Le Centre Bell inhospitalier... pour qui?

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En matchs éliminatoires, depuis que le Centre Bell a ouvert ses portes en 1996, le Canadien y présente une fiche de 26 victoires... et 36 défaites, selon Shrpsports.com.

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Le cliché est si répandu qu'un journaliste aux pratiques douteuses pourrait écrire son article d'avance. « Ce n'est jamais facile de jouer au Centre Bell. » « La foule est intimidante. » Autant de phrases entendues au début de chaque série éliminatoire.

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Depuis l'arrivée d'Alain Vigneault derrière le banc des Rangers en 2013, aucune autre équipe n'a amassé plus que les 209 points des New-Yorkais sur les patinoires adverses.

Photo Bernard Brault, La Presse

Jeudi midi, après l'entraînement des Rangers de New York, c'était au tour de Rick Nash de se prononcer.

« Il y avait de l'électricité dans l'air [mercredi], surtout dans les cinq premières minutes. La présentation était incroyable. Je suis canadien, je sais à quel point les partisans aiment le hockey.

« On savait que l'on devait calmer la tempête dans les cinq premières minutes, c'était la clé », a ajouté le vétéran attaquant des Rangers.

Kevin Hayes : « Dès qu'un joueur de Montréal distribue une mise en échec, l'aréna explose, c'est fou. Si la mise en échec mène à une chance de marquer, c'est encore plus bruyant. »

Aucun doute, le Centre Bell peut être assourdissant en séries. Mais est-ce un avantage pour autant pour l'équipe locale ? Vendredi soir, les Rangers tenteront une nouvelle fois de mettre à mal les clichés qui circulent au sujet du domicile du Canadien.

En matchs éliminatoires, depuis que le Centre Bell a ouvert ses portes en 1996, le Canadien y présente une fiche de 26 victoires... et 36 défaites* ! Si on rapporte ce total sur 82 matchs, on parlerait d'une saison de 34 victoires.

Évidemment, il est difficile de comparer ces statistiques avec celles d'une saison. Ce sont les séries, donc les clubs médiocres sont forcément exclus. Trois fois, le Canadien a même dû en découdre avec les futurs champions de la Coupe Stanley : le Lightning de Tampa Bay en 2004, les Hurricanes de la Caroline en 2006 et les Bruins de Boston en 2011.

N'empêche, la fiche du Canadien au Centre Bell permet de constater qu'une ambiance du tonnerre ne pèse pas très lourd dans la balance sur le résultat final.

GUERRIERS DE LA ROUTE

Les statistiques historiques sont amusantes, mais elles ne révèlent pas tout. Dans ce cas précis, elles servent surtout à déboulonner un mythe, mais ne nous disent pas grand-chose sur les Rangers.

Mais parlons-en, des hommes d'Alain Vigneault. S'il y a un groupe de joueurs qui sait comment gagner sur la route, c'est bien celui-ci. Les Rangers ont en effet terminé la saison avec une brillante fiche de 27-12-2 à l'étranger, la meilleure de la LNH. En fait, depuis l'arrivée de Vigneault en poste en 2013, aucune autre équipe n'a amassé plus que les 209 points des Rangers sur les patinoires adverses.

« C'est peut-être un adon. On n'essaie pas de jouer différemment », a laissé tomber Vigneault.

« Il n'y a pas une façon de jouer sur la route et une autre façon à la maison. À mes yeux, il y a une seule façon de jouer, et c'est la bonne façon. Que l'on soit à Montréal, Chicago, Detroit ou New York, on essaie de jouer de la bonne façon. »

Vigneault ne voulait peut-être pas se lancer dans les grandes explications, mais Kevin Hayes, lui, a eu la gentillesse de le faire.

« On vient d'en parler, je n'avais pas réalisé à quel point notre dossier sur la route est excellent cette saison », a expliqué le centre de 24 ans.

« À l'étranger, on pense peut-être plus à effectuer les jeux les plus sûrs, car tu ne veux pas donner l'occasion aux partisans de se manifester. Si tu tentes une passe à la ligne bleue et que l'autre équipe part à 3-contre-2... Aussi bien envoyer la rondelle en fond de territoire pour sortir les partisans de l'équation. »

- Kevin Hayes

En lisant ces propos, difficile de ne pas avoir en tête la troisième période du match de mercredi, au cours de laquelle les Rangers ont offert du jeu hermétique comme jamais, peuplant la zone neutre de chandails blancs pour ralentir les chandails rouges. Pas un hasard que le Tricolore n'ait réussi que six tirs sur Henrik Lundqvist dans cette période.

Il y a ça, et il y a la sagesse de quelques vétérans. Le noyau des Rangers est jeune - surtout à l'avant -, mais il y a aussi quelques vieux sages, dont Tanner Glass, un plombier de 33 ans qui a participé à une finale de la Coupe Stanley (2011). Coïncidence ou pas, c'est lui qui a placé les Rangers en avance, mercredi, et qui a contribué à calmer la tempête.

« Dans un amphithéâtre comme ça, où ça peut devenir fou, c'est bon d'avoir de l'expérience et de savoir que ça demeure le même sport que l'on pratique depuis qu'on est des enfants, a rappelé Glass. Il s'agit de relaxer et de faire le jeu qui est devant toi, d'ignorer le bruit ambiant. On a un bon groupe de meneurs qui prêche ce message. »

La série se poursuit ce soir avec le deuxième match, à 19 h, à Montréal. Les Rangers mènent 1-0.

* Source : Shrpsports.com




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