Jaromir Jagr a déjà été l'ennemi public numéro 1

Jaromir Jagr, qui célébrera ses 45 ans mercredi, assure qu'il... (Photo Darryl Dyck, PC)

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Jaromir Jagr, qui célébrera ses 45 ans mercredi, assure qu'il savoure chaque instant passé sur la patinoire beaucoup plus qu'à une certaine époque.

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Jonas Siegel
La Presse Canadienne

Bien avant qu'il ne devienne le favori de la foule, Jaromir Jagr a été l'ennemi public numéro 1.

Il était vraisemblablement le meilleur joueur sur la planète en 2001 - il était le premier depuis Wayne Gretzky à dominer la colonne des marqueurs de la LNH pendant quatre saisons consécutives -, mais semblait également avoir tourné le dos aux Penguins de Pittsburgh. Les saisons suivantes ont été sombres pour l'éventuel membre du Temple de la renommée du hockey, puisqu'elles ont été marquées par la frustration, la déception, la controverse et un tas d'argent avec les Capitals de Washington.

«Je vous garantis que si vous discutez avec Jaromir, il va admettre que ç'a été une époque difficile de sa vie, et de sa carrière professionnelle également», a confié Tim Hunter, l'ex-entraîneur adjoint des Capitals.

Alors qu'il s'apprête à célébrer son 45e anniversaire, Jagr est revenu sur sa carrière et dit qu'il ressentait le besoin dire la vérité sur au moins une chose: il n'a jamais voulu quitter les Penguins.

Il a rappelé que pour l'organisation de Pittsburgh, sa meilleure opportunité de connaître du succès, alors qu'elle traversait une période d'instabilité financière, était de l'échanger avec son imposant contrat pendant l'été. Le Tchèque était également conscient qu'avec la présence du joueur étoile Mario Lemieux, le Mellon Arena ferait salle comble tous les soirs, et il estimait essentiel que l'équipe trouve une façon de conserver les services d'autres joueurs talentueux tels que Robert Lang, Martin Straka et Alexei Kovalev.

Cet objectif serait inatteignable s'il choisissait de demeurer avec les Penguins. Et il savait qu'il n'y aurait jamais de transaction sauf s'il en demandait une à Craig Patrick, le directeur général de l'équipe qui était considéré - par Jagr - «comme un père pour lui».

«Si je ne lui avais pas demandé à être échangé... alors je n'aurais jamais été échangé, a évoqué Jagr, qui aura 45 ans mercredi. C'était dans le meilleur intérêt de l'équipe. De toute évidence, c'était une mauvaise décision - parce que tout le monde croyait que je voulais quitter.»

Jagr, qui est maintenant un joueur des Panthers de la Floride, a déclaré qu'il avait été abasourdi par les nombreuses questions portant sur «sa volonté» après son piètre rendement en séries éliminatoires ce printemps-là. Il s'était d'ailleurs exprimé en faveur d'un nouveau départ avec les Rangers de New York.

Ça n'a pas empêché Ted Leonsis d'insister pour que son directeur général, George McPhee, tente de conclure une entente avec lui. Moins de deux ans après qu'il se soit porté acquéreur des Capitals, Leonsis voyait en Jagr le joueur étoile qui pouvait revigorer la scène sportive à Washington. Michael Jordan sortirait cependant de la retraite quelques mois plus tard pour se joindre aux Wizards, dans la NBA.

Quelques mois après que les Capitals eurent finalement mis la main sur Jagr, ils lui ont offert - à cette époque-là - le contrat le plus lucratif de l'histoire de la ligue: sept ans et 77 millions $ US.

Mais son pacte gigantesque s'est révélé une distraction pour ses coéquipiers.

«Ils n'étaient pas très à l'aise avec le fait qu'ils étaient déjà en place, qu'ils travaillaient avec acharnement, qu'ils suivaient le plan de match, qu'ils étaient de bons soldats et qu'un gars comme lui arrive de nulle part et empoche 77 millions $», s'est souvenu Hunter, qui a qualifié cette entente «de pire chose» pour la carrière de Jagr à cette époque-là.

Les gestionnaires des Capitals ont tiré des leçons de cette expérience et appris qu'il était préférable de bâtir autour de jeunes joueurs et de choix au repêchage que de coûteuses vedettes acquises sur le marché des joueurs autonomes. Ils ont échangé Jagr aux Rangers en janvier 2004, et son séjour dans la capitale fédérale américaine aura finalement duré moins de 200 matchs - incluant les séries éliminatoires.

Après quatre saisons à New York - dont une de 123 points qui l'a propulsé de nouveau dans l'élite du circuit -, Jagr a surpris tout le monde en se joignant à la Kontinental Hockey League. Il est retourné dans la LNH trois ans plus tard et a immédiatement charmé la ligue avec sa coupe de cheveux rétro, ses vieux patins noirs et son franc-parler légendaire.

Jagr, le troisième plus vieux joueur de l'histoire de la ligue - derrière Gordie Howe et Chris Chelios -, assure qu'il savoure chaque instant passé sur la patinoire beaucoup plus qu'à une certaine époque, en prenant bien soin de mettre l'emphase sur le mot «savourer».

«J'avais du plaisir à cette époque-là aussi, mais la pression était plus importante, a mentionné Jagr. J'avais l'impression de devoir être ce gars-là, le meilleur joueur de la planète. Aujourd'hui, à mon âge, je veux simplement être le meilleur que je puisse être.»




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