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JO-2016: le CIO décide de ne rien décider sur la Russie

Le président russe Vladimir Poutine quitte la scène... (photo Andrej Isakovic, archives AP)

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Le président russe Vladimir Poutine quitte la scène alors qu'il vient de livrer un discours au repas de gala du CIO, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Sotchi, le 6 février 2014.

photo Andrej Isakovic, archives AP

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Agence France-Presse
LAUSANNE

Un Russe au moins est certain de ne pas aller aux Jeux de Rio : le ministre des Sports Vitali Moutko. Mais pour les sportifs russes, menacés d'une exclusion collective après le cinglant rapport McLaren sur le « système » de dopage russe lundi, le CIO a décidé de ne rien décider mardi, en se défaussant sur les fédérations internationales.

Après avoir réuni d'urgence en fin de matinée sa commission exécutive, le Comité international olympique (CIO) a donc repoussé une décision attendue par le monde sportif, précisant seulement qu'il allait « explorer les options juridiques » entre une exclusion collective de la Russie des Jeux de Rio et « le droit à la justice individuelle » des sportifs russes.

Mais pour la mise en oeuvre de cette éventuelle exclusion, le CIO a botté en touche, se défaussant sur les diverses fédérations sportives internationales, comme l'a déjà fait l'IAAF, la fédération internationale d'athlétisme, qui a suspendu l'ensemble de la Fédération d'athlétisme russe le 17 juin.

Dans son communiqué, le Comité international olympique précise d'ailleurs qu'il va « prendre en considération » l'avis du Tribunal arbitral du sport de Lausanne attendu d'ici jeudi sur l'appel des 68 athlètes russes, qui contestent leur suspension collective par l'IAAF.

Pour les autres sports, charge donc aux diverses fédérations internationales de « mener une enquête approfondie ».

« L'admission de chaque athlète russe devra être décidée par sa Fédération internationale sur la base de l'analyse individuelle des contrôles antidopage auxquels il s'est soumis au niveau international », précise le CIO. Concrètement, pour l'IAAF, cela avait abouti à repêcher une seule athlète russe pour Rio, la sauteuse en longueur Darya Klishina, basée en Floride !

De telles enquêtes devront être menées en coordination avec le travail de l'expert indépendant, Richard McLaren, qui avait dénoncé mardi dans son rapport le « dopage d'État » russe, avec la participation « active » des services secrets, souligne le Comité, qui a également créé une commission disciplinaire visant à d'éventuelles sanctions des membres du ministère des Sports russe impliqués.

« Magiciens » du FSB

Cette position du CIO paraît molle, au lendemain des déclarations de son propre président, Thomas Bach, selon qui les conclusions du rapport McLaren faisaient état « d'une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité du sport et des Jeux olympiques ».

M. Bach avait alors ajouté que le CIO n'hésiterait pas à « prendre les sanctions les plus sévères ».

Rien de tel donc mardi. Et la Russie n'est donc pas le premier pays exclu des JO depuis l'Afghanistan des talibans, en 2000 à Sydney, ou l'Afrique du Sud de l'apartheid, revenue dans le giron olympique en 1992 après avoir été bannie pendant sept éditions, depuis 1964.

Véritable géant du sport, la Russie peut donc toujours espérer aller à Rio du 5 au 21 août.

À la une des journaux du monde entier fin juin, pour le comportement de ses hooligans lors du Championnat d'Europe de football (soccer) en France, la Russie avait à nouveau été placée au ban du monde sportif lundi par le rapport McLaren : pour le dopage cette fois.

« Système de dopage d'État » organisé depuis 2011 et jusqu'en 2015, résultats de contrôles antidopage falsifiés, échantillons positifs des JO d'hiver de Sotchi 2014 escamotés par une « trappe à souris » avec l'aide des « magiciens » du FSB, les services secrets russes : le rapport McLaren, commandé par l'Agence mondiale antidopage (AMA), avait décrit par le menu lundi la façon dont la Russie trichait, et ce depuis des années.

Et ce dopage n'avait pas touché que l'athlétisme, sport dans lequel la fédération russe (ARAF) est donc d'ores et déjà suspendue des Jeux de Rio, en attendant la décision du TAS.

Le texte évoquait ainsi 30 sports, dont l'haltérophilie, la lutte, le canoë, le cyclisme, le football, et même le curling...

Mais le CIO s'est refusé pour l'instant à utiliser « l'option nucléaire » de l'exclusion, selon les termes utilisés en juin par le Canadien Dick Pound, l'ancien président de l'AMA.

À 17 jours du coup d'envoi des JO brésiliens, l'exclusion totale de la Russie était pourtant demandée de tous côtés.

« Exigences provocatrices antirusses »

L'AMA, qui avait commandé son rapport au professeur McLaren, espérait ainsi lundi que le CIO allait frapper fort : « L'AMA appelle le mouvement sportif à empêcher la participation des sportifs russes aux compétitions internationales, y compris les JO de Rio », avait-elle insisté.

Cette sanction, demandée notamment par le Comité olympique allemand et plusieurs agences nationales de lutte contre le dopage, était également espérée par des représentants des athlètes, pour qui l'instance internationale joue là sa crédibilité.

Face à ces attaques, la Russie avait réagi dès lundi soir en dénonçant « une ingérence dangereuse » de la politique dans le sport et en évoquant le scénario d'une nouvelle guerre froide, sportive cette fois. « Oui, la forme de cette ingérence a changé, mais le but est le même : faire du sport un instrument de pression géopolitique », avait indiqué le Kremlin dans un communiqué.

Mardi matin encore, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'était plaint auprès de son homologue américain John Kerry des « exigences provocatrices et antirusses » de l'Agence américaine antidopage (USADA), qui demandait elle aussi l'exclusion totale de la Russie.

Si guerre froide sportive il y a, la Russie ne l'avait pas encore perdue mardi soir.

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