Le conte de fées de l'Impact prend fin

Laurent Ciman avait la mine basse lorsque le... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Laurent Ciman avait la mine basse lorsque le sifflet final s'est fait entendre, annonçant la défaite de 4-2 de l'Impact aux mains de Club América.

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Pendant un peu plus de 45 minutes, mercredi, l'Impact a cru apercevoir le fil d'arrivée et pouvoir compléter son conte de fées, en finale de la Ligue des champions. Puis, le ressort s'est subitement brisé, conduisant à trois buts des Mexicains en l'espace de 16 minutes.

Le rêve de participer au Mondial des clubs, en décembre, s'est alors évanoui en même temps que les cris «América, América» ont rapidement enterré les acclamations de la foule montréalaise. Au coup de sifflet final, le score était sévère: Impact 2, América 4.

> Charles Dubé: Si près du but et si loin

«Malgré le résultat, je suis extrêmement fier de ce que l'équipe a accompli. Oui, nous avons fait l'histoire et c'était une grande soirée: nous avons tout donné et l'ambiance a été incroyable, a lancé Frank Klopas. Nous avons été un peu courts, mais il y a de quoi être fier.»

«On est arrivés quelque part où personne ne s'attendait, a poursuivi Patrice Bernier. Il faut garder la tête haute parce que Club América est une très grande équipe avec une justesse technique.»

En sortant du Stade olympique, les 61 004 spectateurs - enlevons les partisans mexicains de l'équation - ont aussi dû ressentir ce mélange d'émotions. La fierté d'avoir vu leurs favoris atteindre un tel niveau, contre toute attente, s'est certainement teintée d'une pointe de regret.

Car si l'Impact tenait un bon résultat au stade Azteca, il était également en excellente position après 45 minutes, mercredi. Andrés Romero venait d'inscrire un autre chef-d'oeuvre et l'Impact s'était procuré plusieurs bonnes occasions, sur contre-attaque.

Les Mexicains, de leur côté, s'étaient pris la tête à deux mains à plusieurs reprises après avoir raté des occasions en or. Ils se sont même regroupés au centre du terrain au terme d'une première période particulièrement animée et émaillée de quelques moments de tension.

Le vent tourne

La beauté du sport est que le scénario n'est jamais écrit à l'avance. Il peut évoluer en un discours, en une mi-temps ou en une occasion. En Ligue des champions, l'Impact s'est souvent retrouvé dans la peau de celui qui pouvait renverser la situation à la toute dernière seconde. Cette fois, le miracle n'a pas eu lieu et le vent a rapidement tourné, en début de deuxième mi-temps.

Face à un adversaire au pied du mur, l'Impact n'a plus été capable de ressortir le ballon. Dans ce déclin collectif, les limites physiques de Nigel Reo-Coker, en position d'arrière droit, ont particulièrement été exposées. Bakary Soumaré a également eu plusieurs soucis à gérer les ballons joués dans son dos. Et Kristian Nicht n'a pas forcément fait oublier le grand absent de la soirée, Evan Bush. Résultat, un triplé de Dario Benedetto (50e, 66e et 81e) et un autre but d'Oribe Peralta (64e) ont permis aux Mexicains de remporter la Ligue des champions 2014-2015.

«Encaisser un but aussi rapidement leur a redonné vie, a expliqué Klopas. Physiquement, nous commencions à nous fatiguer aussi et à être trop étirés sur le terrain. Si on laisse trop d'espace à América, avec leur qualité, ils vont te le faire payer.»

Seul Jack McInerney a répliqué pour l'Impact, en fin de match (89e). Un but anecdotique dans les circonstances, mais qui a permis au public de Montréalais de communier une dernière fois avec ses troupes.

Un bon début

La soirée avait pourtant bien commencé pour l'Impact. Les partisans avaient répondu à l'appel en arrivant tôt au Stade et en formant une mosaïque bleu-blanc-noir lors de l'entrée des deux équipes sur le terrain.

Sur le terrain, justement, l'Impact a offert une bonne résistance à Club América. Encore mieux, il a pu ouvrir la marque rapidement grâce aux slaloms de Piatti, sur le côté droit, et une finition tout en sang-froid de Romero (6e minute). À l'image de son but inscrit à Alajuela, le numéro 15 a pris tout son temps, dans la surface, avant de tromper le gardien adverse.

Avec une telle marque, l'Impact a pu profiter des nombreux espaces laissés par Club América. Piatti, auteur d'une très bonne première mi-temps, a été au centre de tous les contres, bien appuyées par la vitesse de Dominic Oduro ou la technique de Dilly Duka et Romero. Le joueur désigné a même eu le ballon du 2 à 0 au bout des pieds, à la 24e minute, mais il a perdu son duel contre Moisés Muñoz.

América, dont les derniers jours ont été placés sous le signe d'une énorme confiance en ses moyens, a surtout eu besoin des phases arrêtées pour inquiéter Nicht. Sur l'une d'elles - un coup franc de Darwin Quintero - , le gardien allemand a été tout heureux de voir Dario Benedetto, pourtant tout seul, heurter la transversale. Cela aurait pu être un signe du destin en faveur de l'Impact, ce ne fut qu'un signe de la tempête qui allait s'abattre sur les Montréalais.

Et dire que l'Impact devra rapidement tourner la page: son prochain match contre le Toronto FC, le 6 mai, marque le début du championnat canadien. Un rendez-vous qui, comme l'histoire l'a montré, peut mener très loin en Ligue des champions.

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