Mondial 2026: 32, 40 ou 48 équipes?

En 1982 en Espagne, le Mondial est ainsi... (PHOTO PATRICK B. KRAEMER, ARCHIVES AP/KEYSTONE)

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En 1982 en Espagne, le Mondial est ainsi passé de 16 à 24 équipes puis à 32 en 1998 en France.

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Eric BERNAUDEAU
Agence France-Presse
Zurich, Suisse

Verra-t-on 48 équipes au Mondial 2026 et 80 matchs contre 32 équipes et 64 rencontres comme au Brésil en 2014 ? Réponse mardi avec une réunion de la FIFA où son président Gianni Infantino, partisan d'un élargissement, joue sa crédibilité.

La trentaine de membres du Conseil de la FIFA, le gouvernement du soccer mondial, doivent trancher entre plusieurs options. 

Soit le statu quo à 32 équipes, ou un format à 40 équipes (avec une version de 8 groupes de 5 et une autre de 10 groupes de 4), ou, encore, deux formats à 48 équipes. 

Dans la première version à 48, il y a un match éliminatoire entre 32 équipes dont les 16 vainqueurs rejoindraient 16 équipes déjà qualifiées. Le second projet à 48, le préféré d'Infantino, prévoit 16 groupes inédits  de 3, dont les deux premiers accèdent aux 16es de finale.

Le Mondial, compétition reine du sport roi, va-t-il connaître une nouvelle révolution ? Depuis sa première édition en 1930 en Uruguay, avec 13 sélections, il a beaucoup évolué, au rythme du développement de la société de consommation et de communication. 

En 1982 en Espagne, le Mondial est ainsi passé de 16 à 24 équipes puis à 32 en 1998 en France. Aujourd'hui, pour convaincre de l'utilité de passer à 48 équipes, Infantino avance des arguments massue : plus de pays auraient une chance de se qualifier, l'intérêt sportif en serait donc accru. Et dans le même temps, avec plus de rencontres et plus de pays impliqués, le Mondial générerait plus de revenus.

Gain de 640 millions de dollars US

Selon un rapport confidentiel de la FIFA, consulté par l'AFP, un Mondial à 48 équipes rapporterait 640 millions de dollars US supplémentaires par rapport aux prévisions du Mondial 2018 en Russie à 32 équipes.

Les revenus des droits de télévision progresseraient de 505 millions de dollars et ceux du marketing de 370 millions de dollars, selon cette même analyse transmise aux membres du Conseil.

Dans le même temps, les coûts d'organisation augmenteraient certes mais le tournoi pourrait encore se dérouler dans 12 stades, comme en 2018.

Cependant, les projections de la FIFA sont à prendre avec des pincettes. Les objectifs du Mondial en Russie semblent déjà difficiles à atteindre puisque deux parraineurs majeurs n'ont pas été remplacés.

Un format élargi, et notamment l'option à 48 équipes avec 16 groupes de 3, révélée début décembre par l'AFP, suscite des critiques.

Le président de l'UEFA, le Slovène Aleksander Ceferin a déploré fin décembre manquer « d'informations de la FIFA », estimant que le système actuel à 32 équipes « marche ».

L'Association des clubs européens (ECA), présidée par l'ex-international allemand Karl-Heinz Rummenigge, affiche son opposition, invoquant un calendrier déjà trop chargé pour les joueurs.

Qui gagnerait plus de places ? 

En revanche, le président du Real Madrid Florentino Pérez est proélargissement, comme il l'avait dévoilé à l'AFP : « Si le format qu'il [Infantino] propose prospère, il est certain que ce sera une bonne chose pour les clubs et le soccer en général ».

Et selon Mundo Deportivo, son homologue du Barça, Josep Bartomeu, soutient également Infantino. 

