Impact: le chantier de Frank Klopas

Le nouvel entraîneur-chef de l'Impact Frank Klopas a... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Le nouvel entraîneur-chef de l'Impact Frank Klopas a dirigé sa première séance d'entraînement, lundi. Klopas compte discuter avec plusieurs de ses joueurs afin de mieux comprendre la situation de l'équipe «de l'intérieur».

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À leurs premières semaines à Montréal, les époux Klopas s'attelleront à des chantiers bien différents. Pour Sophia, agente immobilière et diplômée en décoration intérieure, la mission sera de bâtir un cocon douillet. Frank, quant à lui, prendra le pouls d'une équipe qui cherche encore des réponses à propos de sa décevante deuxième moitié de saison 2013.

Ce n'est pas après une seule séance, hier, que le nouvel entraîneur montréalais aura trouvé des réponses définitives. De nombreuses entrevues avec les joueurs sont prévues pour mieux comprendre la situation «de l'intérieur». Car à l'heure actuelle, il peut seulement avancer quelques pistes en se basant sur les duels entre l'Impact et le Fire de Chicago, son ancienne équipe.

«Je ne connais pas le plan de match de tous les entraîneurs, l'an dernier. De mon côté, je sentais que nous pouvions tirer avantage en attendant dans notre camp, puis en profitant de l'espace derrière leur défense. J'essaie toujours de jouer selon les forces de mon équipe et, avec Patrick Nyarko, Dilly Duka ou Juan Luis Anangonó, j'avais des joueurs rapides qui pouvaient partir dans le dos de la défense.»

Klopas donnera immédiatement la parole à la défense puisque seulement quatre équipes ont encaissé plus de buts que l'Impact en 2013. En entrevue, il utilise le mot «compact» à plusieurs reprises pour marteler la nécessité de mieux défendre collectivement et individuellement. «Les joueurs doivent se préparer à faire des sacrifices», prévient-il, en faisant un parallèle avec la mentalité du Sporting Kansas City, champion en titre. «Il faudra que certains joueurs soient prêts à faire des choses avec lesquelles ils sont moins à l'aise ou des efforts qu'ils n'ont jamais faits avant. Il y a des joueurs de qualité dans le tiers offensif, mais défensivement, on doit s'améliorer.»

Beaucoup de talent

L'an dernier, son Fire a également vécu une saison en deux temps.

Après un début de campagne désastreux, Chicago a connu un bon redressement pour finalement échouer aux portes des séries éliminatoires. Avec l'arrivée de Mike Magee, il a notamment modifié son schéma tactique pour passer d'un 4-2-3-1 à un 4-4-1-1. La nuance est peut-être subtile, mais Klopas ne sera pas du genre à imposer une formation à ses joueurs.

«Je dois jouer avec le système qui permettra à chacun de mes joueurs de donner le maximum. Avec sa qualité, Marco (Di Vaio) ne rate pas beaucoup d'occasions. Justin (Mapp) a aussi connu une saison fantastique, et Felipe peut mieux jouer malgré une qualité énorme. Il y a beaucoup de talent dans cette équipe et, dans le soccer d'aujourd'hui, il faut rester compact et contrôler le milieu de terrain.»

Même s'il serait normal que Klopas se tourne vers d'anciens joueurs qu'il a dirigés, ses premières entrevues confirment sa satisfaction envers l'équipe montréalaise qui a conclu la saison 2013. Du moins, il n'est pas un adepte des révolutions.

«Tout est une question de continuité. Quand tu as un bon noyau, tu ne dois pas changer chaque fois. Si tu changes sept ou huit joueurs chaque année, tu n'y arriveras jamais. Nous avons une bonne base, mais peut-on ajouter une ou deux pièces pour complémenter ce que nous avons et nous rendre meilleurs? Nous ne partons pas de zéro.»

Bâtir sur le long terme

Hormis un passage à Kansas City, Klopas a effectué tout son parcours professionnel à Chicago. Cela comprend des fonctions de joueur, préparateur physique, analyste pour la télévision, directeur général et bien entendu entraîneur.

Il n'a toutefois pas eu peur de déménager à Montréal même si ses deux prédécesseurs n'ont pas dépassé le cap de la première année. «Quand je m'engage dans une situation, je pense toujours à long terme. Mais quand tu es un entraîneur, tu dois aussi avoir des résultats et tu connais la situation au début.»

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Frank Klopas n'a pas oublié son pays natal... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 2.0

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Frank Klopas n'a pas oublié son pays natal même si les occasions d'y retourner sont plus rares.

