La vie dans la East Coast League

Philippe Paquet a été le choix de septième... (Photo: Alain Roberge, archives La Presse)

Agrandir

Philippe Paquet a été le choix de septième ronde du Canadien au repêchage de 2005. Il évolue maintenant au sein des Everblades de la Floride, dans la East Coast League.

Photo: Alain Roberge, archives La Presse

On pense à quoi quand on pense à la East Coast Hockey League? On pense aux bagarres. On imagine une ligue de vétérans amers qui s'accrochent. On pense que c'est là que jouent les Chiefs de Johnstown, le club qui a inspiré l'incontournable Slap Shot au cinéma.

Sauf que la East Coast League, ce n'est plus tout à fait ça.

Premièrement, les Chiefs ne sont plus; ils sont devenus les Road Warriors de Greenville cette saison. Ensuite, les joueurs de cette ligue, en majorité, sont des jeunes. Des gars qui attendent «en bas», comme on dit dans le milieu, en se croisant les doigts.

C'est le cas à Estero, Floride, là où jouent les Everblades de la Floride. Ce club comprend bien sûr David Fischer, l'ancien premier choix du Canadien (2006) qui tente de se faire remarquer là-bas. Mais les Everblades, c'est aussi un club qui mise sur le plus jeune des frères Staal, Jared, et aussi sur plusieurs joueurs de chez nous. D'ailleurs, ça parle français en masse dans le vestiaire des Everblades. Jusqu'à tout récemment, il y avait six Québécois chez les Everblades.

Il y en a deux que les fans du Canadien connaissent peut-être déjà: Francis Lemieux, et Philippe Paquet. Le premier est un gars de Sherbrooke qui a déjà appartenu au Canadien, qui a passé trois saisons à Hamilton, de 2005 à 2008. Le second fut le choix de septième ronde du Canadien au repêchage de 2005.

«J'ai joué à Hamilton avec les Bulldogs, et j'ai gagné la Coupe Calder là-bas, rappelle Lemieux, un joueur de centre. J'ai été souvent blessé, et j'ai été échangé à l'organisation des Red Wings par la suite. Je suis arrivé avec les Everblades cette saison, et je dois dire que j'ai été surpris. Le calibre est bon. C'est le fun de jouer ici, je me sens bien. Dans la Ligue américaine, je ne jouais pas. Ici, je joue environ 20 minutes par match. C'est bon pour la confiance.» Tellement que Lemieux vient à peine d'être rappelé dans la Ligue américaine, par le Moose du Manitoba.

Philippe Paquet s'amuse lui aussi, même s'il reconnaît que sur le coup, ce n'est pas si facile.

«C'est un peu dur au début, c'est sûr. L'an passé, je m'attendais à aller jouer avec les Bulldogs à Hamilton, ce n'est pas arrivé. Mais on est bien, l'organisation est bonne, une des meilleures de la ligue. Et il y a un paquet de joueurs québécois dans l'équipe.»

Évidemment, l'univers de la East Coast League n'est pas celui de la Ligue nationale. Il y a des différences de taille, à commencer par les évidences. Les budgets, on le devine, ne sont pas tout à fait les mêmes. Les salaires non plus.

«Je touche 625$ par semaine, dit Paquet. Quand tu joues ici, tu ne fais pas ça pour l'argent. Au moins, l'équipe nous loge. Plusieurs gars restent à Fort Myers, dans des appartements payés par le club. L'équipe a déjà acheté des maisons aux joueurs, en plus de payer l'hypothèque. Ici, on n'a pas de dépenses, à part le cellulaire et la voiture. Dans la Ligue américaine, les joueurs ne sont pas logés.

«Dans le fond, on est ici pour se faire voir. Si ça marche, tant mieux. J'ai mon bac en administration, et l'été, je travaille avec la Banque Nationale à Montréal. J'ai un bon plan B, alors aussi bien essayer à fond avec le hockey. J'ai quand même juste 23 ans, j'irai travailler derrière un bureau à 35 ans!»

La plupart des gars chez les Everblades vivent d'espoir. L'espoir de se retrouver, un jour, dans la LNH. Les chances sont minces, mais ça peut arriver, selon Craig Brush, le directeur général des Everblades.

«Les gars qui jouent ici pourchassent encore leur rêve. D'ordinaire, s'ils ne se retrouvent pas dans la LNH, ils vont jouer dans cette ligue pendant trois ou quatre ans avant de passer à autre chose. Certains vont partir pour l'Europe, mais on remarque que c'est moins fréquent de nos jours, parce que l'Europe, ça ne paie plus aussi bien qu'avant.»

Et cette réputation de ligue de durs de durs, où il y a des dizaines de bagarres à chaque soir? Craig Brush jure que la East Coast League, ce n'est plus du tout comme Slap Shot.

«Non, ce n'est plus ça. Il n'y a presque plus de bagarres dans notre ligue... au grand désespoir de nos fans, d'ailleurs!»

Marche bleue sur Long Island

Vous le savez déjà, plus de 1000 fans des Nordiques ont envahi le Nassau Coliseum de Uniondale, samedi soir, pour le match Thrashers-Islanders. L'idée, bien sûr, c'était de démontrer que Québec mérite pas mal plus un club que ces deux villes-là.

Je sais bien que les organisateurs ont répété que le but n'était pas de provoquer, mais dans les faits, c'était ça quand même. C'est un peu comme le type qui se présente à un rendez-vous galant vêtu d'un complet Hugo Boss à 1000$, et qui jure qu'il ne veut pas impressionner la fille. Je le sais, je l'ai déjà fait.

On pense à quoi quand on pense à la East Coast Hockey League?... (Photo: Reuters) - image 2.0

Agrandir

Photo: Reuters

Ceci dit, qu'est-ce que cette autre grande marche va donner? C'est plate, mais la vraie réponse, c'est probablement celle-ci: rien.

