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Dierry Jean face à la justice

Dierry Jean a récemment plaidé coupable à des... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Dierry Jean a récemment plaidé coupable à des accusations de vol qualifié et de possession simple de stupéfiants relativement à une affaire qui remonte à 2014.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Dierry Jean boxe chez les professionnels depuis une décennie. Mais c'est finalement bien loin d'un ring qu'il aura subi la défaite la plus amère de sa carrière. Celle qui le mènera sous peu derrière les barreaux.

Jeudi dernier, devant le juge Yves Paradis, au palais de justice de Montréal, le pugiliste de 34 ans a plaidé coupable à des accusations de vol qualifié et de possession simple de stupéfiants relativement à une affaire qui remonte à 2014. Un chef d'accusation de menaces a été abandonné en cours de route.

«C'était un boulet que je traînais. Je me sentais toujours un peu coupable. C'était pénible», a expliqué Jean en entrevue avec La Presse.

Depuis plusieurs années, le boxeur est aux prises avec une dépendance à l'alcool et au jeu. Il lui est déjà arrivé de disparaître de la carte pendant des semaines - voire des mois - après avoir consommé, et ce, même pendant qu'il se préparait pour un combat. Il était en pleine rechute au moment de commettre les gestes pour lesquels il a reconnu sa culpabilité.

Avec l'appui de son entraîneur Mike Moffa - qui le dirige depuis les rangs amateurs - et du président d'Eye of the Tiger Management (EOTTM), Camille Estephan, Jean est entré à la Maison Jean-Lapointe pour y suivre une cure de désintoxication. Il en est ressorti avec une sobriété retrouvée, mais qui n'a cependant pas duré. Tant et si bien que l'an dernier, à la veille de Noël, EOTTM a suspendu Jean afin qu'il puisse de nouveau entrer en cure. Il a fini par réintégrer l'organisation quelques semaines plus tard.

Jean est ainsi entré et sorti à quelques reprises de la Maison Jean-Lapointe au fil des ans pour tenter de vaincre ses démons. S'il parvenait à les chasser pendant un temps, ceux-ci ont toujours fini par revenir le hanter. Il affirme que c'est durant son plus récent séjour qu'il a choisi de passer aux aveux et de régler son dossier face à la justice.

«En faisant ma thérapie, j'ai réalisé que j'avais eu la confiance de tout le monde. J'en ai pris conscience et j'ai décidé de m'excuser.»

Le boxeur dit être sobre depuis le mois de juillet.

Jean sera de retour devant le tribunal le 16 décembre pour recevoir sa peine. Il est déjà acquis qu'il ira en prison. Reste à savoir pour combien de temps.

«Je suis prêt à payer ma dette», assure-t-il.

«On a fait de notre mieux»

EOTTM savait évidemment que Jean était sur le point de plaider coupable. Il était déjà convenu qu'une fois que ce serait fait, les liens professionnels entre eux seraient rompus.

Ainsi, invoquant des «raisons éthiques qui sont contraires aux valeurs de l'entreprise», EOTTM a annoncé hier matin qu'elle résiliait le contrat de Jean, l'un des premiers boxeurs qui ont rejoint ses rangs après sa création en 2008.

«On a été à côté de lui dès le début. Il a essayé d'arranger sa vie personnelle. C'est un bon gars, mais quand il est dans un creux de vague, il n'est plus lui-même. [...] On ne peut pas continuer. On a fait de notre mieux», résume Camille Estephan, visiblement ébranlé, lorsque La Presse l'a joint.

«Il comprend la décision. On l'a averti, mais il n'a pas respecté les règles», observe pour sa part Moffa.

Jean n'exclut pas de remonter dans le ring une fois qu'il aura purgé sa peine. Cela dit, force est d'admettre qu'à 34 ans et avec un casier judiciaire, les chances de voir ce projet se concrétiser sont plutôt minces.

«C'est un gros wake-up call, note-t-il. Ça prouve qu'on n'est jamais à l'abri d'une dépendance. Il faut toujours être vigilant, même quand ça va bien.»

Si leur association professionnelle n'est plus, Estephan et Moffa vont quand même continuer de soutenir Jean sur le plan personnel. En espérant qu'il finisse par retrouver le droit chemin.

«Ce n'est pas juste un boxeur pour moi. Je l'ai traité comme mon enfant», souligne Moffa avec émotion.

- Avec la collaboration de Christiane Desjardins, La Presse

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