L'homme qui a repêché Tim Thomas

Tim Thomas tente de réussir ce qu'aucun gardien... (Photo: Shaun Best, Reuters)

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Tim Thomas tente de réussir ce qu'aucun gardien des Bruins n'a pu faire depuis Gerry Cheevers en 1972: offrir une Coupe Stanley à la ville de Boston.

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Finale de la Coupe Stanley
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(Boston) Dave Draper l'avoue, sa mémoire lui joue des tours ces jours-ci. Au bout du fil, on l'entend éplucher ses cahiers de notes, parce qu'il ne se souvient pas de tous les détails. Mais il se souvient très bien de ceci: le jour où, à titre de dépisteur professionnel des Nordiques de Québec, il a suggéré à l'équipe de repêcher un certain Tim Thomas.

«Je l'avais vu jouer souvent à l'époque, raconte Draper en entrevue téléphonique. Il était avec l'équipe de l'Université du Vermont, et il avait exactement le même style qu'aujourd'hui. Il aimait sortir de son filet, et il me rappelait Gerry Cheevers...»

Ce qui ne manque pas d'ironie, puisque Tim Thomas tente maintenant de réussir ce qu'aucun gardien des Bruins n'a pu faire depuis Cheevers en 1972: offrir une Coupe Stanley à la ville de Boston.

Le long parcours de Thomas est déjà bien connu. Mais on connaît moins l'homme qui l'a repêché en 1994, avec le choix de neuvième ronde des Nordiques. Dave Draper est aujourd'hui âgé de 70 ans, et il est à la retraite. Mais il a longtemps bossé comme dépisteur dans la LNH, et a travaillé pendant neuf saisons avec l'organisation de Québec-Colorado.

Surtout, c'est lui qui a «vendu» Thomas au directeur général Pierre Lacroix, qui venait tout juste de prendre la place de Pierre Pagé à ce moment-là.

«On pouvait se douter que Tim Thomas allait jouer un jour dans la Ligue nationale, poursuit Dave Draper. Je me souviens de lui au Vermont, et il avait des statistiques incroyables. C'est clair que nous avions vu en lui un gardien avec le potentiel d'atteindre la LNH un jour, mais en même temps, personne ne s'attendait à ce qu'il devienne le gardien qu'il est devenu.»

Ce qui explique sans doute pourquoi Thomas a voyagé. Souvent. Il n'a jamais disputé un seul match dans le maillot bleu des Nordiques. En fait, il a dû attendre la saison 2002-03 avant de poser ses lames dans la LNH. Et encore, les Bruins ne lui ont fait confiance que le temps de quatre petits matchs cette saison-là.

C'est finalement en 2005, à l'âge de 31 ans, que Tim Thomas a véritablement percé chez les grands.

«Il a dû aller en Europe avant de revenir ici, se souvient Draper. On croyait en lui à l'époque, alors c'est dur d'expliquer pourquoi ça lui a pris tant de temps. Je me souviens que j'aimais son style, mais des fois, certains joueurs se perdent un peu quand ils vont jouer en Europe. Je lui avais souvent parlé avant qu'il ne soit repêché par les Nordiques, et je voyais déjà que ce gars-là avait du caractère et de la détermination.

«C'est souvent comme ça avec les gardiens. On peut en repêcher un dans les trois premières rondes en pensant qu'il va jouer un jour dans la LNH. Ceux qui sont repêchés plus tard, on ne sait jamais. Il faut être chanceux parfois.»

Dave Draper le reconnaît: Tim Thomas n'avait aucune chance chez les Nordiques, puisque l'organisation misait déjà sur de bons gardiens. Ses droits ont donc été cédés aux Oilers d'Edmonton lors du transfert de la concession au Colorado. Les Oilers ont aussi abandonné dans son cas, comme le Lightning de Tampa Bay par la suite.

«Ce que je me souviens aussi, c'est sa taille; on disait qu'il faisait 5'11, mais comme aujourd'hui, il n'avait pas l'air d'un gardien de 5'11! Il semblait plus petit. C'est peut-être à cause de son style de jeu qu'il a dû aller jouer en Europe. Il y a des gardiens qui mettent plus de temps que d'autres à se développer.»

Thomas y a mis du temps, mais le voici enfin au zénith. À Boston, on parle de lui comme d'un sérieux candidat au trophée Conn Smythe, remis au meilleur joueur des séries. Gagne ou perd.

Tout ça, c'est un peu grâce à Dave Draper.

«Mais je ne vois pas ça comme ça, répond-il. Si Tim Thomas en est là aujourd'hui, c'est parce qu'il a travaillé fort pour y arriver. Je ne peux pas accepter de félicitations pour ça. Mon seul regret, c'est qu'il ne soit pas demeuré au sein de notre organisation quand on l'a repêché.»

Coups bas dans les médias

Dans notre fabuleux milieu, il y a une règle d'or, qu'on apprend à respecter très très vite: «no cheering in the press box». En gros, ça veut dire qu'on ne manifeste pas sur la galerie de presse. Quand il y a un but, un touché, un coup de circuit, on se la ferme et on se contente de pitonner sur le clavier. Parce que c'est comme ça.

Ce n'est pas une règle qui est si dure à suivre. Les journalistes, pour la plupart, ne sont pas des fans d'une équipe. On me demande souvent pour quel club je prends. La réponse: personne. J'étais un fan du CH tout petit, un fan des Flyers ado, mais là, quand j'assiste à un match, j'ai juste un souhait: que ça finisse avant la prolongation, pour ne pas briser notre «deadline». Aussi pour aller à la bière au plus vite.

