Les vieux en MLS

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Matteo Ferrari aurait préféré être échangé alors que l'Impact s'enfonçait au classement.

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Patrick Leduc

collaboration spéciale

La Presse

Finalement, il est parti comme il est arrivé. Matteo Ferrari a beau avoir été un pilier de la défense de l'Impact de Montréal durant les trois dernières années, c'est loin de l'arène où il combattait qu'il aura fait ses adieux au public montréalais.

D'ailleurs, l'atmosphère feutrée et le confort des fauteuils du Ritz-Carlton contrastaient avec le malaise présent lors de cet au revoir prononcé en dehors des confins du stade Saputo.

Dans le cas Ferrari, la décision est peut-être la bonne pour les deux parties, mais pour un club qui attache autant d'importance à l'image qu'il projette en public, on aurait souhaité être davantage rassuré par la manière de procéder. Le vétéran de Serie A avait ralenti, et l'Impact a tout intérêt à mieux utiliser ses ressources financières pour renforcer sa défense en 2015. Mais cette «fin de cycle», comme l'a lui-même nommée le principal intéressé, laisse un arrière-goût amer.

Décidément, on semble avoir marché sur des oeufs tout au long du passage chez le bleu-blanc-noir de Ferrari, embauché à la suite d'une rencontre qualifiée de fortuite. On avait d'abord entretenu le plus grand secret à son arrivée en 2012 lors d'un camp d'entraînement en Californie. Doutait-on des intentions d'un joueur manifestant un intérêt à venir en MLS ? Était-ce la crainte d'être trop vite perçu comme une destination préretraite ? Bref, ne pas ébruiter l'embauche d'une grosse cylindrée dans le camp montréalais, telle était la consigne pour un joueur qui, à l'origine, ne faisait pas partie des plans.

Plans qui allaient souvent changer. Contrarié qu'on préfère aligner une paire Alessandro Nesta-Nelson Rivas à une hypothétique défense à trois, Ferrari, qui gardait généralement un profil bas, avait manifesté son mécontentement à l'état-major montréalais. Reconnu pour son franc-parler, il signalait déjà un certain agacement envers un club au projet tactique fluctuant.

Démotivé par l'inaction de la direction l'hiver dernier, Ferrari ne rêvait plus à Montréal. Il aurait même préféré être échangé alors que l'Impact s'enfonçait au classement. Aurait-il été préférable de procéder ainsi? Je n'en suis pas si sûr. D'une part, on ignore ce qui était offert en retour et, de l'autre, à la date limite des transactions, l'Impact luttait toujours pour sa qualification en Ligue des Champions.

Ce dont je suis sûr, c'est que le malaise, lui, mettra un certain temps à se dissiper. Si le défenseur italien estime que l'Impact devrait s'améliorer en 2015, il s'est montré perplexe quant à la stratégie du club pour pallier le départ de Marco Di Vaio. La rupture prend donc surtout la forme d'un soulagement pour un Ferrari vieillissant qui n'a pas caché qu'Il n'en pouvait plus d'attendre devant les hésitations d'une direction qui rappelle cette pendule dans la chanson de Brel à force de dire oui et de dire non.

Thierry Henry... (Photo Tom Szczerbowski, USA Today Sports) - image 2.0

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Thierry Henry

Photo Tom Szczerbowski, USA Today Sports

Titi et l'envie

Un autre vieux qui a une petite tendance à être malcommode, c'est Titi. Auteur d'un nouveau récital dans la victoire des Red Bulls contre D.C. United lors du match aller de la série quart de finale de Ligue majeure dimanche, Thierry Henry a été fidèle à sa réputation. Architecte des deux buts new-yorkais et animateur d'un spectacle plus enlevant qu'à la normale dans le circuit Garber, l'artiste de 37 ans a offert une prestation magistrale, sans toutefois se départir de son éternel air bougon.

«Une talonnade, un sombrero et un caviar joué en profondeur.» Inutile d'en ajouter, le scribe affecté à la couverture des Taureaux, Franco Panizo, a bien résumé les faits saillants du joueur désigné qui entretient toujours le mystère quant à son avenir professionnel. Le contrat d'Henry en MLS se termine cette année, et Titi n'a pas dit où il avait l'intention d'aller s'il décidait de continuer à jouer.

Un Henry qui se replie, qui affiche de l'envie et qui célèbre (parfois) les buts avec ses partenaires... De quoi rappeler le verbe d'antan et oublier un instant la pendule d'argent qui ronronne au salon en attendant la fin de sa carrière.

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