Trop fort, le Rouge et Or?

Le Rouge et Or de l'Université Laval a... (Photo Pascal Ratthé, Le Soleil)

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Le Rouge et Or de l'Université Laval a engrangé 185 points lors de ses trois derniers matchs, contre 19 pour ses rivaux.

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Fort d'une séquence record de 22 victoires, solidement installé au premier rang du top 10 canadien, le Rouge et Or de Laval semble se diriger tout droit vers une troisième conquête d'affilée de la Coupe Vanier, un exploit inédit.

La domination de l'équipe est telle - 185 points contre 19 à ses trois derniers matchs - que plusieurs disent qu'elle pose problème. Le Réseau du sport étudiant québécois (RSEQ) a d'ailleurs formé un comité en mai dernier pour étudier les inégalités au football universitaire et tenté de trouver des pistes de solution.

«Je ne sais pas si on doit appeler cela un problème, mais il y a une réalité au football, dans tous les sports universitaires en fait, avec laquelle il faut composer», explique Benoit Doloreux, directeur des programmes universitaires au RSEQ.

«La situation du Rouge et Or - seule université d'une vaste région, avec plus de 40 000 étudiants et des programmes sportifs très développés - est bien différente de celle de Bishop's, par exemple, une université de 1800 étudiants qui doit partager un petit bassin de recrutement local avec une autre université (Sherbrooke).

«Cette "réalité" n'est d'ailleurs pas différente ailleurs au Canada, poursuit M. Doloreux. Des universités comme McMaster ou Western, en Ontario, Calgary, dans l'Ouest, qui bénéficient de conditions démographiques et économiques similaires, fonctionnent un peu sur le même modèle que Laval, avec d'excellents résultats au football.»

Et il ne faut pas oublier qu'on a affaire à des étudiants pour qui, en principe, le choix d'un programme d'études n'est pas sans importance. Il ne peut donc pas être question de forcer un jeune à aller dans une université, après un «repêchage» par exemple, simplement pour mieux équilibrer les forces au football.

«Les solutions ne sont pas évidentes, d'autant plus qu'il faut bien reconnaître le travail exceptionnel accompli à Laval par Glen Constantin, Jacques Tanguay et toute leur équipe, souligne M. Doloreux. Le Rouge et Or a contribué plus que toute autre équipe au développement du football universitaire au Québec et au Canada. Son exemple a inspiré d'autres universités à emboîter le pas.

«Et cet exemple continue d'exercer un pouvoir d'attraction exceptionnel sur les joueurs qui sortent des rangs collégiaux. Au-delà des résultats, c'est la qualité de l'expérience étudiante qui séduit les jeunes.»

Pas question de ralentir

À Québec, rien n'indique que le Rouge et Or ait l'intention de lever le pied. Quand on lui a demandé pourquoi l'équipe s'était acharnée à marquer plus de 70 points lors de chacun de ses 2 derniers matchs, Constantin a expliqué: «Peu importe l'adversaire, on se prépare toujours de la même façon. C'est une question d'intensité. Nous ne pouvons ralentir à ce stade de la saison, car nous devrons être encore bien meilleurs, en séries, si nous espérons répéter nos succès.»

La profondeur de l'équipe y est aussi pour beaucoup. La deuxième unité du Rouge et Or pourrait sans doute vaincre la première unité de plusieurs formations au Québec et au Canada. Quand ils embarquent sur le terrain, en deuxième demie, les réservistes ont des choses à prouver.

«Ce serait impossible de leur demander de ne pas offrir leur meilleur effort, a souligné Constantin. Tous nos joueurs veulent montrer qu'ils ont leur place avec nous, qu'ils sont prêts à jouer dans les gros matchs.

«Ceux qui critiquent notre programme font-ils les mêmes efforts? On peut identifier une dizaine de programmes de football au Canada où la volonté de bien faire les choses est présente. Les autres travaillent différemment...»

L'entraîneur-chef du Rouge et Or a d'ailleurs cité en exemple le travail accompli à Concordia pour relancer les Stingers après une saison de huit défaites. «Le regain de cette équipe est remarquable, a-t-il insisté. Les frères (Mickey et Patrick) Donovan ont arrêté de parler de l'écart avec les meilleures équipes. Ils ont ramené une éthique de travail chez les Stingers.»

Concordia s'amène d'ailleurs au PEPS, dimanche, pour son premier gros test cette saison. Mickey Donovan, qui voue en grand respect à ses rivaux et à leur entraîneur-chef, nous disait récemment: «Laval, c'est le modèle que nous voulons imiter. Ils ont travaillé fort pour arriver où ils sont et c'est ce que nous devrons faire nous aussi.»

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Duel au sommet

Qui aurait prédit au début de la saison que les Stingers de Concordia et le Rouge et Or de Laval se disputeraient le premier rang du classement après quatre matchs avec des dossiers identiques de 4-0? Ce sera pourtant le cas, dimanche à Québec, et si les hôtes sont largement favoris, ce sera intéressant de mesurer les progrès de leurs rivaux. Demain après-midi, les Carabins de l'Université de Montréal (3-1) se méfieront du Vert et Or de Sherbrooke (2-2), une équipe qui les a souvent embêtés au CEPSUM.

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