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Après un long été, la récompense de Mikhail Sergachev

S'il y a un mot qui revient souvent... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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S'il y a un mot qui revient souvent quand on parle du défenseur de 18 ans Mikhail Sergachev dans le vestiaire du Canadien, c'est bien celui-ci: maturité.

Photo Bernard Brault, La Presse

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(Buffalo) Quand on lui demande s'il aurait pu prévoir pareil scénario il y a quelques mois à peine, après sa première saison au hockey junior ontarien, Mikhail Sergachev répond d'un seul coup et d'un seul mot: «Non.»

Non, Sergachev n'aurait pu prévoir ceci, pas même dans ses rêves les plus fous. Mais c'est pourtant la réalité, la belle réalité: ce soir à Buffalo, sur la glace du KeyBank Center, ce défenseur de 18 ans, le plus jeune joueur de toute la Ligue nationale de hockey, va disputer le premier match de sa carrière, à la ligne bleue du Canadien de Montréal.

«Je croyais que si j'allais être repêché (en juin), mon équipe allait ensuite me retourner dans les rangs juniors, a expliqué le défenseur au terme de l'entraînement de ce matin. Mais j'ai eu un bon été et je sens que je suis prêt.»

Le «bon été» en question pourrait être perçu par plusieurs comme un été infernal, mais pas pour Mikhail Sergachev, qui est rentré en Russie cet été avec son chandail d'entraînement du Canadien dans ses bagages, avec la ferme intention de souffrir pour pouvoir ensuite faire partie de l'équipe en vue du match de ce soir, le premier de la saison.

«Je suis rentré en Russie, à Yaroslava, avec le chandail que l'équipe m'a donné lors du camp de développement en juillet... Je m'entraînais et le chandail était là, juste à mes côtés. Je commençais le lundi avec un entraînement en gymnase pendant quatre heures, et après la sieste, je faisais de la course pendant deux heures. Le mardi, je me levais à 5h30, je prenais le déjeuner et j'allais sur la glace à 6h30. Après une pause de 20 minutes, je retournais dans le gymnase pendant quatre autres heures, et c'était suivi d'une heure de vélo, puis j'allais faire la sieste et je revenais en gymnase pour une séance de boxe de deux heures. C'était comme ça à tous les jours.»

Sergachev admet en souriant qu'il n'a pas fait tout ça pour son propre plaisir. «Je pensais à ça», ajoute-t-il, en regardant ses coéquipiers dans le vestiaire des visiteurs.

S'il y a un mot qui revient souvent quand on parle de Mikhail Sergachev dans ce vestiaire, c'est bien celui-ci: maturité. Le jeune étonne un peu tout le monde avec sa tête d'un gars de 18 ans qui n'a pas l'air de 18 ans, mais surtout, il étonne des coéquipiers qui en ont pourtant déjà vu bien d'autres.

«Je n'ai jamais vu un jeune avec cette maturité. À l'aéroport hier, je voulais vérifier son passeport parce que je ne crois pas qu'il puisse vraiment avoir 18 ans», répond Max Pacioretty.

Le capitaine hoche d'ailleurs la tête d'un air étonné quand on lui demande de décrire son jeune coéquipier.

«Ce qui saute vraiment aux yeux, ajoute Pacioretty, c'est cette habitude qu'il a de seulement se concentrer sur le hockey. C'est comme s'il n'y avait rien d'autre pour lui. Un gars de 18 ans, qui ne pense qu'au hockey et à l'équipe comme il le fait, je n'ai jamais vu ça. On espère l'avoir avec nous pendant toute la saison, ça voudrait dire qu'il aurait poursuivi sa progression. Avec son attitude, il y a de fortes chances que ça arrive. Il est confiant, mais il n'est pas non plus un gars qui prêche par excès de confiance. Il ne franchit pas cette limite.»

En tout, six joueurs en seront ce soir à leur premier match dans le maillot montréalais, incluant des vétérans comme le défenseur Shea Weber et le gardien Al Montoya. On pouvait prévoir bien des choses par rapport au Canadien de 2016-17, mais il y a quelques mois à peine, on aurait eu bien du mal à prévoir la présence d'un défenseur de 18 ans dans la formation montréalaise lors du match d'ouverture.

C'est pourtant l'exploit que Mikhail Sergachev s'apprête à accomplir, ce soir à Buffalo.

Max Pacioretty a lui aussi du mal à y croire. «Je n'ai jamais vu rien de tel», a-t-il ajouté en hochant la tête. Encore une fois.

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