FIFA: un nouveau coup de filet éclipse les réformes

Les vice-présidents de la FIFA Alfredo Hawit et Juan... (PHOTOS ORLANDO SIERRA ET NORBERTO DUARTE, ARCHIVES AFP)

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Les vice-présidents de la FIFA Alfredo Hawit et Juan Angel Napout ont été arrêtés jeudi à Zurich.

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Eric Bernaudeau, Philippe Grelard
Agence France-Presse
Zurich

Arrestations à la FIFA, saison 2: six mois après un premier coup de filet pour des soupçons de corruption, deux des vice-présidents ont été interpellés jeudi à l'aube à Zurich à la demande des États-Unis et ce nouveau coup de tonnerre a éclipsé les premières propositions de réformes.

Un goût de déjà vu? Comme le 27 mai, le luxueux hôtel Baur au Lac de Zurich, qui héberge les dirigeants de la FIFA quand ils se réunissent, a été le théâtre d'une opération de la police suisse à l'aube.

Les responsables arrêtés à 6h (minuit heure du Québec) sont deux vice-présidents de l'instance suprême du soccer mondial: le Paraguayen Juan Angel Napout et le Hondurien Alfredo Hawit Banegas, a indiqué l'Office fédéral de la justice suisse (OFJ). Ils s'opposent à leur extradition vers les États-Unis.

Napout préside la Confédération sud-américaine (CONMEBOL) et Hawit est le chef par intérim de la Confédération d'Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes (CONCACAF), toutes deux au centre des soupçons depuis que les scandales de corruption à grande échelle ont éclaté à la fin mai.

«Ces cadres haut placés auraient été payés en l'échange de la vente de droits de marketing en lien avec la diffusion de tournois en Amérique latine et de qualifications pour la coupe du monde», a détaillé dans un communiqué le ministère suisse de la Justice, en précisant que «ces personnes auraient accepté des pots-de-vin de plusieurs millions».

Ce nouveau coup de filet intervient au lendemain du cinquième anniversaire de l'attribution du Mondial 2022 au Qatar, procédure entachée de soupçons de malversations, également au coeur du tourbillon qui secoue la FIFA.

Et il tombe on ne peut plus mal alors que le comité exécutif de la FIFA est réuni depuis mercredi à Zurich pour présenter les premières réformes censées restaurer la crédibilité de l'instance.

«La FIFA n'est pas corrompue»

Les travaux du gouvernement du soccer mondial se sont tout de même poursuivis comme prévu jeudi matin. Résultat? Le principal changement, approuvé à l'unanimité des membres du Comité mais qui doit encore être ratifié par le Congrès du 26 février, est que les mandats cumulés du président ne pourront excéder 12 ans (trois mandats de quatre ans). Le 29 mai, Joseph Blatter avait été réélu pour un cinquième mandat, avant de devoir y renoncer sous la pression, dans l'attente des élections du 26 février.

Cela contentera-t-il les principaux commanditaires de la FIFA? Coca-Cola, McDonald's, Visa, AB Inbev et Adidas ont à nouveau mis la pression mardi en demandant que le processus de réforme soit supervisé par une entité indépendante.

Par ailleurs, un projet de passer de 32 à 40 équipes à partir du Mondial 2026, qui apparaît hors-sujet vu le contexte, a été repoussé à une date ultérieure, faute d'accord jeudi.

La conférence de presse qui a suivi les travaux du comité exécutif en début d'après-midi a été totalement parasitée par les arrestations de la matinée.

Issa Hayatou, président intérimaire depuis que Blatter a été suspendu jusqu'au 5 janvier 2016, a repris devant les journalistes la formule standard de son prédécesseur: «La FIFA n'est pas corrompue, il y a des individus qui ont fait preuve d'un mauvais comportement.»

Qu'en est-il de l'âge limite?

Le Camerounais, 69 ans, qui a subi une transplantation rénale mi-novembre est apparu somnolent pendant le long exposé du président du comité des réformes François Carrard. Et il a dû se défendre personnellement.

«Je ne suis pas corrompu, si j'étais corrompu je ne serais pas là (à la FIFA)», a ainsi lancé le patron du soccer africain. En juin, il avait reconnu dans le magazine Jeune Afrique un versement de «1,8 million de dollars» à la Confédération africaine de soccer par les Qataris «pour pouvoir exposer leur projet (de candidature au Mondial 2022) lors du congrès» de Luanda en janvier 2010.

«Les évènements (les arrestations de la matinée, NDLR) montrent la nécessité des réformes», a assuré Hayatou, qui n'a pas commenté davantage les derniers développements policiers.

Certains projets de réforme ont en tout cas complètement disparus. Qu'en est-il de la limite d'âge du président? «Certaines personnes deviennent sourdes et muettes quand elles atteignent 35 ans», a commenté M. Carrard, se servant de cette image pour dire que certains seniors ouvraient au contraire les yeux et les oreilles devant les problèmes. Blatter avait 79 ans quand il avait été réélu le 29 mai.

Il faut maintenant lui trouver un successeur. À ce jour, cinq candidats ont été admis à se présenter, puisque la candidature de Michel Platini est gelée le temps de sa suspension, jusqu'au 5 janvier, pour ce fameux paiement controversé reçu de Blatter (également suspendu) en 2011 pour un travail de conseiller achevé en 2002.

Les cinq en lice sont le Prince Ali de Jordanie, le cheikh Salman du Bahreïn, le Suisse Gianni Infantino, le Français Jérôme Champagne et le Sud-Africain Tokyo Sexwale.

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