Onde de choc chez les anciens du Canadien

D'un capitaine du Canadien à un autre: plus... (Photo Ryan Remiorz, archives PC)

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D'un capitaine du Canadien à un autre: plus que les chiffres, c'est la prestance de Jean Béliveau qui revient à Bob Gainey (à droite) quand il pense à l'ancien numéro 4 du Tricolore.

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Plusieurs anciens membres du Canadien savaient Jean Béliveau très malade au cours des dernières semaines, mais cela n'a pas amoindri l'impact du choc reçu au moment d'apprendre la mauvaise nouvelle.

En entrevue téléphonique avec La Presse, Bob Gainey, ancien capitaine, entraîneur et directeur général du club, a parlé avec émotion de celui qu'il appelle encore M. Béliveau.

«C'est une journée triste, a commencé par dire Gainey. C'est une journée triste pour n'importe quelle personne qui l'a déjà connu. En même temps, je savais qu'il était gravement malade. Je suis triste de son départ, mais je suis content que sa souffrance soit terminée.»

Jean Béliveau était déjà un ancien joueur au moment où Bob Gainey est arrivé dans le camp du Canadien, en 1973. Mais Gainey se souvient très bien que l'ex-numéro 4 prenait encore beaucoup de place dans les corridors du vieux Forum de Montréal.

«Je n'avais pas joué avec lui, mais plusieurs des gars de l'équipe avaient pu le faire, comme Serge Savard, Jacques Lemaire ou Jim Roberts. Et ils racontaient tout le temps des histoires par rapport à M. Béliveau. Quand je suis devenu capitaine de l'équipe, il était toujours dans l'entourage du club et il était toujours très juste avec moi. Il savait ce que ça voulait dire, porter le "C". Il était là et il m'appuyait constamment. Pour moi, c'était un exemple à suivre. Pour n'importe qui, passer du temps avec M. Béliveau, c'était un privilège.»

Ce que Bob Gainey retient encore après toutes ces années, ce ne sont pas les chiffres, mais bien l'allure de Jean Béliveau. Sa prestance. «Il était capable de communiquer avec n'importe qui, que ce soit avec un joueur, un homme d'affaires ou un gars au coin de la rue, se souvient l'ex-attaquant. C'était un homme impressionnant.»

Réjean Houle, lui, se rappelle un joueur qui était plus grand que nature dans le vieux vestiaire du Forum.

«Quand je suis arrivé avec l'équipe en 1970, il était encore là, a raconté Houle hier au Centre Bell. Je me souviens de l'avoir vu en allant dans le vestiaire la première fois... j'étais pas gros dans mes souliers! Je ne savais pas comment réagir, mais c'est lui qui s'est levé et qui est venu vers moi. Il était calme. Je me souviens qu'il ne parlait pas beaucoup comme joueur, mais quand il parlait, tout le monde écoutait.»

Présence au Forum

Jean Béliveau a fini par prendre sa retraite au terme de la saison 1970-1971, mais il est demeuré bien visible dans les corridors du Forum, puis dans les corridors du Centre Bell par la suite. Les joueurs de la conquête de 1993 se souviennent très bien de lui, incluant Guy Carbonneau.

«Quand je jouais, je disais toujours qu'on était l'équipe la plus choyée de la LNH, a raconté Carbonneau. Parce qu'on arrivait au Forum et qu'on avait la chance de croiser les Maurice Richard, Henri Richard, Yvan Cournoyer et Jean Béliveau. Et ce n'est pas pour manquer de respect à personne, mais M. Béliveau, il était en haut de la liste. Il a été un grand homme. J'ai essayé de calquer ma carrière sur la sienne, pas en tant que joueur, mais en tant que personne.»

Vincent Damphousse se souvient lui aussi très bien de ce joueur légendaire qui avait l'habitude d'aller s'asseoir tout juste derrière le banc des joueurs.

«Pour avoir été un capitaine du Canadien, Jean Béliveau, c'était le modèle, a affirmé Damphousse. Je ne l'ai pas vu jouer, mais c'était un homme qui avait de la classe, de la prestance. Il saluait les gens tout le temps. Il était poli, il prenait le temps de parler aux fans. On a été chanceux qu'il soit là. J'ai toujours trouvé que nous, les joueurs du Canadien, on avait une responsabilité envers les anciens qui étaient passés avant nous.»

Pour Éric Desjardins, Jean Béliveau demeure un modèle à suivre, même après toutes ces années.

«Il était un homme exemplaire, a souligné l'ex-défenseur. Par sa présence, il nous montrait comment se comporter, comment se présenter en tant que professionnel. Avec ce qu'il dégageait, il avait un impact immédiat sur son environnement. Il n'y a pas beaucoup de gens comme ça et lui, il était comme ça.»

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