La recette des champions

Alexandre Bilodeau... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Alexandre Bilodeau

Photo: Bernard Brault, La Presse

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La plupart des athlètes olympiques disposent d'un encadrement très complet avec toute une équipe de spécialistes qui travaillent dans l'ombre pour assurer une préparation optimale au moment des compétitions.

La Presse a demandé à plusieurs d'entre eux la recette des champions et leurs trucs, tout simples, qui peuvent aider chacun de nos lecteurs dans leurs épreuves quotidiennes.«Les athlètes d'élite ont compris depuis longtemps que le cerveau est un muscle qui doit être entraîné au même titre que les autres muscles du corps, rappelle le professeur Gordon Bloom, de l'Université McGill. Et cet entraînement doit être rigoureux, soutenu, pour permettre au cerveau de bien performer dans les situations critiques.»

Pour un athlète, peu de situations sont plus critiques que les Jeux olympiques. Plusieurs travaillent des années pour obtenir une seule chance d'aller aux Jeux et d'acquérir la gloire olympique. «Je dis souvent à mes athlètes que les Olympiques sont comme un long voyage, explique le professeur Wayne Halliwell, de l'Université de Montréal. Il y a bien des façons d'accomplir ce voyage, mais il ne faut jamais perdre le cap, garder en tête sa destination»

On parle souvent des trois «P» en psychologie du sport. «C'est facile à retenir, souligne le professeur Halliwell: planification-préparation-performance. C'est ça les trois «P» et ça s'applique à tous les athlètes.

«Pour arriver à un résultat, il faut avoir un plan, savoir ce qu'on veut accomplir, se fixer des objectifs précis. Pour certains, ça peut être la médaille d'or, pour d'autres, ça peut être de gagner un concours scolaire. Plus on arrive à tout prévoir, plus on a des chances de réussir.

«Quand on a fixé son objectif, il faut se préparer, s'entraîner, acquérir les aptitudes qui nous manquent, les développer ensuite jusqu'à ce qu'elles soient parfaitement maîtrisées. Et plus l'objectif est difficile à atteindre, plus il faut travailler dans sa préparation.

«On arrive finalement au moment où il faut performer. Il faut alors être en mesure de mettre en pratique tout ce qu'on a développé, acquis et répété pendant les longues heures d'entraînement.»

Créer une «bulle»

Le moment de la performance est évidemment l'un des plus critiques au plan psychologique.

«L'état d'esprit dans lequel l'athlète se trouve est déterminant, explique le professeur Bloom. Il faut privilégier les pensées positives et les bonnes sensations, visualiser de bonnes performances et chasser toutes les pensées négatives.»

On dit souvent que les athlètes doivent pouvoir créer une «bulle» autour d'eux afin de se concentrer parfaitement. «J'utilise souvent des mots comme entouré, plongé, immergé ; des mots qui renforcent le sentiment d'isolement et de protection», note le professeur Halliwell.

«Il faut également faire abstraction de tous les éléments qu'on ne peut pas contrôler, poursuit le professeur Bloom. C'est important de ne pas penser aux juges, aux arbitres, à l'adversaire, à la météo...»

L'expérience joue beaucoup dans cette capacité de faire le vide autour de soi. «Une fille comme Joannie Rochette a énormément progressé sur ce plan, explique le professeur Halliwell. Il y a à peine deux ans, elle était encore impressionnée par l'attention des médias et du public. Aujourd'hui, c'est l'une des plus solides dans sa tête et elle est toujours prête au moment de sauter sur la patinoire.»

Il est justement important pour un athlète d'être concentré sur le moment présent.

«Le passé et le futur occupent souvent une grande place dans le cerveau des athlètes, explique le professeur Halliwell. On se rappelle les performances passées, les victoires, mais aussi les défaites, les erreurs, les chutes. Il faut évidemment chasser toutes ces pensées.

«Il faut également éviter de penser au futur, aux conséquences de la performance qu'on va bientôt accomplir. Il ne faut pas penser au résultat, bien sûr, mais aussi éviter de penser à ce qui va arriver si on gagne ou si on perd. La skieuse américaine Lindsay Vonn disait récemment qu'elle ne compétitionnait pas pour les victoires, mais pour les bonnes sensations que la compétition lui procure.»

«Quand tout est bien en place, souligne le professeur Halliwell, l'athlète arrive au moment de performer en se disant qu'il est prêt et qu'il a hâte. Il a alors toutes les chances d'offrir sa performance optimale.»

Plusieurs spécialistes de la psychologie sportive sont à Vancouver avec les délégations de tous les pays. Le professeur Wayne Halliwell y est, lui aussi, pour soutenir Joannie Rochette, Jennifer Heil et Alexandre Bilodeau, trois athlètes qu'il conseille depuis plusieurs années.




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