoise Joannie Rochette arrivera à Vancouver avec de sérieux espoirs de répéter l'exploit de Manley. Médaillée d'argent des derniers championnats du monde, à Los Angeles, la patineuse de 23 ans a été impressionnante, vendredi, en dominant facilement le programme court de Skate Canada avec sa meilleure performance en carrière.

Patinant sans faute et avec une grande élégance, Rochette a reçu 70.00 points, le troisième total au palmarès cette saison, pour devancer les Américaines Alissa Czisny (63.52) et Mirai Nagasu (56.34).

«Revenir devant le public canadien m'a redonné confiance, a estimé Joannie Rochette. J'avais été déçue de mon programme court au Grand Prix de Chine et je voulais montrer que ce n'était qu'une erreur de parcours. Aujourd'hui, j'étais parfaitement détendue et j'ai patiné comme je peux le faire. Obtenir 70 points, c'est un plateau important; peu de filles l'ont atteint, mais je crois que je peux faire encore mieux.»

Rochette avait pourtant modifié son programme court, éliminant le deuxième triple saut de sa combinaison. «Mon pointage montre qu'on peut gagner avec une combinaison triple-double, si tout le reste est bien patiné, avec une technique sûre et une bonne interprétation», a expliqué la Montréalaise.

Patinant sur l'air La Cumparsita, de l'Argentin Matos Rodriguez, Rochette a justement été très convaincante dans son interprétation, à la fois séduisante et dramatique. «Je n'avais jamais patiné sur un tango avant cette saison, mais je savais que cette musique convenait à mon style. À 23 ans, avec mon expérience, j'ai la maturité pour exprimer des émotions sur la patinoire.

«Je ne suis plus la jeune fille de 15 ou 16 ans, l'époque de mes premiers championnats canadiens, quand je ne parlais pas anglais et que j'étais toute intimidée devant les journalistes ou les foules. Je suis devenue une femme et je peux le montrer.»

Une médaille précieuse

Rochette est également devenue avec le temps une patineuse crainte et respectée par ses rivales sur le circuit international.

«Ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, a-t-elle rappelé. Certains passent des juniors aux podiums des séniors avec facilité. Pas moi. J'ai gravi les échelons un à la fois, mais solidement.»

Après quelques victoires en Grand Prix, à Skate Canada notamment, Joannie a atteint un autre niveau l'hiver dernier avec une deuxième place à la Coupe des Quatre Continents, puis une deuxième place aux Championnats du monde.

«Cette médaille d'argent aux mondiaux m'a vraiment comblée. Tous mes médailles et trophées sont chez mes parents... sauf celle-là! Je la garde dans la bibliothèque de mon appartement à Montréal.

«Elle représente beaucoup pour moi, comme une consécration, la preuve que je fais partie des meilleures. Je n'ai pas réussi mes meilleurs programmes à Los Angeles, mais je me suis battue et j'ai réussi à faire mieux que les autres. C'est ce dont je suis la plus fière. Personne ne pourra m'enlever cette médaille.»

Un jour à la fois

Sûre d'elle, habituée à la pression des grands événements, à l'aise devant ses partisans, on l'a encore vu vendredi, Joannie Rochette pourrait bien être la reine des Jeux de Vancouver dans quelques mois.

«Pour l'instant, je ne pense qu'à Skate Canada, a-t-elle insisté. Ma philosophie, dans le sport et dans la vie, est d'y aller un jour à la fois. La saison est longue, épuisante. Il faut savoir doser ses efforts, prendre soin de son corps, de son alimentation...»

Son entraîneur Manon Perron estime que Joannie Rochette est sur une trajectoire parfaite pour arriver aux Jeux au sommet de sa forme. «Ses programmes sont à point, sa technique est solide et son interprétation est excellente, a-t-elle jugé vendredi. Et elle peut encore s'améliorer!

«Dans le programme court, il ne faut vraiment pas faire d'erreur et elle gardera les éléments qu'elle a réussis ici, avec la combinaison triple-double. En fait, son 70.00 est sûrement la meilleure note obtenue avec une telle combinaison. Yu-Na Kim a réussi mieux, mais avec un triple-triple. En améliorant sa vitesse, aussi bien dans les pirouettes que dans les transitions, Joannie pourra obtenir un meilleur pointage encore.

«Elle tentera peut-être une combinaison plus complexe dans le programme long - où les erreurs sont moins coûteuses -, mais elle est déjà à un bon niveau et s'améliore chaque jour dans la maîtrise des éléments de ce programme.

«On travaille aussi beaucoup sur l'interprétation avec ses chorégraphes Shae-Lynn (Bourne) et Lori (Nichol). Joannie est très forte sur ce plan, mais il nous arrive de lui dire qu'elle peut en donner encore plus dans certains passages.»

Il est difficile d'imaginer que Joannie Rochette puisse être meilleure qu'elle ne l'a été vendredi à Kitchener. Si c'est le cas, le public de Vancouver aura droit à tout un exploit.

 

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