Un nouveau départ

Christine Sinclair s'est d'abord fait remarqué 10 ans... (Photo archives La Presse Canadienne)

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Christine Sinclair s'est d'abord fait remarqué 10 ans avant la récolte de la médaille de bronze avec l'équipe canadienne à Londres, lorsque lorsque le Canada a accueilli la toute première édition du tournoi junior féminin de la FIFA.

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Patrick Leduc

Collaboration spéciale

La Presse

Il y a quelque chose de séduisant à chaque nouveau départ. Or, cette semaine, nous accorderons un bref moment de répit au bleu-blanc-noir, alors qu'il amorce l'aventure CONCACAF avec son duel FAS en Ligue des champions. Parlons plutôt d'un autre début, celui de la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans, qui débute aujourd'hui et qui se déroulera jusqu'au 24 août dans quatre villes du pays.

Si vous êtes nombreux à vous remémorer les exploits de Christine Sinclair et toute sa bande aux Jeux olympiques de Londres, où elles avaient remporté la médaille de bronze, moins nombreux sont ceux et celles qui se souviennent que Sinclair s'est d'abord fait remarquer 10 ans auparavant, lorsque le Canada a accueilli la toute première édition du tournoi junior féminin de la FIFA. Elle avait été nommée joueuse du tournoi en vertu de 10 buts marqués durant la compétition. Qui sait si le Canada aura la chance de compter un jour sur une autre joueuse de la trempe de Sinclair?

Justement, y songer un moment a de quoi donner des frayeurs à ceux qui s'impliquent dans le milieu du soccer. Et c'est également le message qu'a voulu faire passer l'entraîneur de l'équipe nationale A, John Herdman, en déposant, il y a un peu plus d'un an, son plan de développement de l'élite féminine. Essentiellement, la joueuse canadienne doit rapidement perfectionner ses habiletés techniques et approfondir sa culture tactique, tout en conservant l'engagement physique qui la caractérise déjà.

Autrement, le risque est élevé que cette fameuse médaille à Londres ne devienne l'arbre qui cache une forêt. Si le Canada avait jadis une avance sur ses concurrentes en vertu de son bassin d'athlètes important, il s'est fait rattraper par de nombreuses nations au cours de la dernière décennie.

Double mission pour Olivieri

C'est Andrew Olivieri, un ancien coéquipier avec l'Impact de Montréal, qui dirige l'équipe canadienne au tournoi U20. J'ai eu le privilège d'être son adjoint le temps d'un camp d'entraînement, il y a de cela plus d'un an. Une expérience si enrichissante que j'ai eu l'impression d'en apprendre autant en une semaine qu'en 11 saisons professionnelles.

Il a beau rappeler en entrevue au site de la FIFA que son objectif n'est pas tellement de remporter la compétition, mais de «préparer [ses] jeunes pousses à passer à l'échelon supérieur», Olivieri sait très bien que les observateurs mesureront le progrès réalisé par le nombre de victoires de ses joueuses. À vrai dire, l'un n'empêche pas l'autre.

Le tournoi étant une sorte de répétition générale pour la Coupe du monde féminine de l'an prochain, il servira de test pour les espoirs canadiens qui gravitent autour du groupe senior mené par Sinclair. C'est le cas de Kadeisha Buchanan, l'arrière centrale de 18 ans qui avait mis l'Américaine Abby Wambach dans sa poche lors d'un match amical en mai dernier, à Winnipeg. On peut aussi penser à des joueuses déjà aperçues chez les seniors, comme Rebecca Quinn, Sura Yekka ou même Jessie Fleming qui, à 16 ans, est la plus jeune joueuse de champ de la sélection. Fait à noter, seulement 4 des 21 joueuses d'Olivieri sont nées en 1994.

En outre, le tournoi permettra de valider le virage du programme national vers un jeu collectif moins direct et plus réfléchi que par le passé. Vous pourrez le leur crier de toutes vos forces en allant les voir jouer au Stade olympique, ces joueuses ne se contenteront pas de «kicker» le ballon en avant.

Évidemment, plusieurs chercheront dans le lot la nouvelle Christine Sinclair. Ce serait toutefois commettre une erreur. De toute façon, il n'y a pas deux Sinclair, et les responsables du programme féminin l'ont bien compris. Heureusement que ce n'est pas ça qui va les arrêter!

En revanche, on peut s'attarder à la nouvelle identité du soccer féminin canadien. Concept trop abstrait au goût de certains, d'autant plus qu'il est difficile de se projeter dans l'avenir. Les joueuses d'Olivieri ont apprivoisé une nouvelle manière de jouer qui définira dorénavant l'équipe. Elles doivent maintenant maîtriser l'art de gagner. On a beau jouer chez nous, faut-il se décourager si ça ne fonctionne pas du premier coup?

En passant, changer le prototype de ses joueurs, n'est-ce pas ce que les Allemands ont fait il y a 10 ans avec leur programme masculin?




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