Brésil: la mission du capitaine Thiago Silva

Après la défaite humiliante de 7-1 du Brésil... (Photo Adrian Dennis, AFP)

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Après la défaite humiliante de 7-1 du Brésil contre l'Allemagne, Thiago Silva (à droite) est allé étreindre son coéquipier David Luiz qui sanglotait.

Photo Adrian Dennis, AFP

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Patrick Fort
Agence France-Presse
Belo Horizonte, Brésil

Le capitaine brésilien Thiago Silva, qui a échappé au massacre par l'Allemagne (7-1) en raison d'une suspension, assume la difficile mission de réconforter ses partenaires et les remotiver pour le match de la troisième place.

Il sera peut être l'un des rares Brésiliens à sortir grandi du désastre du Mondial 2014 à la maison.

C'est dans les moments difficiles qu'on reconnait les grands capitaines et c'est un euphémisme de dire que la Seleçao est en pleine crise. Thiago Silva n'était pas présent sur le terrain en demi-finale en raison d'un deuxième carton jaune reçu contre la Colombie. Mais là où d'autres auraient été tentés de se cacher derrière cette absence pour échapper à la responsabilité de la déroute, il a choisi de faire face avec solidarité.

Dès le coup de sifflet final au Mineirao, il est entré sur le terrain pour réconforter ses partenaires. Il a tenu Oscar en pleurs pendant de longs moments et a été étreindre son compagnon de charnière et capitaine remplaçant David Luiz, qui sanglotait.

Il a ensuite guidé ses coéquipiers dans le rond central pour recevoir les huées, sifflets et insultes des supporteurs brésiliens.

Les Allemands auraient-t-ils marqué le premier but si Thiago avait défendu sur le corner? Ses partenaires auraient-ils «disjoncté» comme ils l'ont fait s'il avait été là?

Impossible de le savoir.

«Ne pas chercher de coupable»

Mais, dans la zone mixte - où les journalistes peuvent interviewer les joueurs -, il a accepté de répondre aux interrogations, utilisant le «on», le «nous», là où il aurait pu jouer du «ils».

«Il ne faut pas chercher un coupable», a-t-il lancé, demandant aux journalistes de ne pas faire de chasse aux sorcières.

Cette attitude est d'autant plus étonnante que le personnage, qui se dit «timide et n'aimant pas trop parler en public», était surtout vu comme un leader technique et tactique, pas comme un chef de gang.

Le joueur, très croyant, avait en plus perdu beaucoup de son crédit en huitièmes de finale en s'isolant de ses coéquipiers pour aller prier en pleurs avant la séance de penaltys, refusant la responsabilité et sollicitant la place de 11e tireur.

Il s'était ensuite justifié: «Je suis un émotif, je m'émeus facilement. C'est naturel, l'émotion chez l'être humain. Mais à aucun moment ça ne m'affecte sur le terrain. Les gens disent des bêtises, que ça peut affecter le rendement. Moi, mon opinion, c'est que non seulement ça ne pose pas de problème sur le terrain mais qu'au contraire ça m'aide».

Mais, plus que par les paroles, il avait répondu par des actes contre la Colombie, en quarts, en ouvrant le score. Mais aussi avec une partie presque parfaite défensivement et quelques interventions spectaculaires.

Tuberculose

Lors de ce quart de finale et sur le bord du terrain en demi-finale, il a montré qu'il avait du caractère et l'âme d'un patron.

Thiago affirme avoir puisé sa force dans les moments difficiles, notamment lors d'une grave maladie pendant son passage en Russie en 2005. Il avait alors séjourné plusieurs semaines à l'hôpital, sans que les médecins lui garantissent qu'il allait s'en sortir.

«J'ai eu des moments difficiles dans ma vie. J'ai eu la tuberculose, ma vie était en péril. Aujourd'hui, je peux dire: "je suis un champion, sur et hors du terrain". J'ai mes responsabilités, ma maturité, le respect de tous».

Et son ascension vers le maillot brésilien n'a pas été une partie de plaisir. Il a dû revenir au pays après un premier échec européen pour s'imposer finalement au Milan AC et au Paris SG. Et a hérité du surnom admiratif de «monstre». Souvent considéré comme le meilleur défenseur de la planète en raison de son sens tactique, de ses tacles mais aussi de sa relance, le joueur de 30 ans (51 sélections) sera sans doute un des cadres de la future équipe brésilienne que le prochain entraîneur devra rebâtir sur le champ de ruines du Mineirao.

Et cette reconstruction passe sans doute par une bonne performance samedi contre les Pays-Bas lors du match pour la troisième place. Lors de cette rencontre à haut risque, il est fort probable que le sélectionneur Luiz Felipe Scolari l'alignera comme titulaire.

Le capitaine a échappé au Titanic brésilien, il lui faut désormais guider le sauvetage.




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