La Suisse «magique» de Guy Boucher

Guy Boucher est emballé par le défi de... (Photo fournie par le CP Berne)

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Guy Boucher est emballé par le défi de diriger le CP Berne, l'équipe qui évolue dans le marché de hockey le plus important en Suisse, sinon en Europe.

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Y a-t-il une vie hors de la Ligue nationale de hockey? Le bonheur est-il possible pour celui qui a connu les projecteurs du plus haut niveau et vit maintenant loin d'eux?

Si vous demandez à Guy Boucher, il vous répondra «oui» sans hésiter.

Par les temps qui courent, l'entraîneur vit avec sa famille dans une ferme des environs de Berne. Pour la première fois depuis des lustres, il a le temps de voir grandir ses enfants. Chaque soir, il dort à la maison. Le matin, il boit le lait frais des vaches du voisin. Il vient d'acheter des lapins à ses filles.

«Quand je suis assis chez moi, je vois les Alpes», décrit Boucher, tout de même un peu émerveillé, lors d'un entretien téléphonique.

Le bonheur n'est pas seulement domestique pour Guy Boucher, qui a pris la barre du CP Berne (SC Bern, en allemand) l'hiver dernier. Il est aussi sportif.

Boucher est devenu entraîneur-chef en janvier, à six matchs de la fin d'une saison désastreuse où l'équipe n'a pas fait les séries pour la première fois de son histoire.

Après une reconstruction à l'été, Berne se retrouve aujourd'hui au quatrième rang de la première division suisse. «C'est un très bon début de saison, surtout considérant qu'on avait neuf nouveaux joueurs, un nouvel entraîneur-chef, un nouvel entraîneur des gardiens de but, énumère Boucher. C'étaient de gros ajustements.»

C'étaient de gros ajustements pour Boucher lui-même. Avant d'arriver en Suisse, le Québécois avait surtout connu le hockey nord-américain. Il avait piloté les Voltigeurs de Drummondville, les Bulldogs de Hamilton et s'était ramassé à la tête du Lightning de Tampa Bay au tendre âge de 39 ans.

Il était perçu comme un surdoué du hockey. Puis, il a perdu son poste en mars 2013. Dans les mois qui ont suivi, Boucher espérait rester dans la LNH. Mais la meilleure offre est venue d'Europe.

«Berne, c'est le Canadien de Montréal de l'Europe», illustre-t-il. L'équipe a attiré l'année dernière 16 347 spectateurs par match, une moyenne de loin supérieure à toute autre équipe européenne et à plusieurs formations de la LNH.

«Je savais que ce ne serait pas des vacances. C'est de la pression. Il y a des attentes, des médias comme dans les gros marchés en Amérique du Nord. C'est très gros ici.»

Le meilleur équilibre

À l'été, l'équipe a recruté trois étrangers, dont le Montréalais et ancien des Sabres Marc-André Gragnani. Boucher l'avait connu dans le midget. «On avait besoin d'un quart-arrière à la défense. En ce moment, il est dans les sommets de la Ligue parmi les défenseurs offensifs.»

D'autres joueurs ont été largués. «Il fallait régler l'attitude, l'éthique de travail, mais surtout la discipline. Il fallait se débarrasser des joueurs qui n'entraient pas dans le cadre. Ça commence par le type d'individus.»

Le virage semble avoir porté ses fruits. Berne a une fiche positive. Et Guy Boucher ne tarit pas d'éloges sur cette ligue si méconnue au Québec.

«La Suisse, c'est le meilleur équilibre au monde. Le meilleur hockey se joue dans la Ligue nationale. Les plus beaux salaires sont probablement en KHL. Mais la Suisse offre le meilleur équilibre entre la qualité de vie, qui est exceptionnelle à tous les niveaux, les salaires et le calibre de hockey.»

Boucher estime que la qualité du jeu en Suisse se situe entre celle de la Ligue nationale et celle de la Ligue américaine. Mais la qualité de vie qu'on y trouve est quant à elle inégalée.

«Moi, j'étais habitué de n'être jamais chez nous. Dans la LNH, avec les parties hors concours, ça fait 90 matchs. Ici, on joue 50 matchs. Je suis chez moi chaque soir, car il n'y a pas un soir où je dors sur la route.»

Les voyages se font en autobus. Mais le plus long trajet dure à peine... trois heures. Une pacotille pour un entraîneur formé aux réalités nord-américaines. «On passe à travers les Alpes, des lacs, il y a de l'eau partout... Je savais que c'était un beau pays, mais pas à ce point. C'est incroyable. C'est magique.»

Son garçon et ses filles vont à l'école en français pour la première fois. «Ils le parlaient, mais là, ils apprennent à l'écrire. Ils ont été scolarisés en anglais parce qu'on ne vivait plus au Québec dans les dernières années.»

Un retour dans la LNH?

Guy Boucher adorait le hockey de la LNH. Mais son expérience suisse lui a fait remarquer à quel point il n'avait pas été présent avec sa famille dans les dernières années.

«Mon fils a 12 ans, mes jumelles ont 11 ans. Il reste quatre, cinq ans et ils seront des adolescents. Vivre ici en ce moment tombe vraiment à point. Ce sont les dernières années de l'enfance. Je me rends compte depuis quelque temps que j'ai manqué beaucoup, beaucoup de la vie de mes enfants dans les dernières années.»

Dans ces circonstances, la question se pose: Guy Boucher sauterait-il sur la première occasion de revenir dans la Ligue nationale?

«Ça ne sera pas pour cette année. Mais c'est sûr que je garde la LNH en tête. Cet été, j'ai refusé des offres parce que je n'avais pas de clause de sortie à mon contrat. Rester en Suisse était aussi ce que je voulais pour moi et la famille.»

«Il va sûrement y avoir d'autres occasions. Mais pour l'instant, je suis vraiment concentré sur ma job ici, à Berne. Mon but, c'est de gagner ici et de faire vivre de belles expériences à ma famille.»

Puis, Boucher ajoute: «Si vous demandiez à ma famille s'ils veulent que je retourne dans la Ligue nationale, ils répondraient "non" sans hésiter!»

Alors pour répondre à la question: oui, il existe une vie hors de la Ligue nationale de hockey.

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