FIFA: Sepp Blatter exclut son départ immédiat

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Le Parlement européen a appelé au départ immédiat du président démissionnaire de la FIFA, Sepp Blatter, jeudi.

Photo Ruben Sprich, Reuters

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Éric Bernaudeau
Agence France-Presse
Lausanne, Suisse

Joseph Blatter veut prendre le temps de partir malgré les pressions. Le président démissionnaire a exclu un départ immédiat de la FIFA réclamé par le Parlement européen à la suite du scandale de corruption dans lequel est engluée l'instance suprême du football.

La FIFA a en revanche perdu jeudi un autre haut responsable, qui a démissionné avec effet immédiat: son directeur de la communication depuis 2011, le Suisso-Italien Walter De Gregorio. C'est lui qui se tenait non loin de Joseph Blatter le 2 juin à la tribune de la FIFA, lorsque le président a annoncé qu'il allait quitter son poste.

Le départ de Blatter n'est cependant pas pour tout de suite, et c'est ce qui gêne les eurodéputés. Ils ont voté à une très large majorité, à main levée, pour un texte au ton vif à l'encontre de la FIFA, préparé conjointement par les sept groupes politiques de l'assemblée, réunis en session plénière à Strasbourg.

Ils se félicitent «de la démission de Joseph Blatter de la présidence de la FIFA ainsi que des enquêtes pénales en cours», en Suisse comme aux États-Unis. Mais ils demandent à l'organisation de choisir «un président provisoire approprié pour (le) remplacer immédiatement».

Le Suisse, bien que démissionnaire, a en effet prévu de rester en poste jusqu'à l'élection de son successeur, qui n'est pas prévue avant la fin de 2015. Or, a estimé le Parlement dans sa résolution censée exercer une pression politique, la FIFA a besoin de «crédibilité» pour mener les «réformes urgentes nécessaires».

«La FIFA est perplexe face à la résolution du Parlement européen», a répliqué en soirée une porte-parole de l'instance dans une déclaration à l'AFP, répétant que l'échéance décisive serait le congrès extraordinaire électif, prévu entre décembre 2015 et mars 2016.

«Le président a pour priorité de s'assurer que lors de ce congrès (...) des réformes impératives soient adoptées et qu'un nouveau président soit élu», a-t-elle ajouté.

La FIFA a annoncé mercredi que la date du congrès électif serait fixée le 20 juillet, à l'issue d'un comité exécutif extraordinaire.

La FIFA est «malade»

Blatter, 79 ans, a été réélu à la fin mai à Zurich pour un cinquième mandat, trois jours après le coup de filet international contre 14 dirigeants et partenaires de la FIFA lancé par la justice américaine. Mais il a annoncé quatre jours plus tard sa démission, quelques heures à peine après de nouvelles accusations visant son bras droit, le Français Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA.

Depuis, l'étau n'a cessé de se resserrer autour de lui, à mesure que sont apparues de nouvelles affaires de corruption au sein de l'organisation, dont les eurodéputés ont fustigé «la corruption systémique et abjecte».

La FIFA «est malade et sa maladie est due à sa classe dirigeante actuelle», a lancé le député espagnol Santiago Fisas Ayxela, qui s'exprimait au nom du PPE (droite), lors du débat au Parlement.

Avec Blatter, «elle a perdu une tête», a estimé au nom des socialistes la députée allemande Petra Kammerevert, comparant l'organisation à l'Hydre à plusieurs têtes de la mythologie grecque. «Mais la question demeure de savoir comment cela va se poursuivre», a-t-elle ajouté.

FIFA sans voix

Le commissaire européen chargé du Sport, Tibor Navracsics, qui assistait aussi au débat, a lui estimé que, «dans sa forme actuelle», la FIFA «n'était plus en mesure de diriger le football international».

Dans sa résolution, le Parlement européen a aussi salué le rôle joué par «le journalisme d'investigation qui a fait naître de graves soupçons» sur l'ampleur de la corruption qui gangrène la direction du football mondial.

Il a appelé à la mise en place de «processus décisionnels ouverts, équilibrés et démocratiques» au sein de la FIFA.

En attendant, l'instance doit se trouver une nouvelle voix officielle. Le départ de son directeur de la communication Walter De Gregorio est une mauvaise nouvelle de plus, dans une période très troublée où les attaques se multiplient.

C'est son adjoint, le Français Nicolas Maingot, à la FIFA depuis 2001, qui assurera désormais la fonction de directeur de la communication «par intérim».

M. De Gregorio interviendra comme «consultant jusqu'à la fin de cette année».

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