Mikaël Kingsbury remporte l'or à Val Saint-Côme

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Mikaël Kingsbury a récolté sa cinquième victoire de la saison.

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
VAL SAINT-CÔME

Si l'adage dit qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, le bosseur québécois Mikaël Kingsbury peut certainement retirer un peu de gloire pour sa victoire à la Coupe du monde de ski acrobatique de Val Saint-Côme, samedi, sa cinquième consécutive sur le circuit.

En plus de Kingsbury, le Canada a récolté deux autres médailles lors de cette sixième étape du circuit de la Coupe du monde de la FIS, alors que Chloé Dufour-Lapointe et Audrey Robichaud sont grimpées sur les deuxième et troisième marches du podium chez les dames, n'étant devancées que par Hannah Kearney.

Kingsbury a dû trimer dur pour sa victoire. Après avoir dominé les qualifications avec une descente en deçà de ses attentes, Kingsbury a été devancé par l'Australien Matt Graham en demi-finale.

«Oui, ça a été un peu plus difficile, mais c'est la dernière qui compte, a lancé Kingsbury. [...] C'était difficile [samedi], les conditions étaient difficiles, surtout avant le deuxième saut: il y avait des portions glacées et c'était difficile de se ralentir. C'était ''tricky'' et je ne voulais pas faire d'erreur. J'ai réussi à sortir ma meilleure course encore une fois quand ça comptait le plus. Mais comme on dit en anglais: j'ai été ''clutch''!

«En finale, j'étais content de descendre avant Matt. J'étais content de pouvoir lui mettre toute cette pression, lui qui n'est pas habitué de skier en finale.»

Graham a finalement pris le deuxième rang, devant le Russe Alexandr Smyshlyaev.

Le vice-champion olympique était particulièrement très fier d'avoir mis la main sur une première étape au Québec.

«Ça fait du bien enfin de gagner devant mes parents, mes amis, mes commanditaires et tous les partisans réunis ici. Ça fait du bien quand tu arrives en bas et que ça crie pour toi.»

Ce cinquième gain consécutif de Kingsbury lui a permis d'accroître son avance au classement de la Coupe du monde. Mais au lieu de détenir l'avance sur son coéquipier Philippe Marquis, seul autre Canadien en finale samedi, c'est plutôt devant Smyshlyaev que Kingsbury se retrouve maintenant, avec 529 points contre 281 pour le Russe.

Marquis, qui a connu des ennuis en début de parcours de sa dernière descente, se retrouve à 265 points après cette sixième place.

Kingsbury n'a maintenant besoin que de 53 points pour s'assurer d'un quatrième globe de cristal consécutif, avec trois compétitions à disputer.

Le Canada avait envoyé cinq représentants en demi-finale: Marc-Antoine Gagnon a terminé huitième, quatre rangs devant Simon Pouliot-Cavanagh. Laurent Dumais a terminé 16e.

Kearney intraitable

Chez les dames, Chloé et Robichaud n'ont rien pu faire pour priver Kearney de cette 44e victoire en carrière, possiblement sa dernière au Canada, elle qui accrochera vraisemblablement ses skis à la fin de la saison.

«Quand vous skiez comme aujourd'hui, vous voulez skier pour toujours, mais il y a aussi plein de raisons d'arrêter, a indiqué la vétérane de 29 ans. J'aurai connu une carrière incroyable. Il me semble que j'ai skié une quinzaine de fois ici au Québec et j'ai toujours aimé ça. C'est près de la maison pour moi», a noté l'athlète de Hanover, au New Hampshire.

Pour Chloé, il s'agit d'un premier podium depuis sa médaille de bronze récoltée à Deer Valley au début janvier. Quant à Robichaud, il s'agit d'un premier podium depuis sa victoire à Inawashiro, au Japon, il y a plus de deux ans.

«C'est aussi la première fois que je monte sur le podium au Québec, c'est vraiment ''cool''», a déclaré la skieuse de 26 ans, très émue. J'arrête pas de brailler depuis tantôt! Ça doit être l'âge qui fait ça!»

Kearney a été impériale tout au long de cette journée, dominant les trois descentes. Elle a été la seule compétitrice à avoir obtenu plus de 80 points, une note qu'elle a récoltée à la suite de chacune de ses descentes.

Cette victoire de Kearney lui a également permis de devancer Justine Dufour-Lapointe au classement de la Coupe du monde. La médaillée d'or des Jeux de Sotchi a effectué une erreur à l'atterrissage de son premier saut de la demi-finale, ce qui l'a forcée à sortir du parcours et de conclure en 14e place seulement.

Kearney compte maintenant 426 points contre 403 pour Justine, qui est suivie de quatre Canadiennes: Chloé (332), Robichaud (235), Naude (233) et Maxime (217).