Photo Bernard Brault, La Presse

Un héritage grec

Environ 125 000 personnes d'origine grecque vivraient dans la grande région de Chicago, dans l'Illinois. Pas étonnant alors que le Fire ait organisé une soirée à thématique grecque, en septembre 2012, contre le Crew de Columbus. Frank Klopas avait apporté sa touche personnelle en soulignant une vieille coutume. «J'avais dit à notre attaquant que j'apporterais des assiettes et qu'il pourrait les briser s'il marquait un but. Il l'a fait et j'ai dû aller chercher mes assiettes pour qu'il les brise au sol dans le vestiaire», se rappelle le nouvel entraîneur de l'Impact, sourire en coin.

Né dans le petit village de Prosimna, à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Athènes, Klopas a passé les neuf premières années de sa vie en Grèce. Il a fait une longue pause avant de se replonger dans ses souvenirs d'enfance. Alors que son père et sa mère travaillaient déjà aux États-Unis, il a été élevé par ses grands-parents pendant 6 années. «Je me souviens de la famille. Les membres d'une famille grecque sont très proches les uns des autres. Mes grands-parents ont fait du bon travail avec moi et tout ce que je faisais était de jouer au soccer. Mais j'ai été chanceux d'aller aux États-Unis vers l'âge de 9 ou 10 ans, car cela m'a ouvert des portes qui auraient été inaccessibles en Grèce, par la suite.»

En arrivant sur les bords du lac Michigan, Klopas a évidemment dû s'adapter à un environnement fort différent du sien. Le choc a également été sportif puisque la pratique du ballon rond n'était pas très développée dans le Chicago du milieu des années 70.

«Aujourd'hui, on peut voir jouer au soccer des jeunes de partout. Mais, à l'époque, ce n'était pas le cas et je ne pouvais pas en trouver une. Ma première équipe était celle de mon église et c'est là que j'ai commencé.»

Près de quarante ans plus tard, Klopas n'a pas oublié son pays natal même si les occasions d'y retourner sont plus rares. Cela fait six ans qu'il n'y est plus allé malgré la présence de son frère et de nombreux amis. À chaque fin de saison, il passe un peu de temps avec son épouse - «elle veut aller là ou il fait chaud» - avant de mettre le cap sur l'Europe pour assister à des entraînements de grands clubs (PSV Eindhoven, Atletico Madrid, FC Barcelone). «C'est difficile, car je suis proche de la Grèce, mais je ne peux pas y aller. Puis si j'y allais, il me faudrait un mois pour saluer tout le monde», conclut-il en riant.

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«Le soccer m'a tout donné»

Q: Quelle est la place du soccer dans votre vie?

R: Le soccer m'a pratiquement tout donné dans ma vie. Je suis né en Grèce et dès mon plus jeune âge, j'ai su que je voulais jouer au plus haut niveau. Grâce au soccer, j'ai pu voyager dans le monde et rencontrer de nombreuses personnes, dont ma femme. Je suis très chanceux.

Q: Quel genre de joueur étiez-vous?

R: J'aimais avoir le ballon et attaquer sans me soucier de défendre. Mais c'est en allant en Europe que j'ai réellement appris l'aspect tactique du soccer. À Chicago, je n'ai pas eu la même chance que les joueurs de l'Académie de l'Impact, qui apprennent comment se comporter tactiquement dans un 4-4-2 ou encore les responsabilités de leur poste. Moi, je jouais parce que j'étais bon, je voulais dribler tout le monde, marquer, et l'entraîneur était content. Mais tu fais quoi sans le ballon? Tu dois aussi aider l'équipe. À Athènes, nous jouions en 3-5-2 et j'étais l'un des deux attaquants.

Q: Quel est votre regard face au métier d'entraîneur?

R: Je suis quelqu'un de très volontaire, de passionné, mais je sais que, dans ma position, tout va s'arrêter à un certain moment. Cela dit, c'est important d'apprécier les occasions que l'on nous donne et de tout faire afin de ne pas avoir de regrets. Quand cela s'arrêtera, cela s'arrêtera, mais en cours de route, l'important est notre habileté à bien traiter les joueurs et les autres personnes. Le soccer est une chose, mais le côté humain est aussi très important.

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Bio

> Né le 1er septembre 1966 à Prosimna, Grèce

> Position: attaquant

> Nationalité: américaine

> Clubs successifs: Sting de Chicago (1983-1988), AEK Athènes (1988-1994), Apollon Athènes (1994-1996), Wizards de Kansas City (1996-1998), Fire de Chicago (1998-1999)

> International: États-Unis (39 sélections, 12 buts)

> Clubs entraînés: Storm de Chicago (2004-2006), Fire de Chicago (2011-2013), Impact de Montréal (présent)

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Palmarès

> Champion de NASL (1984)

> Champion en Grèce (1989, 1992, 1993 et 1994)

> Supercoupe grecque (1989)

> Coupe de la Ligue grecque (1990)

> MLS Cup (1998)

> Coupe des États-Unis (1998)




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