Sylvain Lefebvre: «C'est un vote de confiance»

«Si, chaque jour, je me demandais si je... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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«Si, chaque jour, je me demandais si je perds ma job, je ne serais pas dans le bon métier», dit Sylvain Lefebvre.

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Marc Bergevin a causé une certaine surprise en annonçant, lundi dernier, le retour de l'entièreté du personnel d'entraîneurs - sauf Craig Ramsay - du Canadien.

Une autre annonce est passée un peu plus inaperçue, mais a tout de même surpris quelques observateurs: le retour de Sylvain Lefebvre et de ses adjoints derrière le banc des IceCaps de St. John's.

Une surprise parce que le club-école du Tricolore a raté les séries éliminatoires pour la quatrième saison de suite. Et parce que les joueurs d'impact qui ont été produits par le club-école ces dernières années ne foisonnent pas.

Lefebvre a-t-il eu peur de perdre son poste? Dans son patelin de Sherbrooke, on écrivait même qu'il serait un bon candidat pour diriger le Phoenix...

«Si, chaque jour, je me demandais si je perds ma job, je ne serais pas dans le bon métier», a déclaré Lefebvre en conférence téléphonique.

«C'est un métier difficile où c'est dur d'avoir de la stabilité. Oui, on veut participer aux séries chaque année. Mais il ne faut pas oublier les priorités de l'organisation. Quand on voit les jeunes progresser et aider le Canadien, c'est notre récompense.

«Pour nous, c'est un vote de confiance», ajoute-t-il, tout en rappelant qu'il reste un an à son contrat.

Parmi les 30 pilotes en poste dans la Ligue américaine, un seul a survécu à quatre exclusions de suite des séries. C'est Roy Somner, des Barracudas de San Jose, qui a raté le tournoi de 2011 à 2014, avant d'y participer en 2015.

À Albany, Rick Kowalsky a raté les séries quatre fois en cinq ans, mais les Devils ont été récompensés pour leur patience cette saison, puisqu'il a été nommé entraîneur en chef de l'année dans la Ligue américaine.

Le développement des joueurs

Les fameuses «priorités de l'organisation», Bergevin le répète souvent, sont plus liées au développement des joueurs qu'aux résultats du club-école.

Mais qu'en est-il de ce développement? De tous les joueurs que Lefebvre a dirigés depuis son arrivée, seulement trois se sont établis à temps plein dans la LNH: Brendan Gallagher, Nathan Beaulieu et Mike Condon.

On croyait Michaël Bournival et Jacob De La Rose établis, mais ils ont finalement été renvoyés dans la Ligue américaine après avoir disputé des dizaines de matchs dans le circuit Bettman.

Enfin, il y a tous ces joueurs qu'on a vus à l'oeuvre à Montréal cette saison en raison des blessures et qui devront prouver, l'automne prochain, qu'ils ont encore leur place quand tout le monde est en santé: Greg Pateryn, Daniel Carr, Sven Andrighetto, Michael McCarron...

À l'exception de Gallagher, il n'y a pas vraiment de joueurs d'impact dans ces listes. Si Beaulieu ou Pateryn s'établissent comme des défenseurs capables de jouer 20 minutes par match, ils pourraient aussi entrer dans cette catégorie. Idem pour McCarron, Andrighetto et Carr, qui devront jouer dans les deux premiers trios pour en faire partie.

Bref, le bilan est mince jusqu'ici, mais le jury délibère toujours. En attendant, Lefebvre est satisfait de ses résultats.

«C'est un bilan positif. Des joueurs comme Gallagher, tu ne les gardes pas longtemps, rappelle-t-il. On a eu beaucoup de défenseurs: Pateryn, Beaulieu, Jarred Tinordi, Morgan Ellis.» 

«Tu as des vagues de jeunes. Dans l'ensemble, on est satisfaits de leur progression, même si ce n'est pas évident. Certains s'adaptent plus ou moins bien, ça dépend du talent.»

Il y a aussi, bien sûr, la question du recrutement. Bergevin rappelait, lors de son bilan, que le CH a été «victime de ses succès», ces dernières années, et n'a pas bénéficié de choix élevés au repêchage depuis Alex Galchenyuk (3e) en 2012.

Par contre, les Sénateurs d'Ottawa excellent à ce niveau, ayant développé Jean-Gabriel Pageau (96e), Mark Stone (178e) et Mike Hoffman (130e), des joueurs repêchés après le troisième tour.

Du monde à la messe

La panoplie de blessures chez le Canadien a fait sentir ses effets jusqu'à Terre-Neuve. Les IceCaps ont en effet employé 51 joueurs cette saison. Lefebvre s'attarde plutôt à l'aspect positif de cette situation.

«Des gars comme Mark McMillan, Charles Hudon, Tim Bozon, Jérémy Grégoire, Gabriel Dumont et Nikita Scherbak ont eu beaucoup de temps de glace en raison des rappels. Pour Scherbak, ça a compensé les matchs qu'il a manqués en début de saison. Des gars de l'ECHL ont eu des chances. Et je regarde le classement: pour participer aux séries, tu dois être 10 matchs au-dessus de ,500. C'est très difficile.»

Notons toutefois que les Marlies de Toronto ont employé 58 joueurs et sont tout de même assurés de terminer premiers au classement général. C'est la seule équipe à avoir utilisé plus de joueurs que les IceCaps cette saison.

Derrière ces deux équipes, les Gulls de San Diego ont fait appel à 49 joueurs et participeront également aux séries.

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Sylvain Lefebvre en vrac

Sur Charles Hudon, seulement trois matchs dans la LNH: «C'est au niveau de la constance. Il doit toujours être intense. Il a énormément de talent, il est rendu à 28 buts. Son dernier match était un de ses meilleurs avec nous. Il est capable de finir ses mises en échec, il peut jouer à plein de positions, en avantage numérique aussi. C'est une question de temps. Il a besoin d'un été productif. Et son intensité doit être constante dans un match. C'est aussi un bon jeune.»

Sur Nikita Scherbak, différentiel de -25 cette saison: «Le temps qu'il a perdu en début de saison en raison de sa blessure ne l'a pas aidé. Quand on parle du nombre de joueurs utilisés, tu dois jongler avec tes éléments. J'en avais parfois besoin au centre ou à droite. Il a joué en avantage numérique. Il a pris des mises au jeu importantes, il doit aussi apprendre à jouer dans de grosses situations. Il manque parfois de maturité dans son effort au travail, mais ce n'est pas un kid à problèmes.»

Sur Zachary Fucale, fiche de 16-18-4, moyenne de 3,11: «Il a connu une bonne saison. Il veut jouer, il met les bouchées doubles, il travaille et il a une bonne attitude. C'est vraiment un bon groupe de joueurs. Mais ces jeunes sont trop durs envers eux-mêmes, donc quand ils connaissent un mauvais match, ils prennent ça mal. Mais Zach, c'est rare qu'il traîne ça en longueur. Mentalement, il est fort, il est capable de bloquer ça.»

Sur les défenseurs Darren Dietz et Joel Hanley, rappelés en fin de saison: «Dietz est un professionnel incroyable. Les matins, il est ici en même temps que nous. C'est un bon exemple pour plusieurs jeunes. Lui-même le reconnaît, il en est à sa troisième saison et parfois, c'est plus long que ce qu'on pense. On s'attendait à ce qu'il puisse tenir son bout dans la LNH. Mais tant qu'il n'en a pas la chance, on ne le sait pas. Même chose pour Hanley et [Ryan] Johnson.»

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