Le hockey a enfin sa troisième division

Olivier Dame-Malka et Adam Hughesman entrent en colision... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Olivier Dame-Malka et Adam Hughesman entrent en colision dans un match de l'ECHL entre les Condors de Bakersfield et les Wranglers de Las Vegas, en 2012.

Photo Robert Skinner, La Presse

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C'était un vieux projet du hockey nord-américain: avoir une véritable troisième division professionnelle, après la LNH et la Ligue américaine, pour permettre le développement des joueurs.

C'est maintenant chose faite depuis le début du mois, alors que la ECHL a absorbé la Central Hockey League (CHL), 10 ans après avoir fait la même chose avec la West Coast Hockey League (WCHL). Sept équipes du Mid-Ouest américain se joignent cette saison à l'ECHL, ce qui porte le nombre total d'équipes à 28.

«On attendait depuis longtemps une vraie ligue (de troisième division) en Amérique du Nord. Désormais, il n'y a qu'un endroit où les équipes de la LNH peuvent envoyer leurs joueurs prendre de l'expérience dans un niveau inférieur à la Ligue américaine», note le porte-parole de l'ECHL, Joe Babik.

La CHL était en difficulté depuis des années. Plusieurs de ses équipes ont disparu au fil des ans. L'absorption de ses sept équipes restantes par l'ECHL a été finalisée au début du mois, à quelques semaines du début de la saison.

La fusion semble bien reçue par les joueurs. «Je pense que ça fait une ligue plus forte parce qu'il y a eu pas mal de difficultés financières pour certaines équipes dans les dernières années», note Jean Bourbeau, joueur de l'ECHL et représentant syndical au Professional Hockey Players Association (PHPA).

Reste que le bouleversement a fait des victimes collatérales. La convention collective dans la CHL permettait l'embauche de six vétérans (qui ont joué plus de 300 matchs professionnels), contre quatre dans l'ECHL. Résultat: plusieurs vétérans de la CHL ont perdu leur emploi.

Le Québécois Alex Bourret est à même de le constater. Après deux ans dans la Ligue nord-américaine de hockey, il est retourné à l'ECHL cet automne. Son équipe, le Thunder de Wichita, est une des sept franchises de la CHL à fusionner. «C'est triste, il y a des vétérans qui vivaient avec leur famille à Wichita et qui du jour au lendemain perdent leur job, déplore-t-il. Ça, c'est sûr que c'est moyen.»

Mais dans l'ensemble, Bourret, qui a disputé plusieurs saisons dans l'ECHL et la CHL, voit la fusion d'un bon oeil. Il pense que la consolidation d'une troisième division au hockey va faciliter le passage des jeunes à l'ECHL, et ultimement à l'AHL.

«À mon âge, ça ne change plus rien. Mais pour un gars entre 22 et 25 ans qui avait de la misère à se trouver une job dans l'ECHL, ce sera peut-être un peu plus facile avec sept équipes de plus.»

Une industrie difficile

Les grands bouleversements qui touchent le hockey de troisième division découlent de ses difficultés. Il y a deux ans, il y avait quatre équipes de plus de ce niveau en Amérique du Nord: deux dans la CHL et deux dans l'ECHL. Ce sont donc 80 emplois de hockeyeurs professionnels qui ont disparu.

Mais la moitié pourrait revenir puisque l'ECHL a l'ambition déclarée de passer de 28 à 30 équipes, afin d'arriver à une symétrie avec la LNH et l'AHL (chacune avec 30 équipes). Las Vegas et Reno sont les destinations les plus probables de cette expansion, puisque des équipes de l'ECHL en suspension volontaire se trouvent déjà dans ces villes.

De cette manière, chaque équipe de la LNH pourrait avoir une équipe affiliée en deuxième division (AHL) et en troisième (ECHL), offrant davantage d'options pour le développement des joueurs.

Reste à voir si l'ECHL pourra assurer la rentabilité pour toutes ses franchises dans les prochaines années.

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