Incidents à Marseille: un partisan anglais entre la vie et la mort

Des incidents ont éclaté dans le centre de Marseille... (PHOTO JEAN-PAUL PELISSIER, REUTERS)

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Des incidents ont éclaté dans le centre de Marseille avant le match Angleterre-Russie, samedi.

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Andrea PALASCIANO, Corentin DAUTREPPE
Agence France-Presse
Marseille et Paris

Un partisan anglais est entre la vie et la mort après des violences samedi à Marseille en marge du match Angleterre-Russie, qui rappellent que l'Euro-2016, focalisé sur les menaces d'attentat, court aussi le risque du hooliganisme.

Vers 17 h 30, plus de trois heures avant le coup d'envoi de ce match considéré comme l'un des plus risqués de l'Euro, un partisan anglais a reçu «des coups de barre de fer, vraisemblablement à la tête», selon une source policière. Un CRS a tenté de le ranimer sur place avant qu'il ne soit évacué vers l'hôpital. Son pronostic vital est engagé, a complété le préfet de police Laurent Nunez.

Des journalistes de l'AFP ont vu un homme à terre, le visage tuméfié et ensanglanté, en train de subir un massage cardiaque de la part des forces de l'ordre.

Trente et une personnes ont été blessées, dont ce partisan anglais entre la vie et la mort et trois autres blessés graves, a indiqué la préfecture de région en soirée. Il y a eu six interpellations, selon le préfet de police. Quelque 1200 policiers étaient mobilisés.

Les scènes de violence se succèdent crescendo sur le Vieux-Port de Marseille depuis jeudi soir. Un nouveau seuil a été franchi samedi avec ces images de guérilla urbaine: partisan frappé au sol par plusieurs autres, visages ensanglantés, chaises de bars et bouteilles qui volent, nuages de lacrymogènes.

Une première vague de violences qui a duré environ une heure et demie - bagarres entre partisans ivres, jets de bouteilles et d'objets divers sur les forces de l'ordre - a éclaté vers 16 h, aux alentours du Vieux-Port. Elle a impliqué des partisans anglais et russes ainsi que des Français, selon le préfet de police.

La rixe la plus sévère a opposé quelque 500 partisans - 300 d'un côté et 200 de l'autre - dans une rue perpendiculaire au Vieux-Port.

«Il n'y a pas de constat d'échec dans la mesure où l'intervention rapide et efficace des forces de l'ordre a permis de circonscrire les incidents», a estimé le commissaire Antoine Boutonnet, chargé de la lutte contre les hooligans en France, interrogé par l'AFP en soirée.

«Complètement bourré»

Selon lui, il y a eu un «mouvement important de 300 Russes venus vers les partisans anglais». «Il y a eu un début de rixe entre les deux, immédiatement stoppé par les forces de l'ordre», a poursuivi le chef de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH).

Vers 20 h, une heure avant le match, quelques incidents, vite maîtrisés, ont ensuite éclaté aux alentours du stade Vélodrome, la police devant utiliser des grenades lacrymogènes et un canon à eau pour disperser les partisans.

Les principales craintes liées à la sécurité pour l'Euro concernent les éventuels attentats. Mais les violences de Marseille rappellent que le hooliganisme est toujours là et que la crainte du terrorisme ne doit pas l'éclipser.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a condamné dans un communiqué «le comportement irresponsable et délibéré de pseudo-partisans».

Il a assuré que le risque de violences extra-sportives «était pleinement pris en compte» par ses services, «au même titre que les autres menaces, terroristes notamment».

«Il y a un problème de suralcoolisation qui entraîne in fine un phénomène de violences entre partisans et contre les forces de l'ordre», a renchéri le commissaire Boutonnet.

«Ce n'est pas une bonne idée d'avoir programmé le match à 21 h. D'ici là, tout le monde sera complètement bourré», avait dit à l'AFP dans l'après-midi un partisan anglais, Danny Hart, 23 ans.

Attention à Turquie-Croatie

Ces scènes de violence urbaine renvoient 18 ans en arrière, presque jour pour jour et au même endroit: elles rappellent celles qui avaient entouré le match Angleterre-Tunisie les 14 et 15 juin 1998 au premier tour du Mondial et avaient impliqué des partisans anglais, tunisiens et de jeunes Marseillais.

L'UEFA, instance suprême du foot européen qui gère l'Euro-2016, a «fermement condamné» les «actes de violence» de «gens qui n'ont rien à faire dans le football».

Après Angleterre-Russie, le deuxième des cinq matches classés «niveau 3» sur une échelle de risques de 4 aura lieu dès dimanche: Turquie-Croatie au Parc des Princes à Paris (Gr. D).

Les trois autres sont Allemagne - Pologne (Gr. C, le 16 juin au Stade de France), Angleterre - Pays de Galles (Gr. B, le 16 juin à Lens) et Ukraine - Pologne (Gr. C, le 21 juin, encore à Marseille).

Tous feront l'objet d'un dispositif de maintien de l'ordre renforcé. Pour lutter contre le hooliganisme, le gouvernement a installé à Lognes, en Seine-et-Marne, un Centre de coopération policière internationale (CCPI), sorte de tour de contrôle durant l'Euro. Et 180 policiers des 23 pays étrangers participant à la compétition sont déjà en France.

Dans de telles circonstances, le sport et les trois matches du jour, Angleterre-Russie, qui s'est achevé sur un score nul de 1-1, Albanie-Suisse (0-1) et pays de Galles - Slovaquie (2-1) sont passés complètement au second plan.

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