La France passe en finale de la Coupe du monde

Samuel Umtiti (deuxième en partant de la gauche)... (Photo Martin Meissner, AP)

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Samuel Umtiti (deuxième en partant de la gauche) a célébré son but avec ses coéquipiers Antoine Griezmann, Raphaël Varane et Paul Pogba.

Photo Martin Meissner, AP

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Agence France-Presse
Saint-Pétersbourg, Russie

La France, en quête d'une seconde étoile, s'est qualifiée pour la finale du Mondial 2018, au terme d'une demi-finale à suspense contre la Belgique (1-0), mardi à Saint-Pétersbourg.

Il reste une victoire aux Bleus pour s'élever une nouvelle fois sur le toit de la planète après 1998: dimanche à Moscou, ils partiront favoris contre l'Angleterre ou la Croatie, qui s'affrontent mercredi.

La comparaison entre la jeune génération de Paul Pogba et celle de ses glorieux aînés tient toujours: il y a vingt ans contre la Croatie, Lilian Thuram avait inscrit un doublé venu de nulle part pour envoyer les siens en finale.

En 2018, c'est encore un défenseur, tout autant inattendu, qui a libéré son pays: Samuel Umtiti a placé sa tête, sur un corner d'Antoine Griezmann (51e), pour tromper Thibaut Courtois, le gardien qui avait dégoûté le Brésil au tour précédent (2-1).

Alors que son collègue de charnière centrale Raphaël Varane lui avait volé la lumière contre l'Uruguay en quarts (2-0), le défenseur central du FC Barcelone, jusque-là en retrait et moqué pour avoir provoqué un penalty contre l'Australie en poules, a pris une éclatante revanche, à l'image de son équipe qui a encore prouvé du caractère.

«C'est quelque chose d'exceptionnel. Je suis vraiment très heureux pour mes joueurs, ils sont jeunes mais il y a du caractère, de la mentalité», a réagi le sélectionneur français Didier Deschamps.

«Goût amer» pour la Belgique

Si les dribbles de Kylian Mbappé ou le charisme de Pogba captent les attentions, ce succès porte le sceau de la solidarité défensive française, du travail de l'ombre de N'Golo Kanté ou de Blaise Matuidi.

Car la Belgique, avec ses géniaux Eden Hazard et Kevin de Bruyne, lui a posé bien des problèmes. Longtemps, le petit pays a rêvé de sa première finale mondiale, dans une rencontre qui a ressemblé à une guerre des nerfs plutôt qu'à une chaleureuse fête des voisins.

Mais la «génération dorée» belge, jamais titrée, va devoir encore attendre son tour. Sur une lancée de 24 matchs consécutifs sans défaite avant les Bleus, les Diables semblaient pourtant mûrs pour ramasser l'or en Russie. Ca sera peut-être pour l'Euro 2020...

«Ces joueurs ne méritent pas de quitter le tournoi avec un goût amer. On voulait aller en finale, les joueurs ont montré un esprit d'équipe incroyable mais quand le résultat n'est pas là, on ne peut être que déçus», a expliqué le technicien des Diables, Roberto Martinez.

Dans les «fans zones» françaises, dans les bars, dans les salons, ou dans le carré VIP du stade de Saint-Pétersbourg garnie par la présence du président Emmanuel Macron, le soulagement a été énorme au coup de sifflet final, à la hauteur des ennuis posés par le sélectionneur belge Roberto Martinez et ses joueurs.

Lloris encore décisif

Déjà décisif contre l'Uruguay, Hugo Lloris a de nouveau sorti des parades salvatrices. D'abord sur un tir en pivot de Toby Alderweireld (21e) après un corner, dans une période de domination belge. Puis sur une frappe sèche d'Axel Witsel (82e), lors d'une fin de match à suspense.

Marouane Fellaini, avec son 1,94 m, ou Romelu Lukaku ont aussi laissé planer une menace constante dans les airs.

L'attaque française a aussi longtemps calé. La première percée de trente mètres Kylian Mbappé dès le coup d'envoi n'a pas annoncé un feu d'artifice... mais plutôt un festival d'occasions gâchées, par Olivier Giroud, batailleur mais peu inspiré (30e, 33e, 50e) ou Griezmann, qui a envoyé dans le mur un coup franc dangereux (45e).

Mbappé avait bien servi Benjamin Pavard, mais le latéral perdait son duel face à Courtois (42e) dans la plus chaude alerte bleue en première période.

Griezmann (90e+3) ou Corentin Tolisso (90e+5) auraient pu doubler la mise dans le temps additionnel et soulager encore ses supporters. Mais pour battre les Diables, il fallait bien jouer avec le feu... et dimanche, c'est l'or qui sera à la portée des Bleus.

«Une finale, cela se gagne, oui, a lancé Didier Deschamps. Parce que celle qu'on a perdue il y a deux ans (Euro 2016 face au Portugal) on ne l'a toujours pas digérée».

À 2700 km de là, à Paris, la victoire des Bleus a déclenché une vague de joie. Plus de 20 000 supporters des Bleus, massés devant un écran géant sur la place de l'Hôtel de ville, ont chanté la Marseillaise d'une seule voix au coup de sifflet final. Au même moment, un concert de klaxons a résonné dans les rues de la capitale, en échos aux «On est en finale» venus des terrasses des bars parisiens.

Paris célèbre

« On est en finale ! »: les supporteurs de l'équipe de France ont laissé éclater leur joie mardi soir à Paris, inondant dans la foulée les Champs-Élysées, après la victoire des Bleus face aux Belges (1-0) en demi-finale de la Coupe du monde de football à Saint-Pétersbourg, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Deux heures après la fin du match qualifiant les Français en finale, les Champs-Élysées - fermée à la circulation - étaient pris d'assaut et noire de monde, plusieurs centaines de milliers de personnes s'y rejoignant, fidèles aux traditions.

Les images de cette foule compacte, rassemblée sur la plus célèbre avenue du monde et chantant la Marseillaise, rappellent la communion de 1998, qui a vu les Bleus de Zidane gagner la Coupe du Monde, sacre déjà célébré sur les Champs. Et les maillots de différents joueurs des deux générations d'équipes de France (Zidane, Ribery, Griezmann...) se mélangeaient tout autour de l'Arc de Triomphe.

Martin 15 ans, la voix totalement cassée: « On a beaucoup entendu parler de 98, j'étais pas né. On fait un nouveau 98 ! J'imagine pas la fête que ça va être dimanche quand on sera champions du monde ! » Il entonne avec ses copains « Champions du monde ! Champions du monde ! Champions champions, Champions du monde ! »

« C'est énorme! Énorme! Je suis trop fière, ils sont trop forts », s'enthousiasme Justine, 17 ans, persuadée qu'« on va la gagner, on peut plus perdre maintenant, on est invincibles ! ».

Les fumigènes embrasent la nuit, en alternance avec les lourdes détonations de pétards, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ebahis, des touristes filment la fête depuis les trottoirs des Champs-Élysées, et un couple de Japonais explique n'« avoir jamais vu ça. C'est incroyable ».

Depuis la victoire des Bleus, un concert de klaxons résonne dans les rues de la capitale, en échos aux « On est en finale » venus des terrasses des bars parisiens.

Les gens sautent dans tous les sens, se prenant dans les bras, et les couples s'embrassent debout sur les tables de cafés.

« Vive la France, vive la République », lancent deux jeunes lycéennes parisiennes, Alia et Sacha.




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