Mathieu Giroux: motivation profonde

Mathieu Giroux a appris à oublier le passé.... (Photo Jeff McIntosh, PC)

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Mathieu Giroux a appris à oublier le passé. Il regarde en avant et vit le moment présent.

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Dans le sport comme dans la vie, il faut faire preuve de motivation afin d'atteindre ses buts. Comment faire pour s'assurer qu'elle soit toujours à son plus haut niveau? Le patineur de vitesse longue piste Mathieu Giroux, médaillé d'or aux Jeux de Vancouver et motivateur à ses heures, en connaît un bout sur la chose. Voici ses trucs personnels pour les Jeux olympiques de Sotchi.

Planification

«La base de tout succès réside dans une bonne planification de ses objectifs, mais surtout de la façon dont nous allons les atteindre. Cette étape est cruciale avant de se lancer dans un projet. Il faut prendre le temps nécessaire pour couvrir tous les petits détails qui feront la différence au bout du compte. Lorsqu'on planifie les quatre années qui nous mèneront aux Jeux, on pense à chaque petit détail sur le plan physique et mental, ainsi qu'à la récupération et à la nutrition. Il y a toujours une vision d'ensemble et, ensuite, tout est ramené sur des cycles d'entraînement plus courts d'environ trois semaines.»

Se fixer des objectifs

«Ça peut sembler très banal, mais c'est la clé de notre réussite et c'est intrinsèquement lié à notre motivation. Si nos objectifs sont trop difficiles, on se décourage rapidement. S'ils sont trop faciles et peu risqués, on est peu motivé à les atteindre et la récompense est faible. De plus, ils doivent s'étaler sur une longue période pour nous permettre d'évaluer notre progrès au quotidien. Lorsque j'établis mes objectifs pour la saison, je les divise en différentes catégories, comme ma force en musculation ou un chronomètre précis sur une distance. Tourner en rond tous les jours n'a rien de très gratifiant, et ces objectifs me permettent de garder un bon état esprit et de tirer le maximum de chaque séance d'entraînement.»

Ne pas vivre dans le passé

«Toute ma carrière, j'ai dû faire face aux contre-performances. Mais chaque fois, j'ai su rebondir le jour suivant avec des performances incroyables. Il faut donc apprendre à oublier rapidement le passé, car on ne peut rien y changer, toujours regarder en avant et vivre dans le moment présent.»

Sortir des sentiers battus

«Pour bien réussir dans mon sport et sur les longues distances, il faut apprendre à souffrir et sortir des sentiers battus. Je dois avouer que je prends un malin plaisir à souffrir tous les jours et à tenter de repousser les limites de mon corps. Pour ce faire, je pratique beaucoup de dialogue intérieur où j'essaie de me convaincre que je peux continuer une minute de plus ou que je n'ai pas vraiment mal. Je me dis que si j'ai peur d'échouer ou d'avoir trop mal aux jambes, cela signifie que c'est important à mes yeux et que je veux vraiment réussir.»

Avoir l'esprit ouvert en étant le négligé

«Le Canada n'avait pas connu le succès escompté aux Jeux de Turin, et mes coéquipiers et moi étions les négligés pour la poursuite par équipes à Vancouver. Un avantage d'être les négligés est que lorsqu'on réalise que nous sommes désavantagés par rapport aux autres équipes, cela nous force à trouver une autre manière de faire. C'est dans cet état d'esprit que nous avons mis au point une nouvelle stratégie de poussée pour la poursuite par équipes, en plus de travailler énormément sur la synchronisation. Ainsi, même si nous étions moins forts sur papier, notre désir de vouloir agir différemment nous a permis de remporter la médaille d'or.»

Ne pas être jaloux du succès des autres

«Très souvent, j'ai regardé des vidéos de mes adversaires et je me suis demandé comment ils faisaient pour aller aussi vite. Au lieu de me décourager en les regardant, cela me motive davantage, car je me dis que s'ils peuvent atteindre des niveaux que je croyais inatteignables, ça signifie que je peux encore m'améliorer. Il est donc très important d'apprendre des meilleurs.»

Accepter la défaite

«En 2006, je me suis blessé pour la première fois à une cheville. Cette blessure est revenue tous les deux mois jusqu'en 2008. C'est alors que je me suis dit que mon parcours vers les Jeux de Vancouver devait changer. C'est donc avec adversité et persévérance que j'ai décidé de changer de sport et de passer de la courte à la longue piste à seulement 13 mois des Jeux. J'avais alors compris que la persévérance avait ses limites lorsqu'on se heurte à la même erreur. Il faut parfois prendre certains risques et vouloir faire autrement, en gardant bien sûr le même objectif de base. Il y aura toujours des blessures ou des malchances. La question sera toujours de savoir comment on va retomber sur nos pieds et continuer à avancer.»

Savoir qu'on ne peut pas tout contrôler

«Être sur la ligne de départ d'une course olympique est un des événements les plus stressants de ma carrière. Pour avoir du succès dans ces moments-clés, je mise sur différents trucs. Premièrement, il faut savoir que l'on ne peut pas tout contrôler. Deuxièmement, avoir une routine les journées de course diminue grandement le stress, car cela me permet de me concentrer sur un plan particulier, peu importe ce qui arrive autour de moi. Enfin, pour rester dans ma bulle, rien de mieux que de me concentrer sur ma respiration. Ça me permet de me détendre et d'éviter de trop réfléchir sur les différents résultats qui pourraient survenir.»

Être patient

«Une saison de patinage de vitesse est très longue et, parfois, les résultats ne sont pas toujours ceux qu'on espérait. Ça peut être déstabilisant, car on veut tous atteindre nos objectifs le plus rapidement possible. Ma saison actuelle est un exemple parfait, alors que j'étais très impatient et que je voulais des résultats immédiats. C'est seulement lorsque je me suis calmé et que je suis revenu au plan initial, en apportant quelques changements, que les résultats sont enfin apparus. Bref, je crois que la plupart des gens ratent leurs objectifs non pas parce qu'ils manquent de potentiel ou de volonté, mais bien parce qu'ils sont impatients et lâchent prise.»

Se faire aider et innover

«Dans le monde du sport de haut niveau, on constate rapidement qu'on ne peut pas tout faire soi-même. Il faut savoir bien s'entourer des meilleurs dans chaque domaine. Les Jeux olympiques se gagnent maintenant en innovant, et il faut vraiment investir du temps et de l'argent dans la recherche et la technologie. Au cours des dernières années, comme j'ai dû jongler avec mes études en pharmacie et ma carrière en patinage de vitesse, j'ai dû mettre au point de nouvelles techniques d'entraînement et m'entourer des meilleurs spécialistes. Il est certain qu'on va trouver une série d'idées assez incroyables, mais trop souvent, on va faire de la procrastination et on ne les implantera jamais. Ainsi, il faut parfois savoir quand arrêter de réfléchir et commencer à agir.»




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