FIFA: la Suisse approuve une première extradition

Eugenio Figueredo, l'ancien vice-président de la Confédération sud-américaine... (Photo Juan Mabromata, AFP)

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Eugenio Figueredo, l'ancien vice-président de la Confédération sud-américaine de football et ancien vice-président de la FIFA, est soupçonné d'avoir accepté des pots-de-vin pour des montants s'élevant à plusieurs millions de dollars de la part d'une société de marketing sportif uruguayenne.

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Pierre Taillefer
Agence France-Presse
Genève

Le tsunami déclenché en mai dernier contre la FIFA a franchi une étape de procédure importante avec l'accord jeudi de la justice suisse pour une première extradition vers les États Unis d'un ancien haut cadre de l'instance mondiale, empêtrée dans un vaste scandale de corruption.

Eugenio Figueredo, l'ancien vice-président de la Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL) et ancien vice-président de la Fédération internationale de football (FIFA), arrêté le 27 mai à Zurich en même temps que six autres cadres de la FIFA à la demande des États-Unis, a 30 jours pour faire appel de la décision devant le Tribunal pénal fédéral.

La justice suisse avait promis de traiter rapidement les demandes américaines et même si M. Figueredo utilise les recours encore possibles, le moment d'un départ forcé vers New York approche.

M. Figueredo s'était opposé à son extradition. Parmi les responsables interpellés deux jours avant l'ouverture du congrès de la FIFA un seul avait accepté son extradition vers les États-Unis. Il s'agit de Jeffrey Webb (Iles Caïman), vice-président de la FIFA et président de la CONCACAF (démis depuis). Après avoir plaidé non coupable devant un tribunal de New York, le 18 juillet, il a été remis en liberté contre une caution de 10 millions de dollars.

Figueredo est soupçonné d'avoir accepté des pots-de-vin pour des montants s'élevant à plusieurs millions de dollars de la part d'une société de marketing sportif uruguayenne dans le cadre de l'attribution des droits de marketing pour les éditions de la Copa America 2015, 2016, 2019 et 2023.

Le parquet de New York reproche par ailleurs à Figueredo d'avoir obtenu la nationalité américaine grâce notamment à de faux certificats médicaux présentés en 2005 et 2006. Le parquet avait délivré un mandat d'arrêt contre lui le 20 mai et la demande d'extradition à la Suisse a été transmise par les États-Unis le 1er juillet. Depuis son arrestation M. Figueredo a été maintenu en détention, ainsi que les autres responsables en attente d'extradition.

Toutes les conditions réunies

L'Office fédral de la justice suisse (OFJ) a établi dans sa décision que toutes les conditions de l'extradition étaient réunies. En particulier, les faits décrits sont punissables en droit suisse (condition de la double incrimination), souligne le communiqué de l'OFJ.

Le code pénal suisse réprimerait par ailleurs la présentation de faux certificats médicaux dans une procédure de naturalisation, ajoute le communiqué.

Au total, 14 personnes sont pour le moment inculpées par la justice new-yorkaise: neuf membres de la FIFA, tous d'Amérique du Sud ou centrale, et cinq hommes d'affaires, dans le secteur du marketing sportif. L'enquête américaine parle de 150 millions de dollars en pots-de-vin et rétrocommissions, depuis 25 ans.

Les enquêtes sur les soupçons de corruption à la FIFA n'en sont «pas encore à la mi-temps». «De nouvelles personnes et organisations» sont en ligne de mire et des appartements ont été saisis dans les Alpes suisses, avaient annoncé lundi le procureur général suisse Michael Lauber et la ministre américaine de la Justice, Mme Loretta Lynch, en visite à Zurich à l'occasion d'un congrès. C'est elle qui avait lancé l'enquête américaine visant l'instance dirigeante du football mondial quand elle était procureur à New York.

«Nous avons bon espoir d'extrader vers les USA les personnes» arrêtées en mai, avait alors déclaré Mme Lynch.

Pour le volet suisse de l'enquête, sur les conditions d'attribution des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar, ouverte suite à une plainte de la FIFA elle même, «des actifs financiers ont été saisis, y compris des appartements dans les Alpes suisses», avait révélé M. Lauber, ouvrant la porte à d'autres interpellations.

Pour le moment, Joseph Blatter, président de la FIFA en sursis depuis sa démission surprise du 2 juin, quatre jours à peine après sa réélection pour un cinquième mandat, n'a pas été auditionné. Un congrès extraordinaire de la FIFA en février doit désigner son successeur. En attendant le Valaisan Joseph Blatter évite de voyager hors de Suisse.

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