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Les troubles alimentaires de Bouchard exposent la pression mise sur les athlètes féminines

Eugenie Bouchard... (PHOTO MARTIN BUREAU, AFP)

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Eugenie Bouchard

PHOTO MARTIN BUREAU, AFP

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Cassandra Szklarski
La Presse Canadienne
TORONTO

Quand Eugenie Bouchard a admis qu'elle avait souffert d'un trouble de l'alimentation lors de la dernière année pendant sa chute au classement mondial du tennis féminin, Penny Werthner n'a pas été surprise.

L'ancienne coureuse d'élite et maintenant psychologue sportive soutient que les athlètes féminines doivent maintenir des standards différents de ceux des athlètes masculins.

«Les femmes sont aussi critiquées pour ce qu'elles portent, leur look, si elles ont l'air en forme ou non», a dit Werthner, qui est aussi doyenne de la faculté de kinésiologie de l'Université de Calgary.

«C'est quand la dernière fois que quelqu'un a commenté l'allure de (Novak) Djokovic? Ou (mentionné que) Nadal est petit?»

Bouchard a dévoilé plus tôt ce mois-ci qu'elle avait souffert d'un trouble de l'alimentation créé par «beaucoup de pression» à la suite de sa percée en 2014, quand elle a terminé l'année au septième rang mondial.

Elle avait grimpé les échelons grâce à une participation à la finale de Wimbledon et aux demi-finales à Roland-Garros et aux Internationaux d'Australie.

Son succès l'a projetée sous les feux de la rampe, attirant les regards des caméras, des médias et des amateurs de partout à travers le monde.

Mais elle n'est pas demeurée au sommet bien longtemps. À son premier match après sa défaite contre Petra Kvitova en finale à Wimbledon, Bouchard a perdu 6-0, 2-6, 6-0 contre Shelby Rogers, 113e au monde, à la Coupe Rogers, à Montréal.

Les choses ne se sont pas replacées en 2015 et son classement a glissé au 48e rang à la fin de la dernière année.

Bouchard soutient maintenant avoir eu de la difficulté à manger et à maintenir son poids.

«Depuis 2015, j'ai ressenti beaucoup de pression avec les attentes de l'extérieur et ainsi que les miennes», a dit Bouchard plus tôt cette semaine, après un match à Roland-Garros.

«J'étais tellement nerveuse, j'avais de la difficulté à manger avant les matchs et parfois lors d'autres repas. Je n'essayais pas de perdre du poids, mais ça s'est produit. C'était causé par le stress. J'ai beaucoup appris depuis, et je sais que je dois me forcer à manger même si je me sens malade parce que je brûle beaucoup de calories.»

Werthner, qui travaille avec certains des meilleurs athlètes au pays, soutient que la pression est particulièrement forte au tennis parce qu'il s'agit d'un sport individuel et qu'il y a de la pression extérieure avec les commanditaires.

De plus, Werthner croit que les femmes ont souvent plus de difficulté à accepter les échecs parce qu'elles ont tendance à se blâmer, tandis que les hommes portent plus souvent le blâme sur autre chose.

«Vous perdez un match et vous perdez un peu de confiance, puis peut-être que le trouble de l'alimentation fait surface ou ça vient peut-être d'un autre problème dans sa vie qui n'est pas directement lié au sport», a dit Werthner, qui travaille comme conseillère en psychologie sportive auprès de l'équipe olympique canadienne depuis 1985.

Bouchard, qui est présentement 47e au monde, a été éliminée jeudi à Roland-Garros après une défaite contre Timea Bacsinszky au deuxième tour.

Marbella Carlos, du National Eating Disorder Information Centre, à Toronto, a mentionné que les troubles de l'alimentation étaient souvent un mécanisme de défense qui cachait un problème plus grave.

Ils sont particulièrement fréquents dans les sports où l'esthétisme est important, comme la danse et la gymnastique. Carlos a noté que les joueuses de tennis devaient combattre des problèmes qui n'ont rien à voir avec leurs habiletés.

«Même si elles sont des athlètes élites et qu'elles font des choses extraordinaires avec leur corps, elles sont quand même sexualisées et ça y est peut-être pour quelque chose», a-t-elle dit.

Carlos espère que les commentaires de Bouchard vont aider d'autres personnes souffrant de troubles similaires.

«Il y a beaucoup de Canadiens qui souffrent en silence parce qu'il y a encore des préjugés liés à la maladie mentale et aux troubles de l'alimentation, a-t-elle mentionné. On pense souvent que les troubles de l'alimentation affectent seulement un certain type de personnes, mais ils peuvent affecter n'importe qui.»

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