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FIFA: le destin de Blatter et Platini entre les mains de la commission d'éthique

Le président de la FIFA, Sepp Blatter (à... (Photo Michael Buholzer, archives AFP)

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Le président de la FIFA, Sepp Blatter (à gauche), est visé personnellement par une procédure pénale suisse pour un versement présumé illégal de deux millions de francs suisses (2,7 millions $ CAN) en faveur de Michel Platini (à droite).

Photo Michael Buholzer, archives AFP

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Éric Bernaudeau
Agence France-Presse
Zurich

Le destin de Blatter et Platini est entre les mains de la commission d'éthique de la FIFA, réunie jusqu'à vendredi, avec dans le pire des scénarios un carton rouge final pour le Suisse, patron du soccer mondial depuis 17 ans, et l'inéligibilité pour le Français, grand favori à sa succession.

Selon un ancien proche du président sortant de la FIFA, Klaus Stoehlker, cité par plusieurs médias britanniques mercredi en fin d'après-midi, la chambre d'instruction de la commission d'éthique a recommandé à la chambre de jugement que Sepp Blatter soit suspendu 90 jours.

Interrogées par l'AFP, les deux chambres de la commission d'éthique se sont cependant refusées à tout commentaire, tout comme la FIFA.

Un proche de Blatter, qui était à ses côtés en fin d'après-midi, a lui démenti auprès de l'AFP qu'une telle recommandation ait été portée à sa connaissance: «J'étais avec le président Blatter il y a 30 minutes, et aucune information de ce genre ne nous a été communiquée», a insisté ce proche, sous le sceau de l'anonymat.

En juin, Stoehlker s'était déjà exprimé dans la presse au nom de Blatter, mais la FIFA avait dénié toute légitimité à cet ex-conseiller du président, insistant sur le fait que ses fonctions avaient pris fin le 31 mai.

L'imminence de la réunion de la commission d'éthique était un secret de Polichinelle, mais la FIFA était restée muette jusque-là. Et l'information a finalement fuité de façon rocambolesque, via un communiqué du Sénégalais Abdoulaye Diop, membre de la commission, publié lundi à Dakar mais passé complètement inaperçu jusque là!

La nouvelle est pourtant d'importance. Véritable tribunal de la FIFA, la commission d'éthique, qui examine aussi depuis lundi à Zurich le cas d'un autre candidat à la présidence, le Sud-Coréen Chung Mong-joon, pourrait en théorie suspendre les trois hommes.

Un coup de tonnerre qui bouleverserait la donne pour l'élection du prochain président de la FIFA, le 26 février, avec la mise hors jeu du sortant Blatter, du principal prétendant à sa succession Platini, et de l'outsider sud-coréen. La date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au 26 octobre.

Platini pas encore entendu

Le président démissionnaire fait l'objet d'une procédure pénale suisse, notamment pour un versement en 2011 de 2 millions de francs suisses (2,7 millions $ CAN) à Michel Platini, président de l'UEFA. Déjà entendu par la justice dans le cadre de ce dossier, l'ancien capitaine de l'équipe de France ne l'avait toujours pas été par la commission d'éthique mercredi soir et n'avait même pas reçu de convocation, selon son entourage, contacté par l'AFP.

Blatter est également accusé par la justice d'avoir «signé un contrat défavorable» à la FIFA avec l'Union caribéenne de soccer. Le Suisse aurait vendu très en-dessous des prix du marché les droits de télédiffusion des Mondiaux 2010 et 2014.

Quant à Chung, on lui reproche d'avoir voulu favoriser la Corée du Sud dans l'attribution du Mondial 2022, finalement octroyé au Qatar. De son propre aveu, il est sous la menace d'une suspension de 19 ans.

Mercredi soir, un porte parole du milliardaire sud-coréen a indiqué à l'AFP qu'à sa connaissance, aucune sanction n'avait encore été prise.

Les décisions de la commission d'éthique revêtent un énorme enjeu. Une suspension serait certes susceptible d'appel devant la commission des recours de la FIFA, puis devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), mais sans effet suspensif. Objets d'une telle sanction, Platini et Chung ne pourraient alors pas se présenter à l'élection du 26 février.

Ce qui ne laisserait plus sur le terrain que des postulants de second ordre, comme le prince jordanien Ali bin Al Hussein, l'ancienne star du soccer brésilien Zico et le président de la Fédération du Liberia, Mussa Bility.

Un outsider pourrait également se déclarer: le Sud-Africain Tokyo Sexwale, ancien compagnon de cellule de Nelson Mandela, nommé récemment à la tête du Comité de surveillance de la FIFA pour Israël et la Palestine.

«Tueur à gages de Blatter»

Président de la FIFA depuis 1998, Blatter, 79 ans, dont 40 ans à la FIFA, avait remis son mandat à disposition le 2 juin, quatre jours après sa réélection, en raison du scandale de corruption qui venait d'éclabousser la Fifa.

«J'arrêterai le 26 février. Après ce sera terminé. Mais pas un jour plus tôt», a-t-il encore martelé dans une interview au magazine allemand Bunte mercredi, rejetant une nouvelle fois l'idée d'un départ prématuré.

Le 29 septembre, dans un entretien à l'AFP, Platini avait de son côté affirmé avoir «personnellement pris l'initiative de contacter la commission d'éthique» pour s'expliquer. «Je ne crains aucune suspension car je n'ai rien à me reprocher».

Pour Chung, membre de la dynastie Hyundai, les dés seraient de toutes façons pipés. Selon lui, la commission d'éthique, «tueur à gages de M. Blatter», est téléguidée par ce dernier pour torpiller sa candidature.

La FIFA est actuellement l'objet de deux enquêtes judiciaires, aux États-Unis et en Suisse. L'une contre la supposée corruption au coeur de la FIFA, l'autre autour de l'attribution des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar.

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