La fatigue et les conditions ont déjoué les bosseurs canadiens

Mikaël Kingsbury visait deux victoires aux Championnats du monde... (Photo Paul Hanna, Reuters)

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Mikaël Kingsbury visait deux victoires aux Championnats du monde de ski acrobatique. Il a dû finalement se contenter d'une médaille de bronze.

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

N'importe quelle autre nation serait satisfaite d'avoir récolté deux médailles de bronze aux Championnats du monde de ski acrobatique. Pour l'équipe canadienne, cette récolte a été décevante.

Après les troisièmes places remportées mercredi par Mikaël Kingsbury et Justine Dufour-Lapointe en bosses - et qui avaient laissé un goût amer à l'équipe -, Ski acro Canada espérait rebondir aux bosses en parallèle. Mais après les huitièmes de finale, il ne restait plus un seul Canadien en lice.

Loin de chercher des excuses, le directeur haute performance, bosses et sauts, de Ski acro Canada, Marc-André Moreau, croit que ses ouailles ont été déjouées par la fatigue et les mauvaises conditions en piste.

«Je dois avouer que j'ai senti l'équipe fatiguée (à notre arrivée en Espagne), a-t-il expliqué au cours d'un entretien avec La Presse canadienne. Ça fait sept ans qu'on domine; c'est difficile de maintenir la cadence.»

Qui plus est, au lieu d'avoir lieu en février - comme les Jeux olympiques -, les Championnats du monde ont été disputés un mois plus tard qu'ils ne l'étaient par le passé.

«Certainement (que nous avions moins d'énergie). On ne se le cachera pas, la compétition la plus importante de l'année est en fin de saison, après avoir fait 13 Coupes du monde. Les batteries sont beaucoup plus basses qu'elles ne l'étaient, a fait valoir Justine Dufour-Lapointe, 14e des duels. Le parcours a aussi joué. C'était de la neige de printemps, qui ressemble davantage à ce qu'on voit aux Championnats canadiens. C'est plus exigeant physiquement, pour les jambes surtout.»

«C'est difficile de participer aux Mondiaux à la fin de la saison. J'avais clairement moins d'énergie, a pour sa part noté Philippe Marquis, également 14e. Je traîne aussi de petites douleurs aux jambes. Depuis Val St-Côme (en janvier), nous n'avons pas été chez nous, toujours dans nos valises. Ça joue aussi.»

Moreau voyait par contre d'un bon oeil que l'équipe ait connu ses meilleurs moments en février.

«Les JO auront lieu en février l'an prochain. Cette saison, on a connu notre meilleure compétition à l'épreuve test, qui a eu lieu sur la piste olympique (NDLR: avec quatre médailles). Alors je vois ça d'un côté positif.»

De tenir ces Mondiaux un mois plus tard a aussi influé sur les conditions de la piste de Sierra Nevada, en Espagne. Même si elle est située à quelque 3000 mètres d'altitude, il faisait 20 degrés au pied de la piste au moment de tenir la compétition de bosses en parallèle, jeudi.

«J'étais à l'entraînement des sauteurs hier, et c'était horrible, a indiqué Moreau. Ils ont dû utiliser de la glace sèche pour que les tremplins tiennent, sinon, ça faisait de la "sloche". L'entraînement a été reporté en soirée pour qu'il fasse plus froid, mais même là, ça n'a pas gelé de la nuit. C'est fou!»

«Les trois premiers au monde ont tous été éliminés tôt, a argué Kingsbury. Ça démontre que ce sont des gars un peu plus loin au classement qui ont offert de bonnes performances. Je pense que ça resserre le peloton. Je crois qu'en des conditions plus hivernales, ce sont souvent les mêmes noms qui reviennent. Sans enlever rien aux quatre premiers (Ikuma Horishima, Bradley Wilson, Marco Tade et Sacha Théocharis) - ils ont offert du ski extraordinaire - ce sont des gars qu'on voit plus rarement sur le podium.

«Même chez les dames: Justine, selon moi, est la meilleure en duels. Britteny Cox (gagnante du globe de cristal et championne en simple mercredi) a été éliminée de bonne heure. Ça montre que les conditions n'étaient pas des plus évidentes pour les meilleurs.

«Ce qui est "le fun" à savoir, c'est qu'aux JO, on risque d'avoir des conditions plus hivernales. C'est un bon signe pour nous autres!»

«Ce qui m'a le plus dérangé, c'est le soleil, a pour sa part indiqué Marquis. Il faisait vraiment chaud et j'avais le soleil en plein visage. (...) Ça a été une semaine difficile, "plate" même. Je ne veux par contre pas que ça vienne obscurcir ma saison, qui a été une de mes meilleures», a ajouté celui qui a terminé au quatrième rang du classement de la Coupe du monde. Des propos qui ont trouvé écho chez Kingsbury.

«C'est dommage que ça se termine comme ça, mais je ne veux pas que mes Championnats du monde portent trop ombrage à ma saison, puisque je viens de connaître la meilleure saison de ma carrière, a noté celui qui a remporté un sixième globe de cristal consécutif. Même si je n'ai pas obtenu les résultats que je souhaitais aux Mondiaux, je suis fier de la façon dont j'ai skié ici.»




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