Sergachev et Scherbak se sont débrouillés seuls

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Choix de première ronde du Canadien (9e au total) il y a quelques jours à Buffalo, Mikhail Sergachev participait hier au camp de développement de la formation montréalaise.

Photo Robert Skinner, La Presse

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Pour la deuxième fois en trois ans, le Canadien a sélectionné un espoir russe au premier tour du repêchage. Autant Nikita Scherbak (2014) que Mikhail Sergachev (2016) ont prouvé à l'équipe de recrutement du Tricolore qu'ils étaient totalement engagés dans leur réussite avec leur étonnante capacité d'adaptation à l'environnement nord-américain.

Mais à l'âge de 17 ans, ils ont tous deux dû surmonter un obstacle auquel plusieurs Européens ne sont pas confrontés, à savoir leur méconnaissance totale de l'anglais à leur arrivée au Canada. Ils se sentaient bien loin de chez eux à leur première saison dans le hockey junior canadien!

Sergachev, en particulier, a connu des débuts tranquilles avec les Spitfires de Windsor. Il reconnaît que les mois d'octobre et de novembre ont été particulièrement difficiles. Mais ce n'est pas tant la maison qui lui manquait que les occasions de converser en russe.

«Ça fait trois ans que je ne vis plus avec ma famille, a souligné Sergachev, qui a signé vendredi son premier contrat professionnel. La première année, j'étais à Moscou alors que mes parents habitent Nizhnekamsk [à 1000 kilomètres de là]. Ensuite, je suis parti jouer à Kazan pour un an.»

«[...] Je suis habitué à ne pas voir mes parents. Mais j'avais surtout le mal du pays parce que je ne parlais pas l'anglais. Ç'a été dur.»

Sergachev dit que ses entraîneurs s'étaient aperçus d'une baisse de son niveau de jeu. En fait, ceux-ci croyaient que sa passion et son ardeur au jeu s'étaient éteintes. Même à l'entraînement, il se sentait vide.

Lorsque les Spitfires ont finalement compris que c'est le mal du pays qui le rongeait, ils ont fait les démarches pour que ses parents de même que sa soeur viennent à Windsor.

«C'est à compter de ce moment-là qu'on s'est mis à revoir toute la passion dans son jeu, indique l'entraîneur-chef Rocky Thompson. Ça n'a plus été un problème par la suite. La première année loin de chez soi est toujours la plus difficile pour un jeune. On le voit chez des jeunes qui s'éloignent de quelques centaines de kilomètres, alors imaginez pour celui qui arrive de Russie...»

À Windsor, Sergachev a fréquenté assidûment un tuteur pour l'aider à apprendre l'anglais. Dès le moment où il s'est mis à comprendre ce que ses entraîneurs lui demandaient, sa progression est devenue beaucoup plus marquée.

On l'a constaté sur la feuille de pointage: après avoir amorcé la campagne avec 12 points à ses 24 premiers matchs, le jeune arrière a produit au rythme d'un point par match à partir de la fin de novembre.

«Il parle mieux l'anglais que je ne le faisais à ma première année, note Scherbak. Je suis impressionné.»

Nikita Scherbak a été un choix de première... (Photo André Pichette, Archives La Presse) - image 2.0

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Nikita Scherbak a été un choix de première ronde du Canadien en 2014 (26e au total) qui a également dû apprendre à vivre loin de ses parents lors de sa première saison en Amérique du Nord.

Photo André Pichette, Archives La Presse

Mauvaise communication

Scherbak, lui, n'avait pas laissé ses ennuis d'intégration se mêler à son rendement sur la glace lorsqu'il portait l'uniforme des Blades de Saskatoon en 2013-2014. Dès le mois d'octobre, il avait enfilé 11 buts et ajouté 14 mentions d'aide en 14 matchs.

Mais les apparences peuvent être trompeuses...

«C'était très difficile, se souvient le choix de premier tour du Tricolore en 2014 (26e). La communication est mauvaise avec tout le monde dans les premiers mois mais, à mesure qu'on s'habitue au style de jeu et au reste, c'est bien moins pire en deuxième moitié de saison.»

«Quand les choses ne vont pas à notre goût, c'est à ce moment-là qu'on s'ennuie le plus de nos parents et de nos amis à la maison. Surtout qu'en ne parlant pas l'anglais, on ne peut rien dire.»

À Saskatoon, Scherbak devait se lever tôt le matin s'il espérait parler à ses parents. Car le décalage horaire n'était pas propice à des contacts constants.

«Mais ils m'ont quand même beaucoup parlé et beaucoup soutenu, dit-il. Quand je me demandais ce que je faisais de mal et que ça n'a allait pas, ils me disaient: "Fils, tu dois continuer, c'est ton rêve."»

La LNH «le plus vite possible»

L'an dernier, avec les IceCaps de St. John's, l'ailier de 20 ans a connu une autre année d'ajustement. Sa transition chez les professionnels, minée en première moitié de saison par une blessure à la cheville, n'a pas été de tout repos. Mais il croit quand même dur comme fer à ses chances d'entreprendre la prochaine saison à Montréal.

Idem pour Sergachev.

«Je veux montrer de quoi je suis capable et devenir meilleur, a-t-il expliqué. Il y a tant de bons joueurs de qui je peux apprendre. J'ai déjà rencontré Tomas Plekanec et je sais que je peux apprendre beaucoup de lui.

«Si le Canadien veut me renvoyer à Windsor, ce sera correct. J'essaierai d'aider mon équipe à remporter la Coupe Memorial... Mais ce serait pas mal mieux que je reste ici. Je veux jouer dans la LNH le plus vite possible.»

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