Héros d'un peuple, deuil d'exception

Jean Béliveau et Maurice Richard lors de la... (Photo Ryan Remiorz, PC)

Agrandir

Jean Béliveau et Maurice Richard lors de la cérémonie marquant la fermeture du Forum de Montréal, le 11 mars 1996.

Photo Ryan Remiorz, PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les hommages qui se succèdent jusqu'à plus soif. Le téléphone qui ne veut pas cesser de sonner. Ces milliers de personnes qui défilent devant le corps de votre père et les images de lui en boucle à la télévision.

Le deuil n'est jamais simple. Pour l'enfant d'une légende, l'expérience prend un tour incroyable, presque irréel. Combien de Québécois ont vécu ce que vit en ce moment la famille de Jean Béliveau? Peu. Maurice Richard fils est un de ceux-là.

«Si j'avais un conseil à donner aux membres de la famille Béliveau, je leur dirais de rester sereins. De vivre ces moments-là avec le public. Ça va durer le temps qu'il faut, une semaine peut-être. Et ensuite, ils vont chérir tous ces moments pour longtemps. Ça va devenir, comme pour nous, des souvenirs impérissables», assure le fils du Rocket en entrevue avec La Presse.

«Ce qui m'avait frappé à l'époque, c'était le face à face avec le public, avec les gens qui aimaient mon père. Les membres de la famille de Jean Béliveau vont vivre la même chose: ils vont rencontrer tout ce monde qui aime leur père. Ils vont se rendre compte du profond respect du public pour leur père. De l'amour immense qu'il y a.»

Partagé avec tout le Québec

Quand Maurice Richard s'est éteint dans la nuit du 27 mai 2000, la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre. «Au matin, tout le monde le savait, ç'a eu l'effet d'une bombe atomique», se rappelle l'homme de 69 ans. Les gens ont commencé à aller porter des fleurs devant la statue à l'aréna Maurice-Richard. Ils ont commencé à affluer à sa maison d'Ahuntsic.

Mais, pour la famille de la légende du Canadien a commencé un deuil partagé avec le Québec tout entier. «On a gardé une journée et une soirée pour la famille. Mais après, le public a eu accès. On n'aurait pas pensé de priver le public des cérémonies, explique Maurice Richard fils. C'était hors de question.»

Maurice Richard fils se recueille auprès de la... (Photo archives PC) - image 2.0

Agrandir

Maurice Richard fils se recueille auprès de la dépouille de son père.

Photo archives PC

La dépouille du héros a été exposée au Centre Bell - alors baptisé «Molson». C'est là que le fils a pris la pleine mesure de l'amour qu'inspirait son père. Pendant des heures, 115 000 personnes ont défilé devant la dépouille dans un flot ininterrompu. «C'était très touchant de voir les gens passer devant lui. Ils étaient très dignes, très respectueux. Le respect était sincère et extraordinaire.»

Puis, il y a eu le cortège funèbre. La famille était dans une limousine blanche. Le fils du défunt se souvient des visages qui défilaient devant lui. «Les gens pleuraient sur Sainte-Catherine», se rappelle-t-il.

Dans les jours et les semaines qui ont suivi sont venues les lettres. Par milliers. Maurice Richard fils les conserve encore chez lui. Il faut quinze boîtes pour les contenir. «Encore aujourd'hui, on a de la difficulté à les lire parce que nos émotions remontent à la surface d'un coup.»

Un amour surprenant

De ces jours tumultueux du printemps 2000, Maurice Richard fils garde des souvenirs doux-amers. Amers parce qu'il a perdu un père. Mais doux, parce que c'est à ce moment-là qu'il a pris la pleine mesure de l'amour que les gens lui portaient.

«Ç'a été une surprise. Parce que pour nous, Maurice Richard, Jean Béliveau, au jour le jour, ce sont des hommes ordinaires. Ce sont des pères de famille, raconte-t-il. Ils font partie de notre quotidien. Là, quand un événement comme ça arrive, on dirait qu'ils ne sont plus vraiment nos pères. On dirait qu'ils deviennent les pères du Québec.

«Ç'a été un moment triste. Mais en même temps, ce sont de beaux souvenirs, précise-t-il. On a réalisé à quel point notre père pouvait être aimé par le public.»

Aujourd'hui, Maurice Richard fils est l'un des rares qui puissent comprendre la veuve de Jean Béliveau, sa fille, ses deux petites-filles et sa famille. Il sait que les bons mots font du bien, qu'ils sont autant de preuves d'amour même s'ils viennent sous forme d'un déluge. Alors, excusez l'auteur de ces lignes d'en rajouter quelques-uns de plus.

«Monsieur Béliveau, ç'a toujours été un peu comme le frère de mon père, lance le fils du Rocket. Tout le monde l'aimait. Il était dans une classe à part. C'était un grand monsieur. Oui, un grand monsieur.»

- Avec la collaboration de François Fournier

Partager

lapresse.ca vous suggère

  • Ronald King | Le hockeyeur qui lisait des livres

    Ronald King

    Le hockeyeur qui lisait des livres

    Je n'ai pas tellement connu Jean Béliveau comme joueur, mais, à une certaine époque, mon fréquent compagnon de voyage, Gilles Tremblay - eh oui,... »

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer