Allemagne-Espagne: gagner sans renoncer au beau jeu

L'équipe allemande, Cacau, Thomas Mueller et Stefan Kiessling... (Photo: AP)

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L'équipe allemande, Cacau, Thomas Mueller et Stefan Kiessling en tête, a travaillé avec plus ou moins de synchronisme à la veille de l'affrontement contre la formation espagnole.

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(Le Cap) Commençons par un petit quiz. L'Allemagne a connu trois matchs de quatre buts depuis le début de la Coupe du monde. Pouvez-vous nommer le dernier pays à avoir réussi pareil exploit?

Soufflez un grand coup dans votre vuvuzela si vous avez répondu le Brésil. C'était en 1970. Le Brésil de Pelé, de Tostao, de Jairzinho, celui qui pratiquait «un soccer tellement beau qu'il devrait être interdit», avait dit la presse britannique.

«Le monde entier souffrait de la médiocrité du soccer défensif. Les équipes restaient à l'arrière pour maintenir le catenaccio pendant qu'un ou deux joueurs jouaient entre eux à l'avant. Le risque et la spontanéité créative étaient interdits. Le Brésil, lui, était renversant: une équipe tournée vers l'offensive, avec quatre attaquants», écrit l'auteur uruguayen Eduardo Galeano dans son classique Le football, ombre et lumière. (1)

Après avoir mis quatre buts à l'Australie, à l'Angleterre et à l'Argentine, l'Allemagne peut-elle imiter le Brésil d'il y a 40 ans? Peut-elle remporter la Coupe du monde? Franz Beckenbauer semble y croire. «L'Allemagne n'a jamais joué comme ça», a dit l'autre jour l'ancien capitaine et sélectionneur allemand, qui avait participé à la demi-finale en 1970. «La façon dont ils jouent, leur style, est fantastique. Tout le monde est en mouvement, demande le ballon. L'équipe a un formidable d'esprit. Personne en Allemagne ne s'attendait à ce qu'ils jouent aussi bien.»

Comme le Brésil autrefois, l'Allemagne fait la preuve qu'il est possible de gagner sans renoncer au beau jeu. Mais un obstacle de taille se dresse sur le chemin de la Mannschaft, en quête d'un quatrième titre après ceux de 1954, 1974 et 1990: l'Espagne, qu'elle affrontera aujourd'hui en demi-finale, à Durban.

L'entraîneur Joachim Löw n'a pas tort quand il dit que l'Espagne «n'a pas un Messi, elle en a plusieurs» et «ne commet pas beaucoup d'erreurs, contrairement à l'Angleterre et à l'Argentine».

Les champions d'Europe, dont c'est la première demi-finale en Coupe du monde, ont une équipe farcie de joueurs - David Villa, Andres Iniesta, Xabi Alonso et compagnie - au sommet de leur art.

Attaque timide

Pour autant, la Roja n'a pas vraiment convaincu jusqu'ici, malgré la fluidité indéniable de son jeu de passes en milieu de terrain. De la Suisse au Paraguay, ses adversaires ont eu tendance à adopter une posture strictement défensive. Résultat: l'équipe de l'entraîneur Vicente del Bosque a gagné (sauf contre la Suisse), mais, à l'exception de Villa, qui a marqué cinq de ses six buts, elle a peiné à trouver le fond du filet. Ses trois dernières victoires ont été acquises par un seul but.

En méforme après une saison marquée par de multiples blessures, l'attaquant Fernando Torres devrait en toute justice être sorti de l'alignement partant. Mais rien n'est moins sûr. Selon l'AFP, qui cite une source de la Fédération espagnole de football, le joueur le plus susceptible de le remplacer, Cesc Fabregas, est «incertain» pour le match contre les Allemands, après avoir subi une blessure au péroné dans la victoire contre le Paraguay, en quarts.

Certains pensent que le jeu sera plus ouvert contre l'Allemagne. Ça reste à voir. Löw a prouvé sa capacité à ajuster les choix tactiques de sa jeune équipe (moyenne de 24,9 ans) selon l'adversaire du jour, que ce soit en exploitant la lenteur des arrières anglais ou en embouteillant complètement Lionel Messi.

Une chose est sûre: les Espagnols feraient bien d'éviter de concéder le premier but. Car s'ils doivent ouvrir le moindrement le jeu pour tenter de combler un retard, ils risquent de se rendre vulnérables aux contre-attaques foudroyantes de l'Allemagne. Fabio Capello et Diego Maradona peuvent en témoigner.

En 2006, l'Allemagne s'était inclinée devant l'Italie en demi-finale. En finale de l'Euro 2008, c'est l'Espagne qui avait été son bourreau. «Je suis rentré les mains vides deux fois, a dit le milieu de terrain Bastian Schweinsteiger, l'une des stars du tournoi cette année. Je n'ai pas envie de revivre cela.»

Si les jeunes loups allemands jouent comme ils en sont capables, les voeux de Schweinsteiger devraient être exaucés. Une prédiction? Allemagne 2, Espagne 1.

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(1) Avec mes excuses à Galeano pour cette traduction de la traduction anglaise de sa prose.

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