Angelo Esposito: le rêve évanoui

Angelo Esposito a pris une pause du hockey... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Angelo Esposito a pris une pause du hockey cet hiver pour réfléchir à son avenir, lui qui a fait une croix sur son rêve d'atteindre un jour la LNH.

Photo David Boily, archives La Presse

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Il n'y a pas si longtemps, on parlait de lui comme d'une future grande vedette dans la Ligue nationale de hockey.

Angelo Esposito venait d'amasser 98 points en seulement 56 matchs à sa première saison avec les Remparts de Québec, à 17 ans, et il ne faisait pas de doute qu'il constituerait un des premiers choix lors du repêchage de la LNH en 2007.

Son entraîneur de l'époque, Patrick Roy, avait même confié à La Presse que le Canadien ne pouvait se permettre de l'ignorer, sans quoi il risquait de le regretter - comme en 1980, quand l'équipe avait préféré Doug Wickenheiser à Denis Savard.

Sept ans plus tard, à 25 ans, Esposito ne joue pas au hockey cet hiver. Il a pris une pause pour réfléchir à son avenir. Son rêve de revenir dans la LNH s'est évanoui, il n'a plus d'agent et l'Europe demeure désormais sa seule option dans le hockey... l'an prochain.

Le mur, il l'a frappé de plein fouet en octobre au premier match de la saison des Comets de Fort Wayne, dans la Ligue de la Côte Est.

«Après deux saisons en Europe, j'ai voulu tenter un retour en Amérique du Nord cette année. J'étais curieux de voir où je pourrais aboutir. J'ai participé au camp d'entraînement du club de Lake Erie, dans la Ligue américaine, avant d'être renvoyé à Fort Wayne. J'ai bien fait en matchs préparatoires, avec environ cinq points en trois matchs. Mais lors du premier match de la saison, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais j'ai eu un blocage psychologique pendant la rencontre. J'ai vu ma carrière défiler, je me voyais tourner en rond, je me sentais si loin du rêve que j'avais entretenu toute ma vie. Après le match, j'ai avisé mon entraîneur que je rentrais à la maison pour prendre une pause. Je n'ai pas joué depuis.»

La cote d'Esposito a commencé à baisser à son année d'admissibilité au repêchage, en 2006-2007, après une production à la baisse à sa deuxième année avec les Remparts. Cette année-là, Patrick Kane est devenu au fil des mois le nouveau favori à titre de premier choix au total.

Le jeune homme originaire de Mont-Royal demeurait cependant un choix logique parmi le top 10. Ainsi, on a entendu des murmures lorsque le Canadien lui a préféré un défenseur américain issu d'une école secondaire, Ryan McDonagh. Esposito a finalement été repêché au 20e rang par les Penguins de Pittsburgh. Le Canadien aurait-il choisi Max Pacioretty deux rangs plus tard si Esposito avait encore été disponible ou aurait-il cédé à la pression populaire?

Blessures

Il n'empêche, Esposito trépignait de joie en ce 22 juin 2007 à l'idée de se retrouver avec Sidney Crosby, Evgeni Malkin et les Penguins. Ce sentiment n'était pas palpable parmi les partisans du CH et les médias montréalais. On rageait du fait que le CH avait choisi trois inconnus - McDonagh, Pacioretty et un certain P.K. Subban - avant Esposito, David Perron et Keven Veilleux.

Les mauvaises performances, et les vilaines nouvelles, ont commencé à s'accumuler pour Esposito à compter de ce jour. Moins d'un an plus tard, il passait aux pauvres Thrashers d'Atlanta dans la transaction qui envoyait Marian Hossa aux Penguins.

L'année suivante, après une solide performance au Championnat mondial junior et l'espoir très concret d'atteindre la LNH, il se bousille un genou. Une année de dur labeur en rééducation suivra. Manque de pot, son genou explose à nouveau la saison suivante. Le retour est difficile, il s'exile en Finlande, puis en Italie et en Autriche ces deux derniers hivers.

«Il y a évidemment plusieurs facteurs pour expliquer tout ça, mais deux grosses interventions chirurgicales consécutives au genou n'aident pas, dit-il. Mais il y avait aussi tout l'aspect psychologique. Se rendre chaque jour à l'aréna, faire de son mieux et ne pas obtenir le succès escompté. Puis tu vois surgir des gars pour qui ça marche. Ils sont au bon endroit au bon moment. C'est dur de ne pas sombrer dans le découragement.»

Un retour considéré en Europe

Esposito demeure actuellement dans la région d'Ottawa. Il a recommencé à s'entraîner de façon à trouver un poste quelque part en Europe l'an prochain. «Je n'ai rien fait pendant un mois et demi après [l'expérience de] Fort Wayne. Puis j'ai recommencé à m'ennuyer. Mais il était trop tard pour songer à revenir cette saison, je ne voulais pas tenter de jouer alors que tout le monde est en forme. Je vais me remettre en condition physique d'ici août prochain. Je veux connaître une belle carrière en Europe pour les cinq ou dix prochaines saisons.»

Il espère jouer en Suède, en Finlande, en Allemagne ou en Autriche. «Il y a aussi la Suisse, mais c'est difficile d'y accéder, car ils embauchent surtout d'anciens joueurs de la LNH ou des gros producteurs de points des circuits mineurs.»

Le «prochain Vincent Lecavalier» du hockey québécois a fait le deuil de son grand rêve. «On ne veut jamais dire jamais, mais il faut être réaliste. J'essaie de ne pas y penser. C'est toujours difficile quand tu ne réalises pas le rêve d'une vie. Je dois me donner d'autres objectifs. J'ai 25 ans et toute la vie devant moi. J'aurai d'autres projets à réaliser.»

Des exemples

Billy Beane est devenu l'un des plus grands cerveaux du monde du baseball après avoir raté sa carrière sportive. Alexandre Daigle est plus heureux que jamais dans sa vie de père de famille et d'homme d'affaires. Brian Lawton est devenu agent de joueurs, puis DG du Lightning de Tampa Bay pendant un certain temps. Esposito est un jeune homme intelligent et terre à terre. Sa seconde carrière pourrait être intéressante.

«Ils sont plus âgés que moi et ils ont réussi à bien se réorienter. J'ai hâte de voir si je pourrai m'accomplir moi aussi dans un autre domaine. Je n'y ai pas encore pensé, mais le monde financier m'intéresse beaucoup. Je suis le marché, et l'immobilier est un domaine qui m'attire. Sinon, j'étudierais n'importe quelle offre dans le monde du hockey.»

Esposito n'est pas aveugle. Il voit évidemment Max Pacioretty défoncer les filets adverses dans la Sainte Flanelle. «Je ne suis pas amer. Tout le monde espère être repêché par le club de son enfance. Mais on ne peut pas vivre dans le passé, sinon on va déprimer. J'ai eu la chance d'être toujours bien entouré par ma famille. Mes parents m'ont toujours appuyé dans les bons comme dans les mauvais moments, mon frère, ma soeur, mes amis. Toute cette expérience dans le hockey, ces déceptions, fera de moi un meilleur homme.»

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Angelo Esposito en quatre questions

> Livre favori: La biographie de Phil Esposito (aucun lien de parenté)

> Film favori: Je suis un grand fan de Will Smith.

> Personnalité marquante: Je rêvais de suivre les traces de Wayne Gretzky, mais mon père demeure ma plus grande inspiration.

> Métier autre que celui de hockeyeur: Médecin

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