Andi Naude et Maxime Dufour-Lapointe ont aussi atteint la finale et terminé en cinquième et sixième places respectivement.

Le Canada comptait sept représentantes en demi-finale. Alex-Anne Gagnon et Christel Hamel ont terminé aux 11e et 12e rangs.

Audrey Robichaud... (Archives La Presse, Bernard Brault) - image 2.0

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Audrey Robichaud

Archives La Presse, Bernard Brault

Robichaud choisit le bon moment pour mettre fin à sa disette

La famille et les amis de la bosseuse Audrey Robichaud avaient préparé à son insu une petite fête pour souligner sa 99e Coupe du monde, qui a eu lieu à la suite de l'étape de Val Saint-Côme. C'est plutôt l'athlète de 26 ans qui leur a fait une surprise, en mettant la main sur la médaille de bronze, mettant ainsi fin à une disette de deux ans sans podium.

Visiblement émue, la vétérante de l'équipe canadienne, en larmes, a célébré en bas de piste avec les siens cette troisième place récoltée derrière l'Américaine Hannah Kerney et sa coéquipière Chloé Dufour-Lapointe, son sixième podium en carrière sur le circuit de la Coupe du monde. Robichaud, pour qui il s'agissait du premier podium au Québec au cours de sa carrière de 11 saisons, n'était pas en mesure de dire aux journalistes ce qui lui avait permis de grimper sur le podium quand elle les a rencontrés, toujours très émue.

«Je ne sais pas, sincèrement, a déclaré la sympathique skieuse de Québec. J'ai essayé de faire de mon mieux, d'être le plus propre possible dans le milieu [du parcours]. Je ne peux pas l'expliquer davantage, mais c'est vraiment le fun!»

Rencontrée en marge de la compétition, Robichaud avait déclaré vouloir mettre fin à sa disette le plus tôt possible.

«Je suis un peu dure avec moi-même, car le ski va bien, tout va bien, avait-elle alors expliqué. Je ne manque le podium que de peu depuis le début de la saison. Oui, j'aimerais ça faire des podiums, mais je skie bien, je saute bien... J'espère que c'est une question de temps avant que ça arrive, car je sens que je suis vraiment très proche, les pièces du casse-tête son toutes en place.»

Elle souhaitait secrètement que ce soit ce week-end.

«Le plus tôt possible! Que ça arrive à St-Côme, c'est la cerise sur le sundae!»

Longévité et constance

Ses 99 Coupes du monde - la 100e viendra au Japon, la semaine prochaine -, Robichaud n'y avait jamais vraiment pensé.

«Vraiment pas. Les chiffres, ce n'est pas quelque chose à quoi je m'attardais dans le temps. Je viens juste de réaliser, quand nous étions à Calgary en regardant sur le site de la FIS, que j'avais 96 coupes en carrière. Là j'ai calculé et j'ai vu qu'au Japon, ça ferait 100. J'aurais aimé que ce soit ici, mais 99 c'est pas pire! C'est vraiment quelque chose.

«C'est ma 11e année, j'ai raté quelques courses en raison de blessures, mais ça démontre une belle constance. Sur l'équipe nationale, on est tellement bons, alors il faut tout le temps offrir de bonnes performances. Donc, d'avoir duré 11 ans comme ça, ça montre que j'ai réussi et c'est vraiment le fun.»

Ce podium viendra, de son propre avis, lui insuffler une bonne dose de confiance pour les trois Coupes du monde encore au programme.

«Absolument, on ne peut pas demander mieux. [...] Les conditions n'étaient pas faciles en plus: il a fait vraiment froid toute la semaine, alors la neige était très dure. C'était un bon défi. [Samedi], on n'a pas vu de descente parfaite, mais il fallait être de celles qui commettraient le moins d'erreurs.»

Elle songe toujours à son avenir

Celle qui évalue maintenant la poursuite de sa carrière sur une base annuelle n'a toujours pas arrêté sa décision pour l'an prochain.

«Ma réflexion n'est pas du tout avancée! Je suis une personne très indécise dans la vie, j'y vais vraiment au jour le jour, a-t-elle expliqué. Si à la fin de l'année j'ai encore envie, je vais continuer, mais je pense que ce que j'ai envie de faire après, à l'école, va beaucoup influencer ma décision.

«J'ai toujours dit que le ski ne sera pas toujours là, mais l'école oui. Dans 10 ans, ce ne sera plus le temps de faire du ski, le corps ne suivra pas plus. C'est ce que je crois: l'école sera toujours là pour toi, pas le ski.»

Il aurait été malhonnête de lui demander à brûle-pourpoint si sa décision était maintenant prise à la suite de ce podium, mais s'il fallait qu'elle poursuive sa bonne saison - elle occupe actuellement le quatrième rang du classement de la Coupe du monde -, il y a fort à parier que les études attendront encore un peu...

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