Ariane Fortin accroche ses gants de boxe

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Ariane Fortin

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La Presse Canadienne

Ariane Fortin a peut-être décidé d'accrocher définitivement ses gants de boxe à 32 ans, mais elle assure qu'elle n'a pas livré son dernier combat.

Fortin, de Québec, a annoncé sa retraite sportive mercredi lors d'une conférence de presse tenue à Montréal. Sans vouloir entrer dans les détails, Fortin a indiqué être en discussions avec le président de Boxe Canada, Pat Fiacco, pour un poste au sein de la nouvelle administration. L'objectif avoué de sa démarche, alors qu'elle entreprend sa deuxième carrière, est de «faire changer les choses» dans la boxe.

«C'est encore très flou pour le moment, a d'abord évoqué Fortin en entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Ce serait dans une position de leadership, mais comme il vient d'y avoir une restructuration à l'interne, je sais qu'il faudrait que je me présente pour l'obtenir. Je suis vraiment intéressée, parce que je crois sincèrement que les athlètes ont besoin d'avoir une voix à Boxe Canada.»

Fortin a pris la décision de se retirer en discutant avec son entraîneuse Danielle Bouchard quelques jours après sa défaite au premier tour contre la Kazakhe Dariga Shakimova l'été dernier aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro. La jeune femme de cinq pieds 11 pouces est toujours incapable de regarder ce combat - même s'il est enregistré dans son ordinateur -, et de nombreux observateurs ont estimé qu'il s'agissait d'une décision douteuse des juges.

La Québécoise n'est pas la seule à croire qu'une réforme de l'Association Internationale de Boxe Amateur (AIBA) - l'instance qui chapeaute la boxe amateur sur la scène internationale, dont les Jeux olympiques - est nécessaire. L'Irlandais Michael Conlan avait crié à l'injustice après sa défaite en quarts de finale chez les moins de 56 kg aux Jeux de Rio, s'en prenant même aux juges, qu'il avait qualifiés de «corrompus».

«C'est bien beau de dire qu'il faut du changement, mais il faut aussi poser des gestes concrets, a-t-elle poursuivi. Je veux faire des commentaires positifs, qui soient constructifs, car il n'y a eu qu'un seul changement au système de pointage de l'AIBA (depuis la débâcle de Rio de Janeiro). Désormais, le score des cinq juges en bordure du ring est pris en compte, et non plus celui de trois d'entre eux. C'est un pas dans la bonne direction, mais à mon avis ce n'est pas suffisant. Ça va prendre des années pour faire le ménage dans cette organisation-là.»

Entre-temps, Fortin tentera de se faire les dents sur son autre grande passion, l'univers des médias. La pugiliste, qui étudie maintenant à l'école ProMedia, a d'ailleurs profité de l'occasion mercredi pour annoncer qu'elle sera analyste lors de la retransmission du gala d'Eye of the Tiger Management (EOTTM) du 6 avril.

Éviter de devenir une «Lucian Bute»

Ce n'est pas aussi simple de tirer un trait sur une carrière sportive qui s'est étalée sur 16 ans. Fortin a admis qu'elle vivait des émotions partagées, bien que moins vives qu'au cours des derniers jours.

«Aujourd'hui, je me sens bien, je me sens calme, a-t-elle confié au bout du fil. J'ai vécu des montagnes russes au cours des derniers mois (depuis les Jeux olympiques de Rio de Janeiro), mais présentement ça va bien. Je pense que le fait que je sois ici, ce soir, pour participer à cette réception va m'aider à faire mon petit deuil de ma carrière sportive.»

Fortin a répété sur de nombreuses tribunes au cours des derniers jours qu'elle avait pris cette décision pour se retirer alors qu'elle est en pleine forme, et surtout afin d'éviter qu'elle connaisse une fin de carrière en queue de poisson. Elle avait d'ailleurs déclaré au quotidien «La Presse» plus tôt cette semaine qu'elle ne voulait devenir une autre Lucian Bute, c'est-à-dire un boxeur «dont la majorité des gens va surtout retenir la fin, plutôt que l'athlète incroyable qu'il a été.»

«Il y a Lucian, mais il y en a d'autres aussi, a-t-elle rappelé. Beaucoup d'athlètes s'entêtent à vouloir continuer, et malheureusement le monde du sport, et de la boxe en particulier, sont cruels. C'était important pour moi d'éviter ça, parce que j'ai accompli tout ce que je voulais accomplir dans la boxe. Il n'y a pas de si, ni de peut-être, parce que moi je l'ai senti venir. Donc, je ne suis vraiment pas amère avec ma décision.»

La championne du monde chez les moins de 70 kg en 2006 et 2008 a notamment tenu à remercier son entraîneur de longue date, Mike Moffa, Bouchard, et son collaborateur Stephan Larouche - le conjoint de Bouchard - pour sa carrière.

«Ce sont des personnes très, très généreuses, qui voulaient que je performe, a-t-elle dit. Et puis, mon Dieu, Mike, je n'aurais jamais accompli tout ce que j'ai accompli dans le ring sans son aide. Il a cru en moi, et même encore aujourd'hui, c'est difficile de dire à quel point Mike a été important dans ma vie.»




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