L'un des enjeux majeurs de la réforme réside dans le nombre de places supplémentaires allouées à chaque confédération, point crucial qui devrait donc être discuté mardi à Zurich. Si la répartition pour un Mondial à 40 est déjà connue - l'Europe notamment gagnerait une place (14 contre 13), l'Afrique deux et l'Asie une, notamment - celle pour un Mondial à 48 reste à arrêter.

Si l'Afrique ou l'Asie et les « petits » ont beaucoup à gagner d'un format élargi, comme lors du dernier Euro en France, il faut encore convaincre les indécis.

Et pour ce faire, l'ancien bras droit de Michel Platini à l'UEFA comptera une fois de plus sur les glorieux anciens, qu'il a réunis au sein de l'équipe des « Légendes ». Ils se produiront dans un match lundi matin au siège de la FIFA, devant la presse mondiale et à la veille d'une réunion cruciale. 

Parmi eux, l'attaquant camerounais Samuel Eto'o ou l'ancien champion du monde français David Trezeguet qui ont déjà dit tout le bien qu'ils pensaient d'un Mondial à 48. « Faites-le pour les pauvres, pour ceux qui n'ont pas tout le temps la chance de disputer une Coupe du monde ! », a lancé récemment Eto'o à l'adresse d'Infantino. Passe décisive ?

Les options et implications

Voici les différentes formules et leurs implications, à la lumière d'un rapport confidentiel de la FIFA, que l'AFP a consulté.

- Statu quo à 32 équipes : en vigueur depuis 1998, ce format offre un tableau simple (8 groupes de 4, les deux premiers qualifiés pour les 8es de finales), avec 64 matches sur 32 jours. Face à l'inflation du nombre de compétitions, ce statu quo à la faveur de la puissante Association des clubs européens (ECA), présidée par l'ex-international allemand Karl-Heinz Rummenigge et du nouveau président de l'UEFA, le Slovène Aleksander Ceferin.

- Mondial à 40 équipes, avec 8 groupes de 5 : le format qui réunit le moins de suffrages, car il augmente beaucoup le nombre de matchs (88), avec 4 rencontres par jour durant la phase de groupe. La durée reste la même (32 jours), tout comme le nombre de stades qu'en Russie en 2018 (12). Seul le vainqueur de chaque groupe accède directement aux quarts de finale.

- Mondial à 40 équipes avec 10 groupes de 4 : 76 matchs sur 32 jours. Le vainqueur de chaque groupe est qualifié pour les 8es de finale ainsi que les six meilleurs 2e. Quatre matchs par jour en phase de groupe, contre 3 aujourd'hui.

- Mondial à 48 équipes avec un match éliminatoire préalable entre 32 équipes : première proposition à 48 équipes formulée par Infantino. Il s'agit in fine d'un tournoi classique à 32 équipes : 16 équipes seraient directement qualifiées, les 16 autres y accéderaient à l'issue d'un match éliminatoire unique (32 engagés), avant le début du tournoi. Principal inconvénient : les équipes perdantes en éliminatoires suivraient une longue préparation pour ne disputer qu'un match. Durée : 32 jours plus 6 à 7 jours pour les matchs éliminatoires.

- Mondial à 48 équipes avec 16 groupes de 3 : dernière proposition formulée par Infantino et qui semble avoir le plus de chances d'être adoptée mardi. Les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés pour les 16es de finale. Mondial à 80 matchs, sur 32 jours et sur 12 stades. Selon l'analyse confidentielle réalisée par la FIFA et que l'AFP a consulté, un Mondial à 48 équipes rapporterait 640 millions de dollars de plus que le Mondial 2018 en Russie à 32 équipes. 

Les dirigeants de la FIFA auront plusieurs sujets de réflexion : Y a-t-il un risque de baisse du niveau sportif d'un Mondial élargi ? Cette critique fut formulée contre l'Euro à 24 équipes. Quelle nouvelle répartition des places supplémentaires allouées à chaque confédération ? Le rapport reste muet sur cette répartition dans une formule à 48 équipes avec 16 groupes de 3.




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