Canadien: de bons mots pour le tournoi des recrues

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Le Canadien a renoué cette année avec le tournoi des recrues, une tradition qu'il avait délaissée depuis 2006.

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(London) Les tournois de recrues se multiplient dans la Ligue nationale, si bien que 27 équipes sont maintenant inscrites à l'un ou l'autre des sept tournois du genre.

Le Canadien a renoué cette année avec cette tradition qu'il avait délaissée depuis 2006, et Martin Lapointe semblait plutôt enchanté par l'expérience.

«Quand j'étais recruteur chez les Blackhawks, je me souviens que je regardais des matchs au tournoi de Traverse City, a évoqué Lapointe, directeur du développement des joueurs du Canadien, rencontré avant le match d'hier entre le Canadien et les Sénateurs. Les jeunes ont la chance de se retrouver contre des espoirs d'autres équipes. C'est mieux que de la compétition à l'interne. Il y a plus d'intensité quand tu joues contre une autre équipe. Les joueurs ne sont pas réticents à frapper. C'est différent des matchs intraéquipe.

«Cette année, ç'a très bien été. Je ne peux pas me prononcer pour l'an prochain, mais jusqu'ici, ça va bien.»

Ce serait le départ des Blackhawks de Chicago qui aurait ouvert la porte au Canadien pour ce tournoi, organisé chaque année par les Maple Leafs de Toronto. Les Penguins et les Sénateurs étaient les autres invités. Les Blackhawks, eux, se sont plutôt inscrits au tournoi de Traverse City, une compétition à 8 équipes organisée par les Red Wings de Detroit depuis 17 ans.

Seuls l'Avalanche du Colorado, les Islanders de New York et les Flyers de Philadelphie étaient sans tournoi cet été.

Les joueurs enthousiastes

Jouer contre de «vrais» adversaires, c'est bien beau. Jouer devant une foule aussi. Mais les joueurs, eux, voient d'autres avantages bien plus tangibles.

«C'est bon, tu arrives ici et tu peux aller chercher de la confiance, estime l'attaquant des Penguins Jean-Sébastien Dea. Quand tu arrives au gros camp, tu peux avoir une longueur d'avance sur les autres. C'est du hockey intense, les gars veulent montrer à leur organisation ce qu'ils sont capables de faire.»

«C'est de l'expérience incroyable pour l'avenir, et en même temps, je ne me fais pas seulement voir par les Penguins. Il y a les trois autres équipes aussi, rappelle le défenseur Mickael Beauregard, qui obtient actuellement un essai avec les Penguins. Même si je ne m'entends pas avec Pittsburgh, ça me donne de la visibilité, et il y a même des recruteurs des autres équipes dans les gradins. Plus tu as de la visibilité, mieux c'est.»

Pour les esprits compétitifs comme Jérémy Grégoire, le tournoi était également le bienvenu.

«J'adore ça, je veux gagner. Je ne me souviens pas d'un match intraéquipe que j'ai gagné!, explique le numéro 47. Ici, d'être avec les gars, on apprend à se connaître un peu plus. Oui, on se côtoyait dans les matchs intraéquipe, mais on apprenait aussi à se haïr.»

L'envers de la médaille

Le jeu physique était évidemment à l'honneur, en particulier dans le duel Canadien-Sénateurs d'hier. «Les gars n'ont pas peur de s'arracher la tête», reconnaît Grégoire.

Sept combats ont éclaté dans les trois rencontres du CH, dont trois hier. Tim Bozon en a pris pour son rhume en fin de match contre Travis Ewanyk, qui a cherché noise aux adversaires toute la soirée.

Cela dit, après deux matchs, on répertoriait un seul éclopé chez le Tricolore: Connor Crisp, atteint à une jambe par une rondelle. Mais le risque de blessure n'augmente-t-il pas avec ces nombreux combats?

«Non, je ne pense pas. Ça fait partie de la game, opine Sylvain Lefebvre. On ne cherche pas ça, mais les joueurs veulent montrer ce qu'ils sont capables de faire. On demande aussi aux joueurs de démontrer leur talent et il y en a pour qui c'est le jeu physique.»

