FIFA: une élection en terrain miné

Le Cheikh Salman, patron de la Confédération asiatique,... (Photo Arnd Wiegmann, Reuters)

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Le Cheikh Salman, patron de la Confédération asiatique, est l'un des deux favoris pour succéder à Sepp Blatter à la tête de la FIFA.

Photo Arnd Wiegmann, Reuters

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Éric Bernaudeau
Agence France-Presse
Zurich

Le nouveau président de la FIFA pourra-t-il reconstruire sur le champ de ruines laissé par le scandale planétaire de corruption? Voilà l'enjeu du scrutin qui départagera vendredi Gianni Infantino et le Cheikh Salman, les deux favoris pour succéder à Sepp Blatter, dont le règne s'est achevé par la pire crise de l'instance née en 1904.

La question n'est plus tant de savoir qui de Infantino, juriste Italo-Suisse de 45 ans, N.2 de l'UEFA, ou le Cheikh Salman, Bahreïni de 50 ans, patron de la Confédération asiatique, l'emportera lors de l'élection à Zurich. Mais de savoir si la FIFA se relèvera.

Depuis neuf mois, l'instance suprême du ballon rond vit au rythme des scandales de corruption à échelle planétaire, des vagues d'arrestations et autres rebondissements des enquêtes menées par les États-Unis et par la Suisse.

Le nouveau patron de la FIFA pourra-t-il prononcer le mot football sans que celui-ci renvoie à la rubrique justice des journaux? Les suspicions qui planent sur l'attribution des récents Mondiaux, notamment celui que le Qatar doit organiser en 2022, seront-elles un jour levées?

«Nous avons tous conscience que la FIFA, à travers ce congrès, est à un croisement», a reconnu Infantino jeudi. «Nous avons vécu des moments difficiles, mais c'est le premier pas d'une étape dans laquelle le football réussira à surmonter les épreuves», veut croire le Cheikh Salman.

Tous deux sont les grands favoris, comme le confirme un décompte des intentions de vote réalisé par l'AFP, loin devant le Prince jordanien Ali, le Sud-Africain Tokyo Sexwale, compagnon de prison de Nelson Mandela, et le Français Jérôme Champagne.

Le nouveau président sera élu par les 209 fédérations membres de la FIFA, qui disposent chacune d'une voix (voire 207 si l'Indonésie et le Koweït, suspendus, sont privés de vote, ce qui sera tranché vendredi matin). Le scrutin devrait débuter vers 14h00, alors que le Congrès s'ouvrira à 09h30.

L'Afrique derrière Salman

Restaurer la confiance et l'image d'une institution en perdition: c'est le plus gros chantier auquel sera confronté l'homme qui prendra place dans le siège occupé pendant 17 ans par Blatter, jusqu'au 2 juin 2015, jour où le Suisse avait jeté l'éponge.

Blatter, tout juste réélu le 29 mai pour un 5e mandat à 79 ans (il fêtera ses 80 ans le 10 mars), n'avait plus le choix. La pression était devenue intolérable depuis le 27 mai et le tremblement de terre provoqué par l'arrestation de sept hauts responsables du football mondial au petit matin dans un luxueux hôtel de Zurich, accusés d'avoir reçu des millions de dollars de pots-de-vin.

Depuis, les arrestations, extraditions, procédures pénales en tout genre se sont succédé. À un rythme infernal. Grand public et commanditaires ont manifesté à maintes reprises leur dégoût devant la corruption d'une ampleur «inconcevable» dénoncée par la ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch.

Le Cheikh Salman peut l'emporter s'il bénéficie du soutien annoncé et réaffirmé jeudi de l'Afrique, plus gros réservoir de voix (54 sur 209). «Je m'attends à ce que les fédérations africaines votent pour le Cheikh Salman, je pense qu'il s'agira d'un (vote en) bloc», a ainsi souligné Suketu Patel, premier vice-président de la Confédération africaine de football.

Platini soutient Infantino

Mais les critiques pleuvent déjà: l'ONG Reporters sans frontières (RSF) jugerait «inacceptable» que le Bahreïni soit élu, car il «incarne un régime qui a réprimé les journalistes pendant des années». D'autres ONG l'accusent d'avoir joué un rôle dans la répression des soulèvements démocratiques dans son pays en 2011, ce qu'il a toujours nié.

Son principal rival, Infantino, a reçu pour la première fois de la campagne le soutien de Michel Platini. «On a travaillé neuf ans ensemble. C'est un bosseur. J'ai confiance en lui», déclare le Français dans un entretien à paraître vendredi dans L'Équipe.

Platini était LE grand favori quand il s'est présenté le 29 juillet. Mais depuis, le président de l'UEFA a été mis hors jeu par l'affaire du paiement controversé de 1,8 M EUR versé sur la base d'un contrat oral en 2011 par Blatter pour un travail de conseiller achevé en 2002.

Suspendu huit ans le 21 décembre par la justice interne de la FIFA, tout comme Blatter, Platini  s'est retiré de la course à l'élection et Infantino a été choisi par l'Europe comme son candidat de substitution.

La chambre d'appel de la FIFA a réduit mercredi à six ans la peine de Blatter et Platini, qui se sont tournés en dernier recours vers le Tribunal arbitral du sport (TAS), plus haute juridiction sportive.

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