FIFA: une élection entre incertitudes et chaos

Les candidats Gianni Infantino, secrétaire général de l'UEFA,... (PHOTO MIKE HUTCHINGS, REUTERS)

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Les candidats Gianni Infantino, secrétaire général de l'UEFA, et Tokyo Sexwale discutent lors d'un point de presse à Cape Town, le 22 février.

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Eric BERNAUDEAU
Agence France-Presse
ZURICH

Avant l'élection du successeur de Sepp Blatter à la tête de la FIFA, les cinq candidats en lice jettent leurs dernières forces dans une bataille incertaine, conscients qu'entre les affaires judiciaires et l'absolue nécessité de réformer une institution au bord du chaos, la tâche s'annonce immense.

Seront-ils encore cinq vendredi au moment où les 209 fédérations déposeront leur bulletin dans l'urne? Rien n'est moins sûr mais Gianni Infantino, secrétaire général de l'UEFA est l'un des favoris, l'a encore assuré dimanche dans le journal suisse Le Matin: « Le temps n'est pas aux accords. La question ne se pose pas ».

Face à l'Italo-Suisse de 45 ans, né à Brigue, dans le Haut-Valais, à moins de 10 km de Viège, village natal... de Joseph Blatter; le président de la Confédération asiatique, le Cheikh bahreini Salman Bin Ebrahim Al Khalifa, l'autre grand favori.

Si Infantino, à grand renfort de déplacements en jet dans le monde entier, a reçu le soutien de l'UEFA, de la Confédération sud-américaine (CONMEBOL) et de l'Union d'Amérique centrale de soccer (UNCAF), Salman peut lui se prévaloir de l'appui officiel de la Confédération africaine (CAF), même si certaines voix, comme celle du Soudan du Sud qui a choisi Infantino, pourraient manquer à l'appel.

Le Prince jordanien Ali, candidat malheureux en mai dernier face à Blatter, désormais en difficulté pour rassembler sur son nom, a dénoncé de son côté les tentatives de négocier des votes en bloc, désignant implicitement les deux poids lourds, Infantino et Salman.

Sexwale trop discret 

« Je ne suis pas un candidat qui tente d'utiliser des comités exécutifs ou des confédérations pour influencer le vote dans un certain sens », a-t-il déclaré récemment.

« Quand d'autres candidats choisissent de faire pression sur les régions et de diviser le monde, alors oui, je le dis, c'est une mauvaise chose », a-t-il encore lancé.

Les deux derniers postulants, le Français Jérôme Champagne, ancien diplomate et ex-secrétaire général adjoint de la FIFA et l'homme d'affaires sud-africain Tokyo Sexwale, ont eu du mal à exister. Sexwale a même été tancé par sa propre fédération pour sa trop grande discrétion.

Champagne qui promet d'accroître l'aide au développement des fédérations les moins nanties, a encore assuré dans un récent entretien au Figaro que « Sepp Blatter a fait du bien au soccer ».

« Je n'ai pas honte de mes 11 ans à la FIFA », confie le Français, estimant que « pour mener les réformes, il faut connaître l'institution de l'intérieur ». Mais quel que soit le nom du prochain président de la FIFA, la tâche qui lui incombe s'annonce lourde et périlleuse.

Aux procédures menées par la justice interne de la FIFA et à celles lancées par la justice américaine, visant une quarantaine de prévenus, dont des anciens vice-présidents de la FIFA et membres du comité exécutif, s'ajoute une procédure pénale ouverte par la justice suisse.

Reconquérir les commanditaires 

Dans le cadre de cette procédure suisse, Sepp Blatter a été mis en examen pour « gestion déloyale » et « abus de confiance », notamment pour un paiement sans contrat écrit de 1,8 million d'euros à Michel Platini, lequel a été entendu comme témoin assisté. Pour ce paiement intervenu 9 ans après la fin de la mission, les deux hommes ont été suspendus huit ans.

« J'espère que les questions pénales seront traitées jusqu'au bout, mais que ce soit fait rapidement, pour que l'on puisse reparler de soccer », a souhaité dimanche Infantino, conscient que la tâche du futur président de la FIFA « ne sera pas aisée ».

Dans ce contexte, l'un des enjeux sera de retrouver la confiance du public et des commanditaires, ces derniers contribuant à faire de la FIFA la fédération sportive la plus prospère au monde mais aussi la plus décriée, avec 4,8 milliards de dollars de revenus générés par le dernier Mondial au Brésil.

Pour y parvenir, des réformes profondes s'imposent comme la limitation du cumul des mandats, un contrôle de l'intégrité des élus et plus de transparence dans les rémunérations et les contrats.

« Une vraie transparence, c'est la pierre angulaire de la nouvelle FIFA », assure Infantino. C'est par elle que la fédération pourra regagner respect et crédibilité ».

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