La réputation de Pat Burns

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Intronisé hier au Temple de la renommée du hockey, Pat Burns était juste, mais pouvait aussi être direct, rugueux et intimidant pour ses joueurs.

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La réputation de dur attribuée à Pat Burns ne relevait pas de la légende urbaine.

L'ancien entraîneur du Canadien, des Maple Leafs, des Devils et des Bruins, intronisé hier au Temple de la renommée du hockey, était juste, mais pouvait aussi être direct, rugueux et intimidant pour ses joueurs.

«Tu ne voulais surtout pas te faire prendre en défaut, confiait hier l'ancien défenseur du CH Éric Desjardins. Ce n'était pas évident quand tu avais affaire à lui. Il ne mettait pas des gants blancs, il faisait passer ses messages!»

Desjardins a obtenu sa première chance dans la LNH à 19 ans seulement grâce à Burns, mais il a vécu un apprentissage à la dure lors de ses trois premières saisons.

«Ça pouvait être vraiment difficile par moments, poursuit Desjardins. À ma troisième année, je n'en pouvais vraiment plus. Je me suis permis d'aller le voir sur la glace après m'être fait savonner deux jours de suite. Je lui ai dit qu'il n'allait jamais pouvoir tirer le meilleur de moi-même ainsi parce que ça m'ébranlait et que ça affectait ma confiance. Il est parti sans me répondre.

«Je me disais que j'étais dans de beaux draps et que je ne jouerais probablement pas le match en soirée. Mais après, notre relation a changé pour le mieux. Il s'est ajusté et il ne m'a plus jamais traité comme il le faisait, il a peut-être compris qu'il devait me traiter d'une autre façon.»

Éric Desjardins a joué 17 ans dans la LNH, a remporté une Coupe Stanley et est devenu capitaine des Flyers de Philadelphie.

«Quand tu as le nez dedans, tu ne comprends pas. Tu es trop affecté sur le coup pour le réaliser. Avec le recul, j'ai apprécié ce qu'il a fait pour moi. Je le remercie pour ça. J'ai peut-être eu une longue carrière grâce à ça.»

Besoin de discipline

Burns s'est joint au Canadien en 1988 après une saison avec les Canadiens de Sherbrooke, à une époque où l'équipe avait grandement besoin de discipline.

Il remplaçait Jean Perron, qui n'arrivait pas à contrôler suffisamment ses vilains garçons au goût de son patron.

Burns a fait une déclaration qui a traversé les époques en envoyant promener Shayne Corson après un autre épisode peu glorieux dans un bar. «Corson, qu'il mange de la m...», avait-il lancé aux journalistes, médusés.

«Il y a eu des flammèches au début, parce que le contraste était frappant avec l'année précédente, mais les vétérans étaient heureux de son arrivée et de l'encadrement qu'il amenait à l'équipe. Il y avait des monuments au sein de l'équipe, Larry Robinson, Bob Gainey, Mats Naslund, Bobby Smith, Carbo, mais il s'est vite imposé et il était apprécié. L'arrivée d'un tel entraîneur était souhaitée. Les plus vieux avaient joué sous Scotty Bowman, de sorte que le choc a été moins grand.»

Quoi de mieux qu'un ancien flic pour faire la police dans ce vestiaire désorganisé.

«Pat arrivait avec une structure déjà en place, c'était le système de Jacques Lemaire, et Lappy (Jacques Laperrière) était encore en poste. Il était là pour faire en sorte qu'il n'y ait pas trop d'écarts de conduite. Il y avait deux gangs, les monuments et ceux qui fêtaient. Pat était connecté et il savait tout ce qui pouvait se passer.

«Il piquait ses plus grandes colères quand il savait qu'on n'avait pas été sages la veille ou le jour d'avant et qu'on ne fournissait pas l'effort nécessaire. Il pouvait nous donner un répit si on gagnait, mais il fallait gagner. Je l'ai vu renverser des cruches de Gatorade dans le vestiaire. C'est surtout dans ces circonstances qu'il pouvait perdre le contrôle.»

L'effet Burns

L'ascendant de Burns sur l'équipe a été immédiat. Le Canadien a atteint la finale de la Coupe Stanley au printemps 1989, dès sa première saison.

L'effet Burns a duré trois ans. De concert avec le directeur général Serge Savard, il s'est trouvé un boulot chez les Maple Leafs de Toronto.

«Malgré ce qu'on pouvait entendre à l'époque, je ne suis pas convaincu que ce sont les joueurs qui n'en voulaient plus. C'est dur de travailler à Montréal. Il y a eu plusieurs épisodes avec la presse, ça doit être drainant. D'ailleurs, ça ne s'est pas mal terminé avec M. Savard, qui l'a aidé à changer d'organisation.»

Pat Burns allait atteindre éventuellement la marque des 500 victoires et remporter sa première Coupe Stanley avec les Devils du New Jersey en 2003. Il est décédé en 2010 après une dure bagarre contre le cancer.

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