«Personne ne force les gars à se battre, ce sont les gars qui décident d'y aller, ajoute Grégoire. Donc non, il n'y en a pas trop. Le premier match Ottawa-Toronto, je crois qu'il n'y en a pas eu. Ça dépend des matchs. Mais moi, je ne m'en plaindrai pas.»

La robustesse des rencontres n'aura pas empêché des joueurs de finesse et de petit gabarit de se démarquer. Chez le Canadien, l'attaquant Charles Hudon et le défenseur Ryan Johnston ont fait tourner les têtes, sans oublier l'attaquant Angelo Miceli, qui lutte pour obtenir un contrat avec le Tricolore.

N'empêche, depuis quelques années, les bagarres sont constamment en baisse dans la LNH. Mais aux yeux des jeunes, il s'agit encore visiblement d'un outil pour attirer l'attention des dirigeants.

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Perron et O'Connor brillent

À leur dernier match de la fin de semaine, les espoirs du Tricolore ont baissé pavillon 2-1 devant ceux des Sénateurs d'Ottawa. L'attaquant Francis Perron, un choix de 7e tour des Ottaviens en 2014, a enfilé les deux buts des vainqueurs et est passé à un poteau près de compléter son tour du chapeau au dernier tiers. Le gardien Zachary Fucale a été bombardé de plus de 40 tirs et s'est bien débrouillé devant le filet montréalais. Mais son adversaire, le géant de 6 pi 6 po Matt O'Connor, a été encore meilleur. Il a seulement cédé devant Dryden Hunt, qui a profité d'une jolie passe d'Angelo Miceli.

Un bon week-end...

Miceli a clairement été la surprise de la fin de semaine. Le petit centre, cinquième marqueur de la LHJMQ la saison dernière, a été l'attaquant le plus menaçant du Tricolore hier, et il a préparé l'unique filet des siens. Il avait aussi été la vedette offensive vendredi, avec trois aides. Le défenseur Ryan Johnston, qui a décroché un contrat au camp de développement du CH l'été dernier, a disputé deux très bons matchs, vendredi et samedi. Notons toutefois qu'il a 23 ans et qu'il affrontait bon nombre de joueurs plus jeunes que lui. Charles Hudon, avec deux buts et trois poteaux, a été acharné tout le week-end. Notons aussi que le gardien Zachary Fucale s'est très bien tiré d'affaire lors de ses deux départs.

... et un moins bon week-end

On s'attend à ce que les joueurs plus âgés dominent, mais ça n'a pas été le cas pour tous. Daniel Carr, un des meilleurs éléments des Bulldogs la saison dernière, a été plutôt effacé malgré ses 23 ans. «C'est ce type de joueur, on ne le voit pas beaucoup, mais il est efficace malgré tout», a répondu Lefebvre en guise d'explication. Un autre attaquant plus âgé, Connor Crisp, en a lui aussi arraché. Daniel Audette a été incapable de faire jaillir son talent offensif, mais il jouait aussi en général au sein du troisième trio. À la ligne bleue, Dalton Thrower ne semble pas en voie de relancer sa carrière. Sa sélection au deuxième tour en 2012 ressemble de plus en plus à un coup d'épée dans l'eau.

Jérémy batailleur

Jérémy Grégoire a dévoilé une partie de sa personnalité moins connue en livrant deux combats en trois matchs. «À 18-19 ans, tu joues souvent contre les deux premiers trios dans le junior, donc je me battais moins. Mais à 16-17 ans, ça arrivait plus souvent», a rappelé le jeune homme, qui en est venu aux coups à trois reprises la saison dernière dans la LHJMQ. Martin Lapointe, lui, a aimé ce qu'il a vu. «Son caractère est incroyable. La raison pour laquelle il s'est battu dans le premier match, c'est qu'il était en maudit contre lui-même. Il m'a dit: tant qu'à bouder au banc, je suis aussi bien de faire quelque chose sur la glace. C'est le genre de joueur qu'il est, et tu ne peux pas lui enlever ça.»

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