Raphaël Gagné: une montagne de résilience

À 29 ans, Raphaël Gagné est devenu un incontournable... (PHOTO OLIVIER JEAN ET MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE)

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À 29 ans, Raphaël Gagné est devenu un incontournable pour les Jeux olympiques de Rio.

PHOTO OLIVIER JEAN ET MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

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Raphaël Gagné n'a pas oublié sa seule visite à Rio de Janeiro. Après sa médaille de bronze aux championnats panaméricains de 2014, il avait parcouru la métropole brésilienne pendant quelques heures.

«Ç'a été comme une révélation, dit le spécialiste de vélo de montagne. J'ai trouvé ça superbe. Je me suis dit: "Les Jeux olympiques sont ici dans deux ans, j'aimerais vraiment être de retour."»

À l'époque, ce n'était pas si évident. Septième chez les juniors aux Mondiaux 2004, où il a aussi aidé le Canada à gagner l'or au relais par équipes, Gagné ne connaissait pas la carrière espérée. Cyclisme Canada lui a même lancé un ultimatum, menaçant ni plus ni moins de lui couper les vivres. La chute de la missive l'a marqué: «Stagnation des performances»...

Gagné n'était pas d'accord, mais il pouvait comprendre l'impatience des dirigeants de sa fédération. Pendant des années, des problèmes de santé récurrents l'empêchaient d'exploiter son plein potentiel.

«Un petit rhume que monsieur et madame Tout-le-Monde règlent en cinq jours devenait une sinusite qui durait un mois pour moi.»

Malgré les ennuis, les stages d'entraînement tronqués, les compétitions gâchées, il n'a jamais pensé abandonner. «Plusieurs auraient tiré la plogue. [...] Il faut y croire. J'aime ce que je fais, ça, c'est clair. Je pense avoir prouvé que je suis un athlète très résilient», dit l'ancien double champion national U23.

Amoureux de l'Amérique latine

Gagné a grandi et vit toujours à Lac-Beauport, entouré d'athlètes et d'olympiens de qui s'inspirer : les Laroche en ski, le canoéiste Maxime Boilard et la kayakiste Caroline Brunet, «une idole». Sa famille est aussi très sportive. Sa mère a pris part aux Jeux du Québec en natation et son père était un adepte de vélo sur route.

Nageur, triathlonien, fondeur, Raphaël avait 9 ans lorsqu'il a suivi un ami au nouveau club de vélo de montagne du Relais. Il a trouvé sa voie. «Toute la famille s'est mise à en faire, raconte-t-il. On a fait les Coupes Québec, parcouru la province en faisant du camping.»

Sa soeur aînée, Olivia, a elle aussi fait de la compétition en vélo de montagne, participant deux fois aux Mondiaux juniors.

Chaque année, aux Fêtes, la famille Gagné partait pour quelques semaines dans un pays d'Amérique latine: Mexique, Costa Rica, Panamá, Cuba, Venezuela. Aux formules tout inclus, elle préférait sacs à dos ou sacoches de vélo. Tout le monde a appris l'espagnol. Sa résilience, Raphaël la tient en partie de ces voyages formateurs.

«On sortait des sentiers battus. J'ai appris à ne pas avoir de critères de confort trop élevés, à composer avec l'horaire et la bouffe de l'Amérique latine», dit-il.

«Quand tu viens de faire cinq, six heures de vélo et que tu dois trouver une chambre d'hôtel et à manger, tu bâtis ta patience.»

Aujourd'hui, quand il part en compétition en Amérique latine, il se sent presque comme chez lui.

Opérations salvatrices

Bachelier en enseignement de l'éducation physique de l'Université Laval, Gagné s'entraîne lui-même en acceptant toutefois les conseils d'un mentor, Michel Leblanc, qui jouait le même rôle auprès de la vice-championne olympique Marie-Hélène Prémont.

Deux opérations aux sinus et aux amygdales ont réglé ses problèmes de santé. Depuis 2013, Gagné ne sent plus qu'une épée de Damoclès lui pend au-dessus de la tête. Les bonnes performances ont suivi, surtout l'an dernier, une véritable saison de rêve: classement général du circuit professionnel US Cup, un premier titre canadien, médaille d'or aux Jeux panaméricains de Toronto et sixième place à la Coupe du monde de Windham, de loin le meilleur résultat de sa carrière en Coupe du monde.

«J'étais à moins de deux minutes de gagner, souligne-t-il. À mes débuts seniors, dans mes bonnes Coupes du monde, je finissais à 12 minutes. La progression est énorme.»

À 29 ans, Gagné est devenu un incontournable pour les Jeux olympiques de Rio, où son compatriote Léandre Bouchard, 23 ans, d'Alma, l'accompagnera. Aujourd'hui, plus personne n'oserait dire qu'il stagne.

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Parcours croisés avec Harvey

Le fondeur Alex Harvey a été l'un des premiers à féliciter Raphaël Gagné sur les réseaux sociaux après sa médaille d'or aux Jeux panaméricains l'été dernier. Le chemin des deux athlètes s'est souvent croisé. Gagné a participé aux Jeux du Québec en ski de fond quand Harvey a cédé sa place pour prendre part aux championnats canadiens. En 2005, ils se sont retrouvés ensemble à l'épreuve junior des Championnats du monde de vélo de montagne. Gagné avait terminé 14e, Harvey, 34e.

«Alex est un athlète accompli, souligne Gagné. Il a un super beau parcours. Il est terre à terre et je trouve qu'il est très humble. [...] Même s'il a un an de moins que moi, c'est un peu un modèle, une idole.»

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