Leicester: un titre historique, et maintenant?

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L'entraîneur de Leicester City, Claudio Ranieri (à droite), a été entouré par des fans du club à sa sortie d'un restaurant, mardi.

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Justin Tallis, Colin Droniou
Agence France-Presse
Leicester

Le champagne coule à flots mais gare à la gueule de bois: le titre historique de champion d'Angleterre décroché lundi par Leicester est source de gloire et de manne financière accrue, mais l'expose aussi à des dangers nouveaux.

«Je ne sais pas s'il y a un secret, a timidement déclaré mardi à Sky l'entraîneur italien Claudio Ranieri. C'est les joueurs, le coeur, l'âme et la façon de jouer. C'est une performance incroyable. On voulait faire quelque chose de spécial, mais personne ne pouvait imaginer cela.»

> Charles Dubé: Leicester City: des champions hors normes

Car son équipe vient d'accomplir l'un des exploits les plus retentissants de l'histoire du soccer européen en étant sacrée championne d'Angleterre alors qu'elle semblait promise à la relégation en début de saison.

Ce sacre récompense une saison menée tambour battant devant des géants comme Chelsea, Manchester United, Manchester City ou Liverpool, grâce à des joueurs de second rang devenus des stars: l'Anglais Jamie Vardy, l'Algérien Riyad Mahrez ou le Français N'Golo Kanté.

Après avoir fait la fête ensemble toute la nuit, les joueurs, accompagnés de Ranieri et même du propriétaire thaïlandais du club, Vichai Srivaddhanaprabha, se sont retrouvés mardi... dans une pizzeria du centre-ville pour communier encore.

Viendra ensuite le temps de la réflexion, car le club s'est réveillé assis sur un tas d'or qu'il lui faut gérer au mieux.

Garder les joueurs

«C'est un conte de fée comme seul le football peut l'écrire», s'est ébahi mardi le président de la Fifa, Gianni Infantino.

«Les miracles n'existent pas dans le football. Ranieri et les joueurs ont accompli un travail phénoménal», a nuancé Zinedine Zidane, le Ballon d'Or 1998 et aujourd'hui entraîneur du Real Madrid, avant la demi-finale de Ligue des champions contre Manchester City.

Le conte est certes beau, mais il serait trompeur de caricaturer le nouveau champion en club sans le sou, puisque Vichai Srivaddhanaprabha est milliardaire, roi du «duty-free».

Il n'en reste pas moins que Leicester lutte loin des cadors de la richissime Premier League sur le plan financier.

En 2010, alors en deuxième division, le club avait été cédé pour 51 millions d'euros. Il est aujourd'hui valorisé à 552 millions d'euros. Ce qui est énorme, mais reste très loin des deux clubs de Manchester, United et City, évalués à trois milliards.

Depuis, son avisé propriétaire aurait cumulé 130 millions d'euros d'investissements dans son club, dont une centaine en achats de joueurs, quand Manchester City, par exemple, a dépensé plus d'un milliard depuis 2008.

Après ce titre et dans la perspective de la très exigeante Ligue des champions la saison prochaine, ses joueurs sont le bien le plus précieux du club.

«Leicester n'est pas une équipe qui va vendre des joueurs (...) Nous cherchons à créer les bases d'une équipe, a déclaré mardi à la télévision thaïlandaise Aiyawatt Srivaddhanaprabha, vice-président et fils du propriétaire. Tous les joueurs souhaitent rester et veulent voir jusqu'où ils peuvent aller.»

Les Foxes ont été inspirés en prolongeant jusqu'en 2019 Riyad Mahrez (décembre) et Jamie Vardy (février), dont la valeur dépasse désormais 40 millions d'euros.

Ils auront, en revanche, peut-être du mal à garder N'Golo Kanté, recruté l'an passé et aujourd'hui très demandé même s'il est lui aussi lié jusqu'en 2019.

Et les autres piliers de l'équipe, les défenseurs Wes Morgan (fin de contrat en 2017), Robert Huth et le gardien Kasper Schmeichel (2018 pour les deux), voudront peut-être profiter d'une exposition à laquelle ils ne sont pas habitués.

Droits de télévision

Entre garder tout son monde, faire exploser sa masse financière en primes et prolongations ou ouvrir son groupe au compte-gouttes pour procéder à un appel d'air, l'équilibre est précaire.

«Il va falloir prendre des joueurs confirmés qui connaissent le niveau» de la Ligue des champions, estime Tim Bridge, analyste chez Deloitte.

À 64 ans, Ranieri, lui, aimerait prolonger son contrat alors qu'il lui reste deux ans.

Sur le plan financier, ce titre coïncide avec une nouvelle répartition encore plus avantageuse des droits de télévision de la richissime Premier League.

Leicester, 14e du championnat l'an passé, avait reçu 91 millions d'euros de droits et généré 132 millions de revenus divers, dont 33 millions de bénéfices dans ce club bien géré.

Cette saison, il devrait toucher 114 millions d'euros de la Premier League: en ajoutant les 30 millions minimum de participation à la Ligue des champions ainsi que d'autres revenus divers, la valorisation de son titre devrait lui rapporter 200 millions d'euros environ, calcule le cabinet Deloitte.

Au bas mot, certains experts s'attendent à 30% de recettes supplémentaires. Mais les Foxes, qui évoluent dans une ville de 330 000 habitants et un stade limité à 32 000 places, doivent aussi éviter une trop soudaine crise de croissance.

«Le club a augmenté sa visibilité et peut attirer les commanditaires, explique Spencer Nolan, analyste chez Repucom UK&I. La clé maintenant, c'est d'optimiser ces atouts.»

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