Nouveaux Ducks, même Canadien

Les Ducks d'Anaheim ont progressé d'année en année... (Photo Jerome Miron, archives USA TODAY Sports)

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Les Ducks d'Anaheim ont progressé d'année en année depuis l'arrivée de Bruce Boudreau derrière le banc, en 2011.

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Un astronaute parti dans l'espace le 28 décembre dernier n'en croirait pas ses yeux s'il revenait sur Terre aujourd'hui, pour peu qu'il soit également amateur de hockey dans ses temps libres.

Après les matchs disputés ce jour-là, le Canadien occupait le premier rang de la division Atlantique, un point devant les Panthers de la Floride. Les Ducks d'Anaheim venaient quant à eux au dernier rang de la division Pacifique, un point derrière les Oilers d'Edmonton.

Comme dans l'Atlantique, le classement était certes en train de se resserrer, mais en général, occuper le premier ou le dernier rang d'une division à Noël en dit long sur l'hiver et le printemps qui attendent ces équipes.

À ce point précis de la saison, ces deux formations devaient donner un sérieux coup de barre. Le CH s'enfonçait lentement mais sûrement, incapable de retomber sur ses pieds en l'absence de Carey Price. Les Ducks faisaient du surplace, et leur fiche de 4-4-1 jusque-là en décembre n'était pas suffisante pour une équipe qui tentait de rattraper le temps perdu. Doit-on rappeler que les palmipèdes avaient présenté une fiche de 1-7-2 en octobre?

À Montréal, la bouée de sauvetage a eu pour nom Ben Scrivens, avec les résultats que l'on connaît. Marc Bergevin en a fait l'acquisition justement cette journée-là, le 28 décembre.

Serrer les coudes

Les Ducks, eux, ont composé avec le personnel en place. Seulement, ils ont carrément changé de philosophie.

«On a réalisé qu'on pourrait ne pas marquer plus que 1,5 but par match, a admis l'entraîneur-chef Bruce Boudreau, après l'entraînement des siens à Brossard. Donc, si on voulait gagner, on devait limiter l'adversaire à un but par match. Il fallait arrêter d'utiliser l'excuse de la malchance [puck luck], car ça pouvait très bien ne jamais s'arrêter.

«On partait pour Calgary, Edmonton et Vancouver, a enchaîné Boudreau. Ces trois équipes étaient devant nous dans la division. Si on perdait ces matchs, on aurait eu toute une pente à remonter.»

Le 29 décembre, les Ducks l'ont emporté 1-0 sur les Flames. Deux jours plus tard, contre les Oilers, même résultat. Le lendemain, les Ducks menaient 1-0 en troisième période, mais les Canucks ont créé l'égalité avant de gagner en tirs de barrage.

«On est revenus en se disant qu'on avait amassé cinq points sur six en jouant de cette façon. On savait que si on continuait à jouer de cette façon, on connaîtrait du succès», a raconté Boudreau.

Pour Ryan Getzlaf, ce n'est pas tant le discours de l'entraîneur qui a changé que l'application de celui-ci par les joueurs.

«Nos entraîneurs ont toujours voulu qu'on joue de cette façon, s'est esclaffé le capitaine des Ducks. Ça faisait partie du processus de comprendre ce que ça prend pour gagner à ce niveau, dans notre division.» 

«Avant de penser à marquer, il fallait bien jouer défensivement. Nous l'avons fait et ensuite, notre attaque a commencé à cliquer.»

Les résultats ont été spectaculaires. Depuis Noël, la fiche des Ducks s'établit à 28-7-3, et ce, même s'ils viennent seulement au 24e rang de la LNH avec 2,52 buts par match. En revanche, ils sont deuxièmes dans le circuit avec 2,25 buts accordés. Avec une victoire ou une défaite en prolongation ce soir, ils assureront leur place en séries.

De son côté, le Tricolore affiche un rendement de 13-21-3 depuis Noël. Les blessures du dernier mois marquent actuellement les esprits, mais les problèmes avaient commencé bien avant la congestion à l'infirmerie.

Parcours ardu en vue

Les Ducks seront donc des séries, mais c'est là que ça se complique. Les trois premières positions de la division Pacifique seront visiblement occupées par les trois équipes californiennes. C'est donc dire que s'ils restent à leur actuelle deuxième place, ils devront battre les Sharks de San Jose et les Kings de Los Angeles afin d'accéder à la finale de l'Ouest, où les attendra l'équipe qui ressortira vivante de la guerre nucléaire dans la division Centrale.

«Tu espères qu'ils se diminuent les uns les autres, note le vétéran défenseur Ryan Kesler. Tu donnes tout ce que tu as pour ton premier adversaire, ensuite, tu panses tes plaies et tu repars.»

Les Ducks ont progressé d'année en année depuis l'arrivée de Boudreau derrière le banc en 2011. Ils ont été exclus des séries à sa première saison, mais ont ensuite été éliminés au premier tour, puis au deuxième, et ont baissé pavillon en finale de l'Ouest la saison dernière.

S'ils poursuivent la tendance et qu'ils se rendent en finale, il faudra se souvenir de ce revirement de situation du temps des Fêtes.

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