Vous auriez dû voir la tête de Gary Bettman à la réunion des gouverneurs, la semaine passée en Floride, quand on lui a parlé de Québec. Manifestement, notre commissaire favori est un peu tanné de ces histoires. Son bras droit Bill Daly aussi. D'ailleurs, la réponse de Daly était assez claire merci: on ne prendra jamais Québec au sérieux tant qu'on ne verra pas la première pelletée de terre.

Au bout du compte, c'est ça qui est ça. Les marches bleues, c'est bien sympa, mais ce n'est pas sur ce tableau que ça va se jouer. Les partisans sont là, et ils sont nombreux. C'est clair. Mais maintenant, ça va prendre du fric et des gestes concrets. Ça va prendre une nouvelle bâtisse au plus vite.

En attendant, ces manifestations bruyantes ne sont que ça, justement: du bruit.

Le retour de la Coupe du monde?

Le sujet est passé un peu dans le beurre lors de la réunion des gouverneurs, la semaine dernière à Palm Beach. Entre deux ou trois déclarations sur les déménagements possibles, sur les coups à la tête et sur les contrats de télé, Gary Bettman, avant de nous quitter, a échappé ce petit commentaire: «La Coupe du monde de hockey, c'est un projet qui nous intéresse et nous y réfléchirons lorsque le moment sera approprié», de faire savoir le commissaire.

Ça fait six ans qu'il n'y a pas eu de Coupe du monde au hockey. En fait, il y a eu seulement deux événements du genre dans l'histoire: celle de 1996, et celle de 2004, juste avant le lock-out. Avant ça, il y avait le tournoi de la Coupe Canada, qui était un peu la même chose.

Qui s'ennuie de la Coupe du monde dans cette salle? Bonne question, parce que les deux dernières n'ont pas vraiment laissé de souvenirs mémorables. Vous souvenez-vous seulement des deux clubs en grande finale il y a six ans?

Je m'en souviens, mais c'est sans doute juste parce que j'y étais. La grande finale avait été présentée à Toronto, et opposait le Canada à la Finlande. Je me souviens surtout de l'après-match, de ce vestiaire canadien désert environ une heure après la rencontre... et de la Coupe du monde qui était là, seule, sur le tapis! Je suis pas mal certain que j'aurais pu la glisser sous mon manteau et partir avec.

Je me souviens aussi de la réaction des fans dans les rues torontoises après le match. En un mot: tranquille. Zéro émotion, et presque zéro bruit, à part peut-être ces quatre ou cinq fans qui hurlaient avec leur drapeau canadien au centre-ville, sans doute après avoir bu une couple de Molson Canadian de trop.

Bref, la Coupe du monde n'a pas marqué beaucoup de gens, il me semble. Pas sûr que ce serait une bonne idée d'en organiser une autre.

On dit parfois qu'il n'y a pas de coupe du monde au hockey comme au soccer, mais c'est faux. Au hockey, la coupe du monde, c'est le tournoi olympique. Les meilleurs contre les meilleurs, c'est là. Et ce sera toujours là... à moins que la LNH en décide autrement

Un certain Corey Crawford

Qui a Corey Crawford dans son pool? En temps normal, je détesterais un peu ce jeune homme, parce que moi, dans mon pool, c'est l'autre gardien des Hawks que j'ai, un certain Marty Turco. Mais Crawford est en train de lui voler son poste... et c'est pleinement mérité.

J'ai rencontré Crawford-un gars de Montréal, en passant-au camp des Hawks en septembre. Modeste, il me disait combien il attendait sa chance. Eh bien, la voici.

Faut dire que le jeune homme de presque 26 ans a été patient. Ça fait cinq ans qu'il attend son tour dans la Ligue américaine, même si on dit depuis quelques années déjà qu'il est le gardien du futur à Chicago. Il croyait bien avoir sa chance la saison passée, mais Antti Niemi lui a volé la vedette à la dernière minute.

Cette fois, on dirait bien que Corey Crawford est en train de faire sa place.

À ses 13 départs, il a une fiche de 8-4-1. La direction des Hawks ne le dira peut-être pas ouvertement, mais le véritable gardien numéro un par là-bas, c'est lui.  

«Corey a bien joué récemment, et il mérite tout ce qui lui arrive», a déclaré Marty Turco au Chicago Sun-Times

En plein ça.

Le chiffre de la semaine

5

Le nombre de blanchissages réussis par Tim Thomas cette saison. Et dire que les Bruins songeaient à l'échanger cet été....

La statistique de la semaine

Les Penguins de Pittsburgh viennent d'en gagner 12 de suite. Que dire de plus?

La citation de la semaine

«Québec mérite une équipe, mais j'espère que ce ne sera pas la nôtre!»

John Tavares, des Islanders de New York, cité par le Soleil.  

Les deux pouces en l'air de la semaine

Aux fidèles de La Presse qui se sont pointés au party de la section des Sports, vendredi soir au Diable Vert de Montréal, dans le cadre de la grande guignolée des médias. Bravo!

À l'extérieur de la patinoire

> J'avais prévu un Super Bowl Baltimore-Dallas. J'étais dans le champ, et aujourd'hui, je me pose une question: mais qui va pouvoir battre les Patriots? 

> Question, juste de même, aux dirigeants des Titans du Tennessee: pourquoi avoir embauché Randy Moss si c'est pour lui lancer le ballon une fois par mois?

> Il n'a peut-être pas récolté le K.-O. samedi soir au Centre Bell, mais quand même, tout une performance de Georges St-Pierre. Et maintenant, l'immense combat contre Anderson Silva, c'est pour quand?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1600166:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer