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La FIFA réclame des millions à ses ex-dirigeants poursuivis

Deux semaines après l'élection de Gianni Infantino à la présidence en... (PHOTO ARCHIVES AFP)

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Eric BERNAUDEAU
Agence France-Presse
Zurich

Deux semaines après l'élection de Gianni Infantino à la présidence en remplacement de Sepp Blatter, la FIFA demande des comptes à ses anciens dirigeants indélicats poursuivis aux États-Unis et accusés d'avoir détourné plus de 200 millions de dollars.

Deux semaines après l'élection de Gianni Infantino à la présidence en remplacement de Sepp Blatter, la FIFA demande des comptes à ses anciens dirigeants indélicats poursuivis aux États-Unis et accusés d'avoir détourné plus de 200 millions de dollars.

Secouée par le pire scandale de son histoire, la FIFA, se basant sur l'enquête de la justice américaine, accuse également l'Afrique du Sud d'avoir acheté le Mondial-2010, en versant 10 millions de dollars de pot de vin, notamment au sulfureux Jack Warner, selon des documents rendus publics mercredi.

Un peu plus tard dans la soirée, la FIFA a transmis à la presse une «clarification» dans laquelle elle estime cependant que l'acte d'accusation américain «ne prétend pas que l'Afrique du Sud a "acheté" la Coupe du monde contre des pots de vin. La FIFA ne le prétend pas non plus».

«L'acte d'accusation américain, sur lequel la FIFA fait reposer sa demande de restitution, accuse simplement certains individus de comportements criminels», a précisé la FIFA.

Surtout, la FIFA s'estime spoliée par ses anciens dirigeants. La Fédération internationale a indiqué avoir «transmis des documents aux autorités américaines pour réclamer des dizaines de millions de dollars» auprès de 39 anciens dirigeants du football mondial, dont des anciens vice-présidents de la FIFA, poursuivis par la justice américaine pour corruption.

Dans un document de 21 pages, la fédération internationale, qui se pose en «victime», explique que durant «de nombreuses années, les accusés ont largement abusé de leur position pour s'enrichir personnellement, causant un dommage significatif et direct à la FIFA». «Alors que l'enquête se poursuit, les pertes peuvent être estimées à des dizaines de millions de dollars», ajoute le document.

«Nous ne savons pas encore combien précisément nous pouvons réclamer», a précisé une source proche de la FIFA. «Cela dépendra de la somme finale que les autorités américaines récupèreront auprès des accusés. Mais il s'agit d'un montant très substantiel.»

«Plus de 190 millions de dollars» détournés

Ce nouvel épisode d'une procédure américaine ouverte en mai 2015 marque une rupture. Il intervient juste après l'élection le 26 février de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA, alors que son prédécesseur Sepp Blatter, contraint à la démission, est lui mis en examen par la justice suisse.

«Quand la FIFA aura récupéré cet argent, il retournera à son but initial, le développement du football international», a réagi Gianni Infantino, cité dans un communiqué. «La FIFA veut récupérer cet argent et nous sommes déterminés à y parvenir, peu importe le temps que cela prendra», a poursuivi l'ancien secrétaire général de l'UEFA, qui s'est lancé avec succès dans la conquête de la FIFA alors que son président Michel Platini, a dû renoncer en raison d'une suspension de 6 ans pour un paiement controversé de 1,8 M EUR reçu de Sepp Blatter.

Selon l'enquête américaine, à la base de la démarche de la FIFA, les 39 anciens responsables du football mondial et deux sociétés de gestion de droits marketing mis en cause ont détourné «plus de 190 millions de dollars». À ce jour, «plus de 100 M USD ont été identifiés, récupérés ou gelés aux États-Unis et à l'étranger».

Parmi les cerveaux présumés de ce vaste réseau de corruption figurent le Trinidadéen Jack Warner, ex-président de la Confédération d'Amérique du Nord et des Caraïbes (CONCACAF) et ancien vice-président de la FIFA ainsi que Jeffrey Webb, originaire des îles Caïman, ex-président de la CONCACAF et lui aussi ancien vice-président de la FIFA.

Arrêté à Zurich, Webb, qui plaide non coupable, a été extradé aux États-Unis tandis que Warner est sous le coup d'une demande d'extradition américaine.

Webb mène grand train

Sur la base de l'enquête américaine, la FIFA accuse également Warner et Chuck Blazer, ancien secrétaire général de la CONCACAF, d'être les bénéficiaires d'une opération d'achats de vote pour l'attribution du Mondial-2010 en Afrique du Sud.

Pour obtenir ce Mondial, le Comité de candidature du Mondial 2010 en Afrique du Sud a «offert un pot-de-vin de 10 M USD en échange des voix de Warner, Blazer et d'un troisième membre du comité exécutif», assure la FIFA.

Mais la FIFA ne réclame pas seulement le fruit des pots-de-vin et autres fraudes, elle veut également récupérer les salaires et avantages versés aux accusés, pour un montant total, depuis 2004, de 28 M USD.

À Blazer, longtemps membre de son comité exécutif, la FIFA réclame 5,4 M USD (4,8 M EUR). La FIFA demande aussi 3,5 M USD à un autre membre du gouvernement du foot mondial, le Brésilien Ricardo Teixeira, gendre de l'ancien président de la FIFA Joao Havelange.

Mais reste encore à connaître précisément ce que les accusés ont véritablement amassé durant toutes ces années.

C'est dans ce sens que la FIFA a demandé à la justice américaine d'évaluer le patrimoine de Jeffrey Webb.

Extradé aux États-Unis et remis en liberté contre une caution de 10 M USD, Webb continue de mener grand train. À l'appui de leur demande, les avocats de la FIFA ont joint un article de presse qui, photos à l'appui, montre que le 8 février, Webb a encore célébré en grande pompe les 40 ans de son épouse Kendra, dans leur demeure d'Atlanta.

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