Adam Braz, le négociateur

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Adam Braz est le nouveau directeur technique de l'Impact.

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Patrick Leduc

collaboration spéciale

La Presse

Adam Braz, nouveau directeur technique de l'Impact de Montréal. Celle-là, je ne l'avais pas vue venir.

Pourtant, la nomination d'un ex-joueur du club pour combler le vide causé par le départ soudain de Matt Jordan respecte une certaine tradition chez le bleu-blanc-noir. Il faut y voir un effort de reconstituer la famille en allant chercher quelqu'un qui nous permet de rester dans une certaine zone de confort.

Sauf que le nom de l'ancien défenseur latéral - qui a également été gérant de l'équipe pendant trois saisons - ne m'était pas passé par la tête pour occuper un tel poste. Les retours au bercail ont beau être monnaie courante chez l'Impact, son départ en coup de vent à l'aube de la dernière saison - pour aller travailler dans le domaine immobilier à Miami - ne laissait pas présager une réapparition si rapide.

«J'ai été surpris de recevoir l'appel du club, mais en même temps très enthousiasmé», m'a confié Braz à propos de la main tendue par un certain Nick De Santis pour l'inciter à revenir à Montréal dans ce nouveau rôle. Décidément, même dans son poste de directeur des affaires internationales, De Santis exerce une influence importante sur le plan domestique.

Cela dit, Braz n'avait jamais caché son ambition de devenir un jour gestionnaire dans un club professionnel. «J'ai été extrêmement impressionné par Adam. On se connaissait déjà, mais on ne travaillait pas au même étage. J'ai trouvé sa vision très claire... J'ai senti qu'il savait où il s'en allait», a affirmé Richard Legendre en point de presse, hier. Legendre, qui avait pris le relais de De Santis une fois le premier contact établi, a également vanté la synergie qui existerait déjà entre Braz et Klopas.

C'est au moins ça. Car les critiques ont été nombreuses à la suite de la décision de l'Impact d'embaucher un candidat sans expérience, sans que l'on ne rencontre qui que ce soit d'autre.

Une embauche raisonnable?

Il existe pourtant une autre façon de voir les choses. D'une part, il faut préciser que les attentes envers Braz ne devraient pas être les mêmes que celles que l'on place en Marc Bergevin, par exemple. N'en déplaise à certains, on évolue dans un monde (parallèle) différent de celui du Canadien.

Si l'on veut, le nouveau directeur technique de l'Impact est un facilitateur pour Klopas. S'il sera appelé à gérer l'aspect financier et sera responsable d'arrimer la vision de l'entraîneur avec l'espace disponible sous le plafond salarial, ce n'est pas Braz qui procédera à des transactions, rôle qui reviendra encore à Klopas.

Il faut savoir que Braz a toujours été perçu comme un soldat loyal. Plutôt que des trahisons, ses brèves interruptions - pour aller jouer en Suède ou encore en MLS au Toronto FC - ont surtout fait augmenter sa cote auprès des dirigeants montréalais, étant donné qu'il revenait à la maison avec une sorte de valeur ajoutée. Reconnu pour sa fougue et sa passion sur le terrain, Braz adopte une attitude plus posée depuis son passage dans la division administrative du club. En tant que gérant, il était fort apprécié par les joueurs qu'il encadrait, Alessandro Nesta le premier. Il s'y est également fait remarquer par son sens des affaires, un atout étant donné le marathon de négociation qui l'attend pour assembler l'effectif 2015. Parions que l'agent de Patrice Bernier sera le premier à le découvrir.

Pour l'Impact, qui a voulu combler le vide laissé par Jordan de façon rapide, l'embauche de Braz procurera un sentiment de stabilité et assurera un climat de travail harmonieux au sein de la direction. Cela ne fait pas l'unanimité, certes, mais dans les circonstances, ça me semble un choix raisonnable qui s'inscrit dans la logique d'un club qui, malgré ses travers, a maintes fois prouvé qu'il fonctionne mieux lorsqu'il n'éprouve pas de sentiment d'ambivalence envers ses propres dirigeants.

Parce qu'après tout, comme l'a dit Richard Legendre, «Adam Braz a l'ADN du club».

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