Un Stéfan Matteau nouveau

Après avoir joué à 18 ans dans la... (Photo Christinne Muschi, archives Reuters)

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Après avoir joué à 18 ans dans la LNH, Stéfan Matteau dispute cette année sa deuxième saison dans la Ligue américaine. Un séjour salutaire pour sa carrière, croit le principal intéressé.

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(Troy, New York) Quand on pense aux débuts professionnels de Stéfan Matteau, difficile d'évoquer une meilleure image que celle de montagnes russes. Et voilà qu'une remontée semble se dessiner.

Résumons. Matteau est sélectionné au 29e rang par les Devils du New Jersey en 2012. Une bonne moitié de saison chez l'Armada de Blainville-Boisbriand lui vaut une invitation des Devils au mini-camp de janvier 2013 en vue de la campagne écourtée.

Surprise! À 18 ans, aidé par sa charpente de 6'1 et 215 lb, il convainc la direction de le garder dans la LNH. Mais après 17 matchs, l'équipe se ravise et le renvoie dans la LHJMQ. S'amorce alors la descente: expulsion très publique de l'Armada en plein coeur des séries après une querelle avec les entraîneurs, suivie d'une saison 2013-2014 passée entièrement dans la Ligue américaine.

Encore aujourd'hui, une recherche de son nom mène à de nombreux articles sur l'incident avec l'Armada.

«C'est dans le passé, ça fait longtemps que je l'ai dit, a mentionné le jeune homme de 20 ans, rencontré hier à l'aréna d'entraînement des Devils d'Albany. Ça n'a pas mis fin à ma carrière, leur organisation ne s'est pas effondrée non plus. Oui, il y avait beaucoup d'émotions. Jouer dans la LNH, revenir dans le junior, ce n'est pas facile, surtout à 18 ans.»

Une question de maturité

En revanche, si on lui parle plus généralement de maturité, le fils de Stéphane Matteau s'ouvre volontiers.

Un exemple. On revient sur ses débuts précoces dans la LNH. Dès son quatrième match, c'est la grande rentrée au Centre Bell. À l'entraînement matinal, il forme un trio avec Ilya Kovalchuk et Travis Zajac. Pas exactement des pieds de céleri. Avant la rencontre, les demandes d'entrevue s'accumulent.

Personne n'aurait prédit que le grand ailier gauche serait coincé dans la Ligue américaine près de deux ans plus tard.

«Je pense qu'ils ont fait exprès pour me garder dans la Ligue américaine la saison dernière; c'est ce qu'ils disaient, pour me ramener sur terre, admet-il. Et ç'a été positif. Jouer dans la LNH à 18 ans, ce n'est pas normal. Tu vis une vie de rock star. Mais pour un joueur comme moi, qui ne marquera pas 70 points par année, c'est important de jouer ici, dans la Ligue américaine.»

«En raison de sa taille et de ses habiletés, il a peut-être connu le succès facile, a admis l'entraîneur-chef de la filiale des Devils, Rick Kowalsky. Tu te dis qu'il devrait être dans la LNH, mais il n'y est pas. Ça n'a rien à voir avec la situation dans le junior, mais la maturité est importante. Certains joueurs ne sont pas dans la LNH pour des raisons psychologiques; d'autres, pour des raisons physiques. Pour Stéfan, évidemment, ce n'est pas physique. Il s'agit juste de comprendre comment être un professionnel et il s'en approche.

«C'est arrivé aussi à Adam Larsson et Alexander Urbom, poursuit Kowalsky. Ils jouent une dizaine de matchs dans la LNH, sont rétrogradés et se disent: la Ligue américaine, ce sera comme le junior. Et ce n'est pas ça. C'est une ligue difficile, tu joues contre des hommes, pas des enfants. Tu n'as pas le jet-set et les avions, tu descends de l'autobus à Syracuse en février et tu t'ennuies des gratte-ciel et de la grande ville! C'était son cas l'an passé, mais sa concentration est très bonne cette année.»

Le chemin du retour

Après une récolte de 26 points en 67 matchs à Albany l'an passé, Matteau se voit sur le chemin du retour. Retranché à la fin du camp au New Jersey, il ne s'est pas découragé. Il a amorcé la saison avec quatre points en trois matchs, avant d'être ralenti par une blessure au haut du corps. Mais le voici de retour au jeu.

«Ça a commencé au camp, où il a été excellent, rappelle Kowalsky. Cette année, il avait sa place dans la LNH et c'est ce que tu veux voir. Ils ne l'ont pas gardé, mais c'est encourageant de le voir se rapprocher.»

«Aujourd'hui, je me sens plus en confiance, je me sens réellement comme un membre de l'équipe. Je ne me sens plus comme le petit jeune chanceux qui était à la bonne place au bon moment», assure Matteau.

Son objectif n'est pas seulement d'être rappelé cette saison. «Si le rappel arrive, je veux rester là-bas», conclut-il.

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