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Phil Esposito a permis à Manon Rhéaume d'écrire une page d'histoire

Le 23 septembre 1992, Manon Rhéaume a enfilé... (Photo Chris O'Meara, archives AP)

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Le 23 septembre 1992, Manon Rhéaume a enfilé masque, plastron et jambières lors d'un match préparatoire de la LNH dans l'uniforme du Lightning de Tampa Bay.

Photo Chris O'Meara, archives AP

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Michel Lamarche
La Presse Canadienne

Une légende de la LNH a permis à Manon Rhéaume de pousser son incroyable aventure encore plus loin. Et pourtant, il ignorait au départ qu'il avait affaire à une femme lorsqu'on lui a présenté les séquences vidéo en action de la Québécoise.

Le 23 septembre 1992, Phil Esposito a contribué à écrire un chapitre sans précédent de la Ligue nationale de hockey - inégalé aujourd'hui - en ouvrant les portes du Lightning de Tampa Bay, alors un club d'expansion, à Rhéaume.

«Pour moi, Manon, ça ne me disait pas s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. N'oubliez pas que j'ai été un coéquipier de Carol Vadnais! dit-il en riant de bon coeur, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

«Quand je l'ai finalement rencontrée pour la première fois, j'ai lancé «C'est une blague!» Voilà cette jeune femme absolument superbe. J'ai fini par lui demander si elle voulait participer à notre camp d'entraînement et elle a dit oui.»

Aujourd'hui analyste des matchs du Lightning, Esposito ne s'en cache pas: la présence de Rhéaume allait aider à faire parler de son équipe. Il le savait. Mais il avait aussi aimé ce qu'il avait vu d'elle devant le filet, notamment la qualité de ses déplacements, et surtout le fait qu'elle ne semblait nullement intimidée.

«Lorsque je l'ai vue, il y a eu un déclic dans mon esprit. Je me suis dit que si elle pouvait connaître un camp d'entraînement le moindrement respectable et jouer dans les ligues mineures, il s'agirait d'un coup extraordinaire pour nous, car nous en étions à notre première année. Il fallait que la population de la région fasse connaissance avec le hockey.

«Et je voulais qu'elle joue, pour voir comment elle allait réagir et si elle allait être capable de réaliser quelque chose qui n'avait jamais été fait auparavant, soit qu'une femme participe à un match de la Ligue nationale de hockey», ajoute Esposito.

«C'est certain que je savais que c'était pour de la publicité, admet Rhéaume. Mais ça n'avait pas d'importance pour moi. Il fallait quand même que je sois performante. Je ne dis pas que j'aurais pu jouer dans la Ligue nationale. Mais j'ai été capable de participer à un match d'un camp d'entraînement dans la Ligue nationale.»

Désaccord

Il reste que l'initiative d'Esposito n'a pas fait l'unanimité. Son adjoint et célèbre frère, Tony, lui-même un ancien gardien, n'était pas d'accord, pas plus que l'entraîneur-chef Terry Crisp. Ce dernier l'avoue, mais il comprend aussi ce que son patron voulait faire.

«Nous n'étions pas dans un marché de hockey. Nous devions trouver notre niche. Quand j'ai rencontré Manon pour la première fois, j'ai trouvé qu'elle démontrait beaucoup de maturité. J'ai vu qu'elle n'était pas là seulement pour l'apparence. Elle adorait le hockey. Et parmi les six ou sept gardiens au camp, je crois qu'elle s'est classée troisième pour la moyenne de buts accordés pendant les matchs intra-équipe. Elle avait mérité la chance de jouer à cause de ses habiletés», relate Crisp.

Le reste appartient à l'histoire: Rhéaume a accordé deux buts sur neuf tirs en une période de jeu. Surtout, elle a géré toute cette attention avec brio selon le journaliste Roy Cummings, qui couvrait les activités du Lightning pour le Tampa Tribune.

«Je craignais, et c'était le cas de membres de l'organisation, que Phil soit allé trop loin. À mes yeux, il s'agissait d'un coup publicitaire, mais il a fonctionné parce qu'elle a livré la marchandise à tous les niveaux. Elle a aidé le Lightning à faire la une et à repousser les Buccaneers (l'équipe de la NFL) vers les pages intérieures des journaux. Pour moi, il s'agit de l'un des 20 moments marquants de l'histoire du sport à Tampa.»

Rhéaume conserve évidemment de merveilleux souvenirs de cette soirée. Une soirée qui l'a menée à diverses émissions de télévision, dont le talk-show de David Letterman, et le Today Show. Des émissions dont elle ignorait l'envergure et le prestige à l'époque.

Parmi ses souvenirs, elle a gardé le masque qu'elle a porté face aux Blues. Et elle se souvient aussi du trac qui l'a envahie dans les instants qui ont précédé le match.

«Jamais mon coeur n'a battu aussi rapidement qu'entre le moment où j'ai marché du vestiaire à la patinoire. J'avais de la difficulté à respirer. C'était tellement intense.

«Mais tout ça a disparu dès que je me suis retrouvée sur la glace. Je ne pensais plus que c'était un match de la Ligue nationale. Tout s'est effacé autour de moi, et c'était moi sur la glace, prenant part à un match de hockey.»

Vingt-quatre ans plus tard, personne n'a imité Rhéaume. Mais Esposito croit qu'une femme jouera un jour dans la LNH.

«Je ne serai peut-être plus de ce monde, mais je pense que ça va arriver. Ça ne pourra être qu'à la position de gardien de but, et cette femme devra mesurer cinq pieds 11 pouces et être dotée d'une bonne musculature.»

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