David Lemieux devient champion de l'IBF

David Lemieux a battu Hassan N'Dam par décision... (Photo Ryan Remiorz, La Presse canadienne)

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David Lemieux a battu Hassan N'Dam par décision unanime des juges.

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
Montréal

Le Lavallois David Lemieux est devenu champion du monde des poids moyens de l'IBF grâce à une éclatante victoire par décision unanime face au courageux Français Hassan N'Dam, samedi soir, au Centre Bell.

Lemieux (34-2, 31 K.-O.) a obtenu 115-109 sur deux cartes des juges, tandis que le troisième a noté le combat 114-110.

«Une étoile est née ce soir, a lancé sans ambages Oscar De La Hoya, de Golden Boy Promotions. HBO le voit dans sa soupe. Leurs dirigeants ont de grands plans pour lui. (...) Nous n'avons pas encore vu le meilleur de David Lemieux.»

Le boxeur de 26 ans a dû puiser au fond de ses ressources pour vaincre N'Dam (31-2, 18 K.-O.), de cinq ans son aîné, qui n'a jamais abandonné, malgré quatre chutes au plancher, dont deux au cinquième.

À chaque fois cependant, le boxeur de Pantin a été en mesure de secouer le brouillard pour revenir en force et forcer Lemieux à ne pas baisser sa garde.

«Non seulement il se relevait, mais il se relevait avec le sourire, a dit Lemieux, admiratif de la ténacité de son adversaire. J'étais surpris. C'est un boxeur solide, le "real deal", et il voulait vraiment être champion, mais je le voulais plus que lui.»

Début explosif

Après une entrée en matière serrée au premier round, Lemieux a ouvert la machine au deuxième. Après une solide combinaison d'un crochet de droite au corps et d'une gauche à la tête, Lemieux a envoyé N'Dam au tapis une première fois d'un crochet du gauche sur la tempe avec un peu moins d'une minute à faire au round.

«David Lemieux c'est un grand boxeur. Quand j'ai été touché au deuxième round, ça m'a fait finir le combat à seulement 60 pour cent de mes capacités. Au niveau technique, j'avais la capacité de le gérer, mais j'ai été sonné. Il a été meilleur que moi ce soir. Mais je crois que les rounds où je ne suis pas allé au tapis, je les ai gagnés.»

À l'assaut suivant, N'Dam a d'ailleurs dicté le ton avec son jab et l'imprécision de Lemieux lui a fait dépenser beaucoup d'énergie. N'Dam lui a refait le coup au sixième, après que le Québécois l'eut envoyé au plancher au round précédent. Idem aux huitième et neuvième, des rounds remportés par N'Dam, qui était allé au tapis pour la quatrième et dernière fois de la soirée au septième.

Lemieux s'est assuré de la décision en remportant sans équivoque le 10e, avant de gérer admirablement la fin du combat, lançant juste assez de coups pour tenir N'Dam en respect. Ce dernier a néanmoins eu le dessus dans ces deux derniers assauts, trop peu, trop tard.

«C'est le genre de combat qui, d'un point de vue tactique, est très difficile. C'est difficile d'être bien concentré du début à la fin, et David l'a fait, l'a louangé son entraîneur, Marc Ramsey. David est passé d'un gars de qui on disait qu'il avait du mal à suivre les instructions, qui était un peu chaotique dans ses approches de combats, à un combat de haute voltige tactique avec un plan qu'il a appliqué à la lettre. Je suis plus que satisfait.»

«Ce que j'ai vu ce soir, c'est un champion qui a trouvé une façon de se calmer quand il était au summum de l'excitation, de laisser filer des rounds qu'il aurait pu dominer afin de prendre son temps, a pour sa part analysé Bernard Hopkins. Les fondations de l'héritage que laissera David Lemieux ont été mises en place (samedi) soir.»

La taille du ring fait jaser

Le clan N'Dam a menacé de ne pas livrer le combat en raison d'un imbroglio au sujet de la taille du ring. N'Dam réclamait un ring de 20 pieds, tandis qu'Eye of the Tiger Management a opté pour un ring de 17 pieds.

N'Dam souhaitait un ring le plus grand possible afin de pouvoir mener un combat plus tactique, mais Camille Estephan ne s'en est pas caché: ils ont opté pour un combat plus petit pour avantager leur boxeur.

«Nous avons gagné l'appel d'offres, alors nous étions dans notre droit de décider de la taille du ring, pour autant qu'elle était comprise entre 16 et 20 pieds. C'est certain que nous allons tout faire en sorte pour aider notre boxeur.»

«Donnez-nous un ring de 20 pieds et vous allez voir que vous aurez un autre combat», a pour sa part insisté Mustupha Ouicher, l'entraîneur de N'Dam, qui prétend que Golden Boy lui avait promis ce ring.

«J'ai gagné sur la puissance, j'ai gagné sur la boxe: un ring de 20 pieds n'aurait rien changé», a quant à lui tranché Lemieux.

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