Katerine Savard dans le sillage de Penny Oleksiak

Katerine Savard se rendra assurément jusqu'aux Mondiaux en... (PHOTO LEE JIN-MAN, ASSOCIATED PRESS)

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Katerine Savard se rendra assurément jusqu'aux Mondiaux en petit bassin de Windsor, en Ontario, en décembre. Elle verra ensuite.

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(RIO DE JANEIRO) En physique, la résilience est la résistance aux chocs d'un matériau, l'énergie absorbée par un métal avant qu'il ne se liquéfie. Le 5 avril à Toronto, Katerine Savard s'était pratiquement liquéfiée après sa tentative ratée de se qualifier pour le 100 m papillon des Jeux olympiques de Rio.En sanglots, elle parlait comme une nageuse dont la carrière venait de se terminer. Une sélection au 200 m libre ? Elle n'y croyait même pas.

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De gauche à droite, les médaillées de bronze canadiennes au relais 4 x 200 m : Katerine Savard, Taylor Ruck, Brittany MacLean et Penny Oleksiak

Photo David Gray, Reuters

« Au début, c'est difficile à comprendre », se souvenait Savard, jeudi midi, au centre de presse du Parc olympique. « Pourquoi ça m'arrive ? »

En sport, la résilience est la faculté de rebondir après avoir vécu un tel choc. Manifestement, en dépit de sa petite taille, la nageuse de 23 ans est composée d'un alliage à toute épreuve.

Douze heures après sa médaille de bronze au relais 4 x 200 m, l'athlète de Pont-Rouge n'avait pas encore réussi à fermer l'oeil. Elle est revenue sur la saison difficile qu'elle vient de connaître : sa blessure à la cheville, ses doutes, le deuil de son épreuve favorite, où elle figurait parmi les cinq meilleures au monde.

« Je pense que tu viens de comprendre pourquoi tout ça t'est arrivé », lui a écrit son entraîneur Claude St-Jean, qui a suivi la course à la télévision à Montréal, en pleurant.

« Je ne l'avais pas encore réalisé. Je pense que je le réalise. J'avais un travail à faire dans ce relais, quelque chose à lui amener. J'ai pris cette opportunité et je suis vraiment heureuse de l'avoir fait. »

- Katerine Savard

Peu de gens croyaient ce podium possible. Après les feux d'artifice des derniers jours, les médias canadiens avaient largement déserté la piscine mercredi soir au profit d'autres sports. Elles ont fini 11es aux Championnats du monde ? Bah, ça n'arrivera pas. D'autant que la meilleure Canadienne, Brittany MacLean, fiévreuse ce matin-là, était restée au village pour se reposer.

LE FACTEUR PENNY

Mais il y avait Penny, la sensation de 16 ans, qui a chauffé l'Australienne Cate Campbell, détentrice du record mondial, en demi-finales du 100 m libre. Derrière, les trois autres filles se sont mises à rigoler. Si Oleksiak part comme ça dans le relais, elle peut presque revenir en barbotant et on gagne une médaille, a dit MacLean.

Pour la quatrième fois de suite au Brésil, Savard est passée sous les 1 min 58 s, gardant son pays dans la course d'entrée de jeu. La grande Taylor Ruck, l'autre phénomène de 16 ans, a poursuivi sur sa lancée des préliminaires, remontant au troisième rang. MacLean, qui avait repris du mieux malgré sa voix éraillée, a trouvé l'énergie pour maintenir cette position.

Oleksiak a assisté au relais de Savard les mains dans les poches. Quand elle a plongé, le podium était presque acquis. Seule l'Américaine Katie Ledecky, déjà double médaillée d'or individuelle à Rio, l'a battue dans le dernier segment.

La tenue de la Torontoise, en particulier lors du relais 4 x 100 m le premier soir, a complètement modifié la dynamique du groupe. « Quand on y pense, ça prend juste une personne ou une performance pour réunir toute une équipe », a noté Savard, impressionnée comme tout le monde par le calme de sa jeune coéquipière.

« Sérieusement, on est tous surpris de ce qu'elle peut faire. En même temps, elle n'a jamais rien connu d'autre. Son parcours, sa progression, l'a amenée à gagner des médailles olympiques comme si c'était normal. Ce qui est drôle, c'est sa naïveté, qui fait que c'est incroyable. Elle est là pour gagner, elle gagne. C'est ce qu'elle veut, ce qu'elle réussit. C'est incroyable. »

SES DERNIERS JEUX ?

À Rio, Savard a suivi son sillage. Cette médaille de bronze change-t-elle son avenir ? Au cours des dernières années, elle laissait entendre que les Jeux de Rio seraient ses derniers. Elle désire poursuivre son baccalauréat en enseignement du primaire à l'Université de Montréal, travailler et fonder une famille un jour.

« Vivre des déceptions comme ça dans une année, ça te remet en question, a-t-elle souligné. C'est difficile de vivre de la peine. Ça fait mal. Tu n'as pas le goût d'en revivre non plus. C'est sûr que ça met un petit baume, mais en même temps, ça reste difficile à accepter. »

Savard se rendra assurément jusqu'aux Mondiaux en petit bassin de Windsor, en Ontario, en décembre. Elle verra ensuite. À la toute fin de sa ronde d'entrevues, un employé du comité organisateur des JO de Tokyo de 2020 lui a remis un éventail officiel avant de la prendre en photo avec sa médaille au cou. Peut-être est-ce un signe.

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