Alors c'est ça qui est ça. On ne prend pas pour personne. Mais depuis le début de cette finale, certains journalistes de Boston (non, je ne vais pas les nommer) semblent avoir le gros B des Bruins tatoué sur le front. C'est incroyable le nombre de coups bas que certains collègues envoient aux Luongo (pas de classe), Lapierre (un acteur, une honte) et Burrows (même chose que Lapierre, mais en deux fois pire). C'est un peu ridicule et ce n'est surtout pas bon pour la profession.

C'est vrai, Luongo aurait pu se garder une petite gêne l'autre soir, quand il a dit que le tir de Lapierre au cinquième match, lui, il l'aurait arrêté. C'est vrai. En même temps, on plante les joueurs de hockey parce qu'ils ne disent jamais rien. Là, il y en a un qui nous offre une jolie déclaration bien juteuse, et on fait quoi? On le plante.

Faudrait se brancher, il me semble.

Et faudrait aussi comprendre qu'on ne doit pas écrire avec des pompons dans les mains.

L'entraîneur des Canucks, Alain Vigneault.... (Photo: PC) - image 2.0

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L'entraîneur des Canucks, Alain Vigneault.

Photo: PC

Une finale épuisante

Dimanche à Boston, Alain Vigneault a reconnu que la finale est épuisante pour les joueurs. «Les déplacements, c'est exigeant pour les gars, c'est un défi», a-t-il expliqué.

Se taper Vancouver-Boston, c'est vrai que c'est un défi. Pour les joueurs, mais aussi pour tout le monde. Les employés de la ligue. Les membres des médias. Les fans, les vrais qui vont voir tous les matchs, autant à Boston qu'à Vancouver.

Question, juste de même: pourquoi ne pas adopter un format 2-3-2, comme la NBA le fait?

La LNH avait tenté l'expérience au milieu des années 1980, mais avait rapidement abandonné. Sauf qu'aujourd'hui, il faudrait peut-être songer à revenir au format 2-3-2. Juste au cours des récentes années, on a eu droit à des finales Anaheim-Ottawa et Caroline-Edmonton. Boston-Vancouver, ce n'est pas mieux pour le voyagement.

Selon Vigneault, il s'agit avant tout d'une question de tradition; la ligue n'a (presque) jamais modifié son format actuel, alors, pourquoi le faire maintenant? Mais tôt ou tard, ce serait une bonne idée d'y repenser un peu.

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Il n'y aura pas de Classique Héritage en 2011-12.

Photo: Reuters

Pas de Classique héritage la saison prochaine

Selon mon collègue Pierre LeBrun de ESPN.com, la LNH a donc décidé de ne présenter qu'un seul match à l'extérieur pour la saison prochaine, la Classique hivernale, qui sera probablement disputée à Philadelphie.

Le pendant canadien de cette heureuse initiative, la Classique héritage, devra donc sauter son tour.

C'est Geoff Molson qui va être déçu. En septembre, M.Molson m'avait confié que le Canadien cherchait à organiser un match en plein air, et que la demande avait été faite à la Ligue nationale. Gary Bettman m'avait ensuite confirmé que la ligue étudiait la demande du Canadien à ce sujet...

Mais ce ne sera pas pour 2011-12. Pour Montréal, le problème est peut-être un problème de stade; on ne peut présenter un match en plein air au Stade olympique (parce que ce ne serait plus un match en plein air, n'est-ce pas?) et le stade Molson des Alouettes est un peu trop petit pour un événement du genre.

Un souhait, tout de même: qu'on présente un jour la Classique héritage à Winnipeg. Juste pour voir combien de joueurs se découvriraient une mystérieuse blessure la veille du match.

Aaron Rome a mis K.-O. Nathan Horton lors... (Photo: AP) - image 4.0

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Aaron Rome a mis K.-O. Nathan Horton lors du troisième match présenté à Boston.

Photo: AP

Rome qui ne regrette rien

Le bout le plus incroyable du petit point de presse d'Aaron Rome, dimanche à Boston? Le gars ne regrette rien. Selon lui, en fait, c'est même un peu la faute de Nathan Horton, qui n'a pas su garder la tête haute.

C'est franchement inutile de penser à 10 000 façons de modifier la fameuse règle 48, parce qu'au fond, tout le monde sait très bien qu'il y a une seule façon de bannir les coups à la tête: imposer des amendes salées.

Si la LNH imposait des amendes de 75 000 $ pour des coups à la tête, comme la NFL peut le faire, je vous jure que certains gars mettraient les freins plus souvent.

Pour y arriver, il faudrait inclure cette possibilité dans la prochaine convention collective, ce qui n'arrivera pas. Parce que les joueurs ne vont jamais accepter des amendes aussi sévères, même si cela pourrait leur offrir plus de sécurité sur la glace.

En attendant, donc, la LNH doit tenter de faire peur à ses joueurs avec son amende maximale: 2500$. Bizarrement, ça ne semble pas très bien marcher.

Le chiffre de la semaine

0

Les tirs au but obtenus par Henrik Sedin lors des trois premiers matchs de la finale. Oui, c'est bien zéro. Que dire de plus?

La citation

«Du banc des joueurs, on n'entend rien...»

Alain Vigneault le comique. On venait de lui demander s'il y avait beaucoup de gros mots sur la glace depuis le début de la